eliandre: (Default)

Cuisine et repas

Les moments de repas étaient des instants privilégiés. Cela correspondait effectivement aux rares moments où tous les Veilleurs étaient réunis tous ensemble dans une ambiance plutôt conviviale, y compris les personnes les plus solitaires ou les caractères peu sociables ou étranges. Comme les Plegiens Henry et Tharja en dépit de leur personnalité étrange, Palne la Tagüel qui n’aimait pourtant guère les humains, Gerome qui se considérait comme un loup solitaire, la modeste Olivia à qui on réclamait souvent une danse malgré sa timidité excessive, Miriel qui profitait de ces moments pour recueillir des observations et des informations ou encore le très discret Kellam dont on oubliait souvent la présence. Même certains de leurs anciens ennemis ralliés à la cause contre Grima étaient là : Gangrel, Walhart, Aversa s’y joignaient même si leur présence n’étaient peut-être pas acceptés par tous.

Côté cuisine, bien que Chrom avait mis un point d’honneur à ce que tous les Veilleurs fassent à tour de rôle la corvée de cuisiner, et ce peu importe le rang dans l’armée, les soldats comprirent rapidement que certains chefs devaient être écartés des fourneaux. En premier lieu, Sully et sa fille Kjelle qui étaient toutes deux navrantes et dont les plats pouvaient faire s’évanouir toute l’armée. Malgré l’immense respect qu’on éprouvait pour eux, Chrom et sa sœur Lissa n’étaient pas capables de préparer quelque de chose de comestible, ayant rarement eu l’occasion d’exercer leurs talents et c’était presque un soulagement qu’ils soient de sang royal car ils étaient trop souvent occupés par leurs devoirs pour faire la cuisine. Daraen était tout aussi horrible derrière les fourneaux, sa nourriture étant absolument insipide pour les humains. En revanche, les Tagüels et les Manaketes, Palne et Nowi les premières, étaient plus qu’heureux de manger ses plats qu’ils couvraient d’éloges et de compliments à l’embarras du stratège.

Heureusement, les Veilleurs comptaient aussi quelques bons chefs. Stahl était de ceux qui cuisinaient le plus souvent mais cela s’expliquait par sa gourmandise tout comme Gaius même si sa spécialité était plutôt les sucreries. On les soupçonnait de profiter un peu de cette corvée pour remplir en douce leur estomac… Peut-être parce qu’il possédait des origines plutôt humbles mais Vaike se révélait être un excellent cuisinier même s’il préférait plutôt s’entraîner et chercher à défier son rival Chrom que de concocter des plats. Sumia et surtout Noire se révélaient douées pour la pâtisserie. Zelcher qui réunissait les qualités d’une parfaite épouse était également une brillante cuisinière, tout comme Cordelia, toujours si talentueuse en divers domaines. Certains avait un petit ingrédient secret comme Gregor qui avait une mystérieuse épice qui, utilisée pour assaisonner les plats, les rendait fabuleux pour les papilles des hommes affamés.

Bien sûr, la cuisine ne servait à rien s’il n’y avait personne pour manger. Stahl était de loin le plus gros mangeur parmi les Veilleurs. Toutefois, quand il s’agissait de viande, Chrom, Priam et Daraen n’étaient pas loin derrière. Walhart en revanche, en dépit de son imposante carrure, était un acharné du régime végétarien, prônant sans cesse les bienfaits des fruits et légumes devant les amateurs de chair animal. C’était parfois presque comique de le voir avec son assiette remplie d’une montagne de crudités qu’il avalait avec un sérieux imperturbable. Toutefois, personne n’osait exprimer tout haut ce qu’il pensait tout bas devant l’ancien Conquérant de ce drôle de spectacle… Gaius, lui, s’en moquait, trop préoccupé à analyser les formes et les goûts des différentes sucreries dont il pouvait mettre la main dessus.

Pour cuisiner et préparer les repas, encore fallait-il trouver les ingrédients nécessaires. Bien que Daraen et Frederick s’occupaient de la gestion de l’armée des Veilleurs avec l’aide de Laurent, en tant que stratège et second du prince Chrom, Anna la marchande mystère comprit très vite l’intérêt financier de cette affaire. Elle proposa donc ses services en tant que fournisseur et ravitailleur de des Veilleurs et réalisa très vite les profits espérés. Ses yeux ne cessaient de briller de convoitise quand Daraen ou Frederick lui réclamaient ses services pour préparer des repas de célébration de victoire. Oh oui ! Anna n’avait que davantage envie de désirer la victoire des Veilleurs. Car le jour où Grima tomberait, le jour où enfin sonnerait la fin de la guerre, ce ne serait pas un simple repas mais un véritable festin qu’on lui demanderait. Et elle n’en serait plus que ravie de fournir des spécialités culinaires rares, raffinées, délicieuses… et surtout sur lesquelles elle pouvait faire une marge de bénéfice énorme.

Cuisine et repas… Petits moments partagés entre les Veilleurs où le rang était aboli, où les hommes se trouvaient tous égaux devant leur ration, la même pour tous, roi, prince ou simple soldat, tous unis vers un objectif, une cause commune… Il y avait des bavardages, des échanges, on apprenait à mieux se connaître entre ces hommes et ces femmes de culture et de contrées si différentes… C’était près de cette grande table que les rares Plégiens côtoyaient leurs anciens ennemis d’Ylisse ou les fiers guerriers Féroxiens, auxquels se mêlaient les habitants de Valm. Petits moments simples qu’on évoquait guère lors des récits des batailles passées car ils ne participaient pas à l’élaboration d’une victoire ou d’une défaite. Mais ce sont ces petits moments qui contribuaient pourtant à l’établissement d’une paix durable entre ces différents peuples…

eliandre: (Default)

Note : Ah Anna... Cet OS m'a été inspiré par les dialogues de soutiens entre Chrom et Frederick ainsi que la personnalité assez particulière d'Anna.

*****

Sur les portraits de Chrom…

Comme toujours, Frederick était le premier levé dans le camp et il put constater que le moral des troupes était au plus bas. Certes, les hommes les plus expérimentés trouvaient toujours un moyen de se distraire comme Miriel qui en profitait pour approfondir ses recherches, Tharja qui mettait au point de nouvelles malédictions ou encore Sully qui s’entraînait d’arrache-pied mais les simples soldats étaient visiblement pas d’humeur joyeuse. Quelque temps plutôt pourtant, ils s’étaient enflammés en écoutant le discours du prince Chrom. Cependant, à force de se réveiller tôt tous les jours, lever le camp, marcher durant des heures pour enfin planter les tentes puis dormir d’un sommeil court et ce quotidiennement pendant deux semaines, le moral de l’armée était en berne.

Frederick aurait pu s’ouvrir à Daraen pour évoquer ce problème. Toutefois, il n’osait pas car en tant que stratège, Daraen avait de multiples préoccupations : établir les prochaines manœuvres, vérifier le stock d’armes, gérer l’or des Veilleurs et puis de temps à autre, instruire son enfant Linfan en lisant de nombreux ouvrages de stratégie. Le chevalier ne pouvait pas déranger les rares moments que les deux passaient ensemble.

C’est donc avec une mine un peu abattue qu’il parcourut le camp, cherchant un moyen de remotiver les troupes.

« Hé, monsieur le chevalier ! Vous m’avez l’air bien soucieux ! Peut-être un de mes produits saura vous rendre le sourire ? » interpella une voix féminine enjouée.

Frederick se tourna pour faire face à une demoiselle rousse qui le dévisagea avec un immense sourire. C’était Anna, la marchande mystère. Elle avait rejoint les Veilleurs pour les remercier d’avoir sauvé elle et ses sœurs… dont le nom était également Anna… En tout cas, la jeune femme ne savait pas que casser les prix… Les brigands qui avaient tenté de s’en prendre à elle pouvaient en témoigner…

« Bonjour mademoiselle Anna ! » salua le second de Chrom en s’inclinant galamment devant la marchande.

« Bonjour monsieur le chevalier ! Belle matinée pour faire des ventes, n’est-ce pas ? »

« Je… Excusez-moi mademoiselle Anna mais je ne suis pas d’humeur à acheter quoi que ce soit. » dit Frederick en fermant les yeux et en poussant un soupir. « C’est que… je m’inquiète pour notre armée et… »

« Oh ! Pourriez-vous me parler de vos soucis, monsieur le chevalier ? » proposa la rousse. « Peut-être pourrais-je vous proposer une solution. Chez Anna, les clients repartent contents ! Succès garanti ! »

Frederick hésita un instant, partagé entre son devoir de réserve et l’éventualité d’obtenir l’aide de la marchande mais finalement, il se décida à lui confier son problème. Après tout, seul, il n’était pas sûr de trouver un moyen pour remotiver les soldats. Peut-être qu’à deux, ils aboutiraient à quelque chose.

« Mademoiselle Anna, ne trouvez-vous pas que le moral des soldats est au plus bas ? » interrogea l’homme d’armes. «  J’aimerais améliorer l’humeur des soldats, qu’ils retrouvent leur entrain. Il faudrait… un élément fédérateur qui puisse rendre leur ardeur, les unir sous une même bannière et un même esprit , comme le discours du prince Chrom qui avait su enflammer leur bravoure. Mais son Altesse a mille préoccupations. On ne peut lui demander de faire un discours tous les jours pour remotiver l’armée ! »

Anna sembla réfléchir quelques secondes avant d’afficher un regard de connivence et un petit sourire satisfait.

« Hé bien… j’ai peut-être une idée monsieur le chevalier… »

« Laquelle ? »

« Vous cherchiez un élément fédérateur, n’est-ce pas ? Hé bien, le prince Chrom ne correspond-t-il pas à vos attentes ? » questionna la marchande.

« Comme je vous l’ai dit mademoiselle Anna, on ne peut… »

« Non, ce que je veux dire, c’est que le prince est lui-même un symbole unificateur. Pourquoi ne pas distribuer des portraits du prince Chrom ? Ainsi, chaque fois qu’un soldat regardera son image, il se rappellera les discours du prince ce qui le remotivera pour la journée. »

« Oh quelle excellente idée mademoiselle Anna ! » s’exclama le chevalier. « Oui, ainsi nos hommes sauront toujours où tirer leurs forces en regardant son portrait. Trouver un dessinateur devrait ne pas être un souci mais vu le nombre de soldats, il en faudrait d’énormes quantités ! Comment… »

« Laissez-moi faire mon chevalier ! J’ai quelques relations qui pourraient nous aider. Malheureusement, ce ne sera pas gratuit. Une commande de cette ampleur exige un petit sacrifice… »

« Bien sûr mademoiselle Anna, je comprends tout à fait et je serai ravi de vous payer pour ce travail. » fit le brun en souriant. « Pouvez-vous me dire votre prix ? »

--§--

Quelques jours plus tard, la marchande livra les portraits promis du prince Chrom que Frederick s’empressa d’accrocher à toutes les tentes dans l’espoir de motiver les Veilleurs. Quelques temps plus tard toutefois, il fut contraint, mortifié, de les retirer, son initiative ayant mis son prince dans l’embarras.

Mais cela, ce n’était plus du ressort d’Anna. De toute façon, ce qui lui importait, c’était le gros bénéfice qu’elle avait tiré de cette affaire…

eliandre: (Default)

Disclamer : Les personnages de Fire Emblem ne sont toujours pas ma propriété.

Auteur : Eliandre

Beta : Kaleiya Hitsumei

 

Note : Parfois, je pense que le fait que l’armée de Chrom ait pu rester unie tient du miracle… Henry étant l’un de mes personnages préférés, ce récit lui est consacré.

*****

Henry chez les Veilleurs

 

Lorsque Chrom intégra Henry dans l’armée des Veilleurs, il fut loin d’être accueilli les bras ouverts par les autres soldats. Bien que Plegia et Ylisse fussent officiellement alliés après que le roi Valldar eut accordé une généreuse contribution pour aider la cause du prince, deux années de paix ne pouvaient pas effacer de longues années de tension entre les deux royaumes et une guerre encore présente dans les esprits qui avait coûté la vie de la Sainte-Reine Emmeryn, sœur aînée de Chrom.

 

Or, le jeune mage noir était originaire de Plegia, ce qui attira immédiatement la suspicion parmi les Ylissiens, d’autant que ses raisons… personnelles de joindre les Veilleurs n’étaient pas des plus forts louables. Il ne faisait pas non plus mystère de son ancienne allégeance envers Gangrel, le précédent roi de Plegia et initiateur du dernier conflit entre les deux pays. Sans compter une personnalité qui semblait jouir avec un éternel sourire des horreurs de la guerre. Henry aimait tuer de façon sanglante et sa cruauté contrastait avec sa constante bonne humeur.

 

De ce fait, dans un premier temps, tout le monde, y compris Tharja, sa compatriote de Plegia se tenait à l’écart de lui ou au contraire, le tenait à l’œil car le jeune mage aux cheveux d’argent semblait peu disposé à se plier à la discipline militaire. Frederick se plaignit rapidement de ses absences aux entraînements. Daraen le surveillait comme du lait sur du feu depuis qu’il avait failli dévaster un village pour ses expériences sur les Ombres. Palne observait son manque d’humanité derrière sa bonne humeur et ses joyeux sourires.

 

En effet, Henry semblait n’avoir aucun scrupule ou pour être plus exact, son amoralité était la conséquence d’une vision différente au sens commun. Il ne disposait pas d’une véritable loyauté à la cause de Chrom. Il était comme un enfant qui arrachait cruellement les ailes d’une mouche en toute candeur. Peut-être à cause de ses parents qui l’avaient abandonné dans la forêt ou par le fait qu’il avait été élevé par des animaux sauvages… Ainsi quand il avait traité Palne de « demie-bête », la dernière Taguël se sentit offusquée avant qu’elle comprenne que pour le mage plégien, il s’agissait d’un compliment.

 

Henry était néanmoins curieux de nature. Comme Tharja sa compatriote, il aimait mettre des sorts au point ou travailler à des expériences. Cela étant dit, il ne possédait pas la même estimation du danger et du risque que les autres Veilleurs. Voyant Miriel intéressée par sa magie noire, il avait failli métamorphoser Daraen en batracien pour faire une démonstration de ses pouvoirs. Pour impressionner Tharja et Palne, il aurait été capable d’anéantir ses propres alliés. Et ce, sans aucun remord !

 

Pourtant, progressivement, il réussit à construire sa place au sein des Veilleurs. Il s’intéressa ainsi à Ricken. Le mage ylissien étudiait beaucoup la magie dans l’espoir qu’on le considère enfin comme un adulte et s’y montrait raisonnablement doué. Et surtout, comme Henry, Ricken aimait beaucoup les animaux. Le garçon aux cheveux d’argent avait souvent surpris son allié en train de caresser les chevaux ou de s’amuser avec les oiseaux quand il ne s’entraînait pas. C’est d’ailleurs en s’apercevant que ses corbeaux appréciaient la compagnie du plus jeune Veilleur que le mage plégien voulut mieux faire sa connaissance. C’était la première fois qu’il voyait ses corbeaux s’intéresser à un autre humain que lui.

 

Ricken était curieux et lui posait beaucoup de questions sur son ancienne vie. Parfois, les réponses de Henry le désarçonnaient quand ce dernier avouait avoir raté l’occasion de pouvoir affronter de bons guerriers comme Chrom ou Frederick en changeant de camp. Henry s’amusait également beaucoup de son désir d’être considéré comme un adulte alors que le cadet continuait à se comporter comme un enfant. Curieux de savoir si son nouvel ami était compatible avec la magie noire, le mage plégien tenta une expérience mais elle se révéla infructueuse et il y renonça pour ne pas mettre en péril la vie du mage ylissien. Un jour, Ricken lui demanda ce qu’il ferait si lors d’une bataille, il serait tué. Ne serait-il qu’un cadavre parmi tant d’autres ? La réponse de Henry le surprit cependant : le mage aux cheveux d’argent lui avoua qu’il le considérait comme son ami et qu’il était très attaché à lui au point de venger sa mort si jamais elle devait avoir lieu. Depuis cet aveu, l’amitié des deux mages n’en fut que renforcée.

 

Ce fut grâce aux progrès qu’il réalisa dans ses relations humaines que sa position s’améliora dans l’armée de Chrom. Après avoir longtemps séché les entraînements, le très dévoué Frederick fut le premier stupéfait quand il constata que non seulement le jeune Henry se mit à se joindre à toutes les séances mais qu’il était parmi les premiers à venir. Daraen le complimenta un jour pour son courage qui avait ainsi permis de sauver un village d’innocents. Les autres soldats commencèrent ainsi à le voir sous un nouvel œil. Ils purent ainsi observer les exploits du jeune mage qui les aida mais les sauva également à maintes reprises.

 

Certes, Henry était de Plegia. Certes, il avait servi autrefois le Roi Fou Gangrel. Certes, il avait un caractère étrange qui semblait manquer d’humanité. Mais curieusement, ce jeune garçon peu doué avec les sentiments avait sa façon particulière de montrer sa gentillesse envers ceux qu’il appréciait. Et au fil du temps, les Veilleurs purent considérer Henry comme l’un des meilleurs mages de l’armée mais surtout, comme l’un des leurs.

eliandre: (Default)
Disclaimer : Les personnages de Fire Emblem : Awakening ne sont pas ma propriété.

Auteur : Eliandre

Beta : Kaleiya Hitsumei

Titre : Chroniques des Veilleurs

Rating : T

Genre : General

Note : Cette série de drabbles m’a été inspirée par un dialogue entre Owain et Iñigo dans le DLC « Voyage automnal ». Dans ce dialogue, Owain et Iñigo se rendent compte que s’ils n’ont aucun souci dans leur monde apocalyptique à tuer les Ombres qui sont des morts-vivants, il leur est plus difficile de tuer des êtres vivants. Or, à cause de ce voyage dans le temps, ils se trouvent confrontés à cette réalité. Je me suis dit que chaque membre de la seconde génération a dû faire face à ce cas de figure.

*****
De la signification de tuer


Forte, sérieuse, responsable… En tant qu’aînée des enfants du futur bénie de ces qualités, Lucina prenait très à cœur sa mission et son devoir : empêcher la résurrection de Grima. Dès son arrivée dans le passée, elle avait dû intervenir pour sauver la vie de sa tante Lissa.

Progressivement, elle se rendit compte que les Ombres ne seraient pas ses uniques obstacles. Battre Lon’zu pour prendre sa place dans le duel entre khans fut peut-être une étape. C’était l’une des premières fois qu’elle affrontait un être humain vivant en chair et en os. Mais bientôt, elle comprit la réelle signification de vouloir protéger son père.

Sa résolution fut prise la nuit où elle intervint pour empêcher la tentative d’assassinat sur Chrom.

--§--

Fier de son héritage ylissien, Owain aimait imaginer des épopées héroïques et de hauts faits d’armes qui résonneraient comme des exploits légendaires. Malgré son caractère détonnant, il était conscient qu’il fallait que les actes suivent les paroles. Et en combattant les Ombres, il pouvait tracer son destin d’héros à la lignée prestigieuse.

Toutefois, lorsqu’il accompagna sa cousine dans son voyage dans le temps, Owain dut faire face à cette interrogation morale : un héros pouvait-il tuer ses semblables alors que son but était de les sauver ? Tuer des morts-vivants était une chose, prendre la vie d’un humain en était une autre. Il avait pourtant été contraint de faire face à de vulgaires brigands, de cupides mercenaires et même aux disciples de Grima.

Il comprit alors qu’être un héros n’était pas aussi simple. Les héros construisaient leurs légendes à travers des chevauchées sanglantes en tuant leurs ennemis…

--§--

Kjelle ne vénérait et n’avait d’estime que pour la force et l’honneur. C’était leur devoir aux plus forts de protéger les plus faibles. Grâce à ses extraordinaires prédispositions physiques, elle était un bouclier contre les Ombres. Ainsi, combattre était une obligation normale pour elle.

En venant dans le passé, elle découvrit la véritable signification de la lâcheté qu’elle méprisait. Quand l’assassin de l’homme qu’elle considérait comme son maître prit une jeune fille en otage pour atteindre son but, elle en fut fortement indignée au point de vouloir prendre les armes pour le venger.

Des hommes lâches et abjects comme cet assassin n’étaient que des faibles. Sans honneur et sans force, ils devaient payer le prix de sang pour les êtres honorables qu’ils tuaient.

--§--

Laurent était considéré comme le plus pragmatique des compagnons de Lucina. Intelligent, cultivé, son avis était toujours de bon conseil. Il avait le goût des recherches scientiques comme sa mère Miriel. Peut-être espérait-il ainsi trouver un moyen efficace pour lutter contre les Ombres.

Cependant, les flux du temps étant instables, il remonta le passé beaucoup plus loin que Lucina. Cinq ans de solitude où il avait appris à se débrouiller seul, à continuer ses recherches. Bien avant les autres, il vit les hommes sans foi ni loi, voleurs, mercenaires ainsi que les disciples de Grima, prêts à tout pour leurs ambitions ou l’appât du gain.

En cinq ans, il avait eu le temps d’apprendre à se défendre contre ce genre d’hommes et de se forger une opinion sur la nécessité de tuer.

--§--

Cynthia voulait être une héroïne forte et courageuse pour protéger ses compagnons. Accompagnée du pégase de sa défunte mère Sumia, elle était l’une rares avec Gerome à pouvoir mener des attaques aériennes depuis la disparition de l’escadron pégases d’Ylisse. Malgré son côté maladroit et sa naïveté, on pouvait compter sur elle.

Séparée de ses amis, elle tenta de retrouver Chrom dans le passé. Elle était prête à tout pour défendre celui que sa mère admirait. Elle fut dupée par un imposteur qu’elle prit pour le prince. Lorsque le véritable Chrom se montra, elle le défia, prête à tuer pour protéger celui qu’elle croyait être l’héritier d’Ylisse.

Son désir de protection lui avait fait surmonter la peur de s’en prendre aux vivants. Mais elle était parfois assaillie à l’idée qu’elle avait failli s’en prendre à ses propres alliés…

--§--

En tant que soigneur, Brady n’avait pas l’occasion de monter en première ligne même si son désir de vaincre les Ombres était aussi fort que celui de ses camarades. Il regrettait d’ailleurs souvent de ne pas pouvoir se battre lorsque les Ombres attaquaient.

Lors de son voyage dans le passé, il fut pris en amitié par des villageois qui louèrent ses qualités de soigneur. Néanmoins, lorsque des brigands voulurent piller le temple, il maudit à nouveau son impuissance pendant que les villageois s’équipaient du mieux qu’ils le pouvaient pour repousser l’envahisseur.

Un soigneur n’avait pas pour vocation de combattre, encore moins de tuer. Mais de par son caractère et du devoir qui incombait à ceux qui portaient le sang noble, Brady s’y était préparé.

--§--

Yarne était d’une nature peureuse. Etre le dernier Tagüel était un lourd fardeau à porter pour lui puisque sa mort aurait signifié l’extinction de sa race. Mais il n’était pas un lâche car sinon, il se serait caché dans un terrier au lieu de combattre les Ombres et il savait qu’il pouvait compter sur ses compagnons. Tuer pour survivre, il pouvait le comprendre même s’il en avait peur.

Il était fier de l’héritage de sa mère, preuve que l’union d’une Tagüel et d’un homme était possible mais en se retrouvant seul sans ses amis, il craignit de faillir dans son devoir de mémoire. Par désespoir, il fit une alliance avec des humains et il combattit pour continuer à survivre.

Dans le fond, être le dernier Taguël présentait l’avantage de ne pas à réfléchir à tuer ses semblables contrairement aux humains.

--§--

Severa admirait sa mère mais détestait être comparée à ses compétences parfaites. Paradoxalement, elle n’admettait que l’excellence et elle s’était forgée un talent d’épéiste pour combattre les Ombres et se différencier du chevalier pégase Cordelia.

Sa personnalité froide et difficile fut contrainte de céder quand un brigand lui vola l’anneau précieux de sa mère. Le voleur l’obligea à travailler pour lui avec un ami qu’elle s’était faite, un malheureux paysan pauvre du nom d’Holland dont la femme attendait un enfant. En dépit de cet esclavage forcé, elle était déterminée à récupérer son anneau et voulait pousser son ami à déserter pour qu’il connaisse la joie d’être père.

C’était peut-être cette même détermination qu’elle fit facilement la transition entre tuer des Ombres à tuer des êtres vivants.

--§--

Etre une Manakete dans un futur apocalyptique se relevait difficile pour Nah. Grima, le Dragon Déchu qui y régnait, pouvait être considéré comme de sa race. Les humains survivants, à l’exception de ses camarades, la voyaient en général d’un mauvais œil, comme les lointains amis de son père. Pourtant Nah se battait avec bravoure pour leur survie.

Cette solitude de n’avoir aucun ami Manakete autour d’elle l’avait poussée à mûrir très vite. Elle eut néanmoins la malchance de tomber dans un manoir hanté d’Ombres où les murs se faisaient et se défaisaient comme par magie. Dans ce lieu labyrinthique, elle avait dû puiser dans son courage pour surmonter cette épreuve.

Se transformer en dragon pour se défendre était légitime pour elle, même si cela signifiait ôter une vie. Tous les humains n’étaient pas aussi gentils que ses compagnons, elle avait pu le constater avec les amis de son père.

--§--

Noire se sentait lâche face au danger. Physiquement fragile, elle souffrait de ne pas être aussi talentueuse en malédictions comme sa mère Tharja et s’accrochait à un talisman qu’elle pensait capable de conférer une personnalité plus agressive, plus utile en ces temps sombres.

Comble du malheur, des esclavagistes étaient intéressés par elle. Heureusement que sa personnalité agressive prit les choses en main. Elle découvrit un arc et se battit pour défendre sa liberté et sa vie.

L’idée même de tuer terrorisait Noire qui ne supportait guère la vue de sang. Dans son cas, son autre personnalité agressive lui permettait de s’affranchir en partie de la peur de tuer des êtres humains.

--§--

Iñigo voulait être un danseur pour égayer les autres dans un avenir difficile. Il devait toujours protéger les autres et tout en combattant avec le sourire pour rassurer ceux qu’il protégeait. Tuer des Ombres, des morts-vivants pour survivre était une cause défendable à ses yeux.

En arrivant dans le passé, il dut faire face à des ennemis vivants. Il ôta une vie, deux vies puis finit par y perdre le compte. Ce n’était pas comme avec les Ombres. C’était plus difficile pour une question d’ordre moral. Mais après de longues hésitations, il se rappela le désastreux monde où il avait vécu, un monde où il ne pouvait ni danser, ni courtiser de jolies filles.

Il s’était fait une raison. Malgré son côté frivole, il avait le sens des responsabilités. Et puis, les demoiselles en détresse n’étaient pas totalement indifférentes aux jeunes hommes qui les protégeaient des bandits…

--§--

D’une nature solitaire, Gerome n’aimait guère se mêler à ses camarades. Il les rejoignait pourtant lors des batailles. Effrayé à l’idée de s’attacher à ses alliés pour les perdre plus tard, il croyait pourtant inconsciemment à ses liens aux autres. Mais ce qui prédominait chez lui était son désir de veiller au bien-être de Minerva.

Observant la tristesse de Minerva, il profita du voyage dans le temps pour l’amener dans la vallée des wyverns où elle put revoir ses semblables. Lorsque des bandits voulurent s’en emparer, son caractère fataliste prit le dessus mais au final, il défendit ce lieu si cher pour Minerva.

Les Ombres avaient presque éradiqué les wyverns dans son monde. Ombres ou humains, quiconque menaçait les wyverns était son ennemi.

*****

NDLA : Linfan étant un cas spécial vu que son sexe dépend de celui de l’avatar, je ne l’aborde pas dans cette série de drabbles.

Profile

eliandre: (Default)
Eliandre

October 2016

S M T W T F S
      1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
3031     

Syndicate

RSS Atom

Style Credit

Expand Cut Tags

No cut tags
Page generated Jul. 22nd, 2017 06:40 am
Powered by Dreamwidth Studios