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Première étude

Quelques jours plus tard, dans le réfectoire, la première partie… pardon, la première expérience permettant une fine analyse du comportement des Exorcistes se déroula, expérience très importante car elle devait servir de témoin et d’étalon pour les prochains jeux à venir… enfin, pour les observations ultérieures.

Dans la grande pièce, en plus de Komui, le chef du projet et de Reever, pauvre scientifique en constant surmenage à cause de son crétin de supérieur, il y avait Allen, sous la surveillance habituelle de Link, Lenalee, Kanda – qui s’était pourtant démené pour récupérer une mission afin d’échapper à la grotesque idée du Grand Intendant –, le jeune Timothy, Miranda, Krory et arrivant en dernier, Lavi. Bookman, son maître, avait eu la bonne idée d’invoquer ses devoirs d’archiviste pour se carapater en vitesse. Officiellement, le vieil homme devait rencontrer un témoin afin d’enregistrer son récit dans sa mémoire pour en conserver la trace dans la Vraie Histoire. Officieusement, Lavi savait qu’en réalité, le Papi Panda était parti refaire son stock de brosses, peignes, shampoings et lotions capillaires en tout genre…

Pendant que Komui distribuait les cartes aux joueurs ou plutôt aux personnes constituant l’échantillon témoin, Link sortit son stylo et son carnet, prêt à observer le comportement de Walker – car quitte à participer à cet absurde projet, autant le faire correctement et avec professionnalisme – mais aussi prêt à noter la moindre incartade du brun au béret pour pouvoir lui coller un rapport défavorable et espérer arrêter cette idiotie.

Assis autour d’une table du réfectoire avec en fond sonore Jeryy qui chantait en lavant sa vaisselle, les cobayes prirent connaissance de leur rôle respectif et le Grand Intendant put débuter en tant que meneur de jeu :

-Cupidon va pouvoir frapper de ses flèches d’amour deux personnes et les unir à jamais dans la vie comme dans la…

Soudain, la chute d’un objet indistinct fut entendue par tous les joueurs qui avaient fermé les yeux.

-Inspecteur Link ! s’indigna Komui. Faites attention avec votre stylo, voyons ! Vous venez de me faire rater mon effet dramatique !

-Grand Intendant, poursuivez au lieu de vous en prendre à l’inspecteur, soupira Reever. On gaspille déjà suffisamment de temps pour cette conne… étude et j’ai encore d’autres expériences en cours qui m’attendent.

-Ah oui, bien sûr Reever, merci de votre soutien, fit Komui en réajustant ses lunettes et son béret blanc. Donc reprenons. Cupidon a pu ainsi unir deux âmes à jamais dans la vie comme dans la mort et satisfait de son œuvre, se rendort. Les deux amants se réveillent et se reconnaissent puis se recouchent à leur tour. Les Loups, affamés, se lèvent ensuite, cherchant une délicieuse victime à dévorer sous le regard curieux de la Petite Fille. Ils font leur choix et plongent de nouveau dans le sommeil. La Voyante va maintenant pouvoir espionner l’un des habitants et connaître son identité avant de regagner son lit. La Sorcière peut à son tour agir. Sauvera-t-elle la victime des loups ? Tuera-t-elle l’un des villageois ? Et voilà, c’est bon. Et c’est avec stupeur que le village se réveille en découvrant la mort de… Miranda qui était…

-Je suis désolée ! s’écria Miranda toute éplorée. Je suis désolée d’être morte si rapidement ! A cause de moi, le village va perdre ! Pardonnez-moi !

Il fallut une prompte intervention de Reever pour empêcher une énième tentative de suicide de l’allemande qui finit par se calmer. Une fois la situation revenue à peu près à la normale, Miranda se retira de la table de jeu et Komui retourna la carte de la jeune femme. C’était celle de la Petite Fille.

-Miranda était donc la Petite Fille, commenta le brun au béret. Villageois, qui soupçonnez-vous d’avoir tué Miranda ? Où sont les Loups Garous qui se cachent parmi les habitants ? Nous allons donc ouvrir la phase de débat et de votes. Oui, Allen ? ajouta-t-il en apercevant le doigt levé du maudit.

Ce dernier, en excellent orateur qu’il était, prit soin de vérifier qu’il avait l’attention de tout le monde avant de commencer son analyse de la situation :

-Pour ma part, le fait que Miranda soit la première victime des Loups est significatif. Je ne pense pas que Lenalee l’aurait tuée dès la première nuit si elle avait été louve et je ne vois pas non plus Lavi, Krory et Timothy la mettre à mort dès le début. Je vote donc Bakanda parce que pour éliminer Miranda aussi rapidement, la personne manque cruellement de convenances envers les femmes et Bakanda a le parfait profil pour.

-Tu me cherches Moyashi ? grogna le japonais, prêt à en découdre avec le jeune anglais.

-Vous voyez, il n’a pas du tout les manières d’un gentleman et il est totalement agressif envers les femmes en général, affirma Allen. C’est pour ça que je pense que c’est un loup. Il est tout à fait capable de choisir Miranda comme victime dès la première nuit.

-Euh, très bien Allen, merci pour ton explication et tes arguments, dit Komui en prenant rapidement la parole afin d’éviter que l’habituelle bagarre entre ce dernier et le détenteur de Mugen n’explose. Quelqu’un a une autre opinion à exposer ?

A la grande stupéfaction de tous, la voix de Kanda s’éleva :

-Moi. Puisque Moyashi…

-Mon nom, c’est Allen, Bakanda !

-Puisque Moyashi a voté contre moi, poursuivit l’irascible Exorciste sans paraître tenir compte de l’intervention du maudit à l’exception d’un regard mauvais qu’il lui lança, je ne vais pas me laisser faire sans me défendre. Moyashi a l’esprit retors sous ses faux airs de gentleman. Il porte le masque du parfait innocent, ce qui le rendrait insoupçonnable aux yeux de tous. Mais pour moi, cela constitue justement une bonne raison de se méfier de lui. C’est pourquoi, je vote Moyashi. En plus, j’en ai marre de supporter sa tête de déterré dans mon champ de vision…

Link fronça les sourcils en entendant cela mais ne dit rien car il ne pouvait intervenir dans le jeu, enfin dans l’expérience en cours, cela l’entacherait d’irrégularités. Toutefois, il nota dans son carnet qu’il était impossible, du moins très ardue, même dans un jeu de société, de faire coexister les présences de Walker et de Kanda Yû. L’animosité entre ces deux-là était aussi constante que l’aiguille aimanté de la boussole indiquant le Nord.

-Yû, protesta Lavi, ce n’est pas parce que tu n’aimes pas Allen que tu dois voter contre lui !

-La ferme, Baka Usagi ! répliqua le bretteur en lui jetant des yeux assassins. Et ne m’appelle pas par mon prénom.

-Quelqu’un a-t-il une autre idée ? interrogea Komui en haussant la voix. Oui, Timothy, vas-y. N’hésite pas à t’exprimer si tu as quelque chose à dire.

Le plus jeune des Exorcistes était quelque peu intimidé et hésitant. Sans doute, craignait-il de mal jouer et que ses déductions soient fausses mais il finit par se lancer :

-Moi, déclara-t-il, je pense qu’Allen a raison. Il n’y a que Kanda pour pouvoir tuer Miranda dès le début. Je vote donc Kanda.

Cependant, son ton manquait d’assurance… ce qui n’échappa point à l’œil inquisiteur de l’apprenti Bookman qui mémorisait chaque réaction des autres participants. Il leva la main pour réclamer son tour.

-Pour ma part, dit le roux, je suis partiellement d’accord avec l’analyse d’Allen. Mais accuser Yû serait trop facile. Qui sait, les loups ont pu volontairement tuer Miranda pour faire porter le chapeau à Yû. Pour concevoir un tel plan, j’aurais plutôt accusé Allen mais je trouve que Timothy manque curieusement de dynamisme contrairement à ce qu’il est d’ordinaire. Il n’a pas son entrain ou son assurance habituelle.

-C’est que c’est un jeu difficile pour un garçon de neuf ans, observa Lenalee.

-C’est vrai, j’ai eu du mal à comprendre les règles, confirma le benjamin du groupe. Emilia me les a faits relire chaque soir mais c’est la première fois que je joue aux Loups Garous de Tiercelieux. Et je trouve ce jeu vachement ennuyeux…

-Contrairement à Allen, poursuivit Lavi, je pense Timothy tout à fait capable de tuer Miranda par manque d’expérience. Je doute qu’à son âge, les notions de galanterie lui soient connues. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je le vote.

-Hein ?! s’écria le garçon. Mais Lavi, je suis innocent !

Pour être honnête, le jeune Bookman doutait de la culpabilité de Timothy mais contempler l’attitude de Kanda retenant sa fureur de jouer à un jeu qu’il devait trouver stupide, ça n’avait pas de prix. Raison pour laquelle il avait décidé de tenter de sauver le brun en égarant les soupçons sur leur cadet.

Toutefois, sortant de sa réserve, Link, cette fois, ne put s’empêcher d’intervenir :

-Parce que vous Bookman junior, vous pensez être plus galant en accusant quelqu’un de plus jeune que vous ? interrogea-t-il d’une voix accusatrice.

-Inspecteur Link ! se fâcha Komui. Vous êtes prié de ne pas intervenir sur le déroulement de la partie, enfin de l’expérience ! Comme vous avez été témoin de la phase nocturne, vous savez qui sont les Loups et vous pouvez donc fausser cette première étude !

Il était vrai que les rapports entre Lavi et Link n’étaient pas au beau fixe, le roux possédant un caractère farceur qui n’était pas du tout du goût du Crow, sans compter cet horripilant surnom de « Double-Verrue » dont il l’affublait. Allen, cependant, était plutôt surpris du comportement actuel de son surveillant attitré, lui qui était l’illustration même du calme professionnel. Ce dernier paraissait de mauvaise humeur et pour une raison ou une autre, il se défoulait manifestement sur le roux.

Néanmoins, comme il avait interrompu le jeu en cours, le blond s’excusa et se racla la gorge avant de reprendre son stylo.

-Faisons un bilan de la situation : deux votes contre Kanda, un vote contre Allen et un contre Timothy, résuma le Grand Intendant. Tout va se décider avec les votes de Lenalee et Krory.

La jolie chinoise avait froncé les sourcils. Avec le rôle qu’elle avait, elle savait que le jeu prenait une mauvaise tournure et que les villageois risquaient de perdre.

-Je pense qu’en tuant Miranda, les Loups savaient qu’ils mettraient Kanda dans une position idéale pour le faire accuser. Pour moi, Kanda est donc innocent, déclara-t-elle. A mon avis, le Loup est soit Timothy, soit Krory car j’ai cru entendre du mouvement de leur côté. Comme Kanda est en danger, je vote Timothy même si je ne suis pas entièrement convaincue.

-Même Lenalee croit que je suis Loup ! gémit le jeune garçon.

-Désolée, c’est le jeu, répondit la porteuse des Dark Boots avec un sourire penaud.

Il ne restait que le vote de Krory. L’analyse d’Allen étant acceptable, il s’apprêtait à voter Kanda. Mais en apercevant le regard meurtrier que lui lançait le japonais, exprimant clairement « Si tu me votes, je te bute » avec une main serrant presque amoureusement Mugen, l’Exorciste amateur de sang d’Akuma frémit avant de flancher. Aucune envie d’affronter le redoutable et redouté Kanda dont tout le monde connaissait le mauvais caractère à la Congrégation de l’Ombre. Au final, il changea vite son vote :

-Timothy, je vote Timothy, annonça-t-il d’une voix craintive.

-C’est tout ? s’étonna Komui. Il n’y a pas d’arguments ?

Le regard de Kanda s’accentua sur le malheureux Krory.

-No… non. Aucun… argument. Je ne fais que suivre Lavi et Lenalee qui ont exprimé de bons points de vue.

-Trois votes contre Timothy, deux contre Kanda et un contre Allen, conclut le brun au béret. Le village a donc décidé d’éliminer Timothy qui était…

Avec une moue boudeuse, le benjamin du groupe retourna sa carte, dévoilant son rôle.

-… Simple Villageois. Il semble que le village ait commis une erreur de jugement dont les Loups vont pouvoir profiter.

-Pourquoi de tous les rôles disponibles, il a fallu que je tombe sur le rôle le plus nul, celui qui n’a aucun pouvoir ? grogna Timothy en se retirant à son tour de la table du jeu pour rejoindre Miranda.

Après le départ du garçon, la partie reprit :

-Le village se rendort, plein de remords d’avoir condamné un innocent et plein de craintes de n’avoir pas réussi à éliminer les Loups. Libérés du regard curieux de la Petite Fille, ceux-ci vont pouvoir choisir tranquillement une nouvelle victime avant de profiter, repus, d’un sommeil réparateur. La Voyante va maintenant pouvoir espionner un autre villageois avant de s’endormir. La Sorcière veut-elle utiliser sa potion de vie ? Veut-elle utiliser sa potion de mort ? Très bien, le jour se lève. Et le village découvre donc la mort… d’Allen qui était Loup Garou mais également celle de… Lavi qui était… Cupidon.

Poussant un soupir résigné, le maudit retourna sa carte, imité par son ami roux qui en fit de même avec la sienne.

-Dommage, murmura l’Exorciste aux cheveux de neige, je n’aurais pas dû tenter ce coup…

-Zut, râla le jeune Bookman, je pensais qu’en me mettant en couple avec Allen, j’aurais eu plus de chances de gagner vu son talent au poker.

L’archiviste remarqua du coin de l’œil les narines dilatées, les lèvres pincées et les doigts crispés de l’inspecteur de Central, signes discrets mais décelables qui témoignaient d’une certaine nervosité de la part de l’allemand.

 -Vous devriez savoir Bookman junior, rappela le blond où l’énervement était à peine perceptible, que le Vatican et l’Eglise interdisent les couples de même sexe.

-Allons Double-Verrue, ce n’est qu’un jeu ! répliqua Lavi amusé. A t’écouter, il aurait donc fallu que je me mette en couple avec Miranda ou Lenalee ?

-Il est hors de question que tu touches à la pureté de ma Lenalee ! s’exclama Komui, soudain alarmé.

-Nii-san ! protesta sa sœur.

-Rien ne vous obligeait de vous servir de votre rôle de Cupidon pour vous mettre en couple avec Walker, répondit Link avec aigreur.

-Rien non plus ne m’obligeait à ne pas le faire, répliqua le roux. J’aurais, bien sûr, pu créer un autre couple mais aucune règle n’interdit à Cupidon de pas s’inclure dans un couple.

Finalement, malgré la défaite, il avait eu une bonne idée en se mettant en couple avec Allen : c’était la meilleure façon de titiller et d’agacer ce Crow qu’il trouvait trop rigide et guindé. Satisfait de le tourmenter, il réprima intérieurement un sourire narquois : ses soupçons envers l’allemand sur ses véritables sentiments se révélaient justes. En revanche, tout à sa joie d’embêter Link, il n’aperçut pas le regard furibond de Kanda qui semblait sur le point d’exploser…

-Enfin, bref, dit Komui en remettant ses lunettes en place, revenons à nos moutons. Vous êtes trois et il ne reste qu’un loup. Villageois à vos votes !

-Dire que j’avais aucun soupçon sur Allen au début et il était en couple traître avec Lavi, soupira Lenalee. Sinon, pour ma part, je vote Krory. Je sais que Kanda est innocent et comme je le suis moi-même, il ne reste par élimination que Krory. C’est lui le dernier Loup.

-Hum, fit l’épéiste avec un sourire carnassier. Est-ce que je me trompe Lenalee en pensant que tu es la Voyante ?

-Non, pas du tout, opina la chinoise. Je pense que pour la seconde nuit, Allen a voulu te manger mais tu t’es sauvé avec ta potion de vie et tu as ensuite empoisonné Allen avec ta potion de mort, provoquant ainsi l’élimination du couple.

-Disons que je pouvais plus supporter ce Moyashi. Il commençait à m’exaspérer.

Dans le coin de la salle où s’étaient retranchés les morts, le maudit éleva la voix pour protester :

-Ça devrait être interdit à Bakanda d’utiliser son rôle pour exprimer son ressentiment !

-La ferme Moyashi, riposta le japonais, tu es mort. Tu n’as pas à intervenir dans la partie !

Allen voulut répliquer mais vu le regard furibond que lui adressa Kanda, il préféra renoncer. Il avait la forte impression que s’il le pouvait, le brun l’aurait foudroyé sur place et qu’il était plus irrité que jamais. Il avait l’habitude de subir l’animosité du possesseur de Mugen mais il sentit autour de celui-ci de violentes pulsions meurtrières si dangereuses que cette fois, il avait le sentiment que Kanda allait vraiment le trucider !

-Kanda, si tu pouvais revenir dans le jeu…, supplia Komui.

-Bon, comme je pense que Lenalee est la Voyante et que je ne suis pas Loup, le suceur de sang est donc le dernier Loup. Je le vote.

-Mais… mais, protesta faiblement Krory.

Avec deux voix contre lui, Krory fut déclaré perdant et le meneur de jeu retourna sa carte qui était bien celle d’un Loup Garou. La victoire du village fut donc proclamée. Une fois la fin de la partie annoncée, Lenalee poussa un soupir, sa tête retombant dans ses bras.

-J’aurais dû me méfier davantage d’Allen, avoua-t-elle. J’avais sondé Kanda puis Lavi mais je ne l’avais jamais soupçonné jusqu’à sa mort.

-Et comme vous le voyez, conclut Komui, cette expérience vous a permis de mieux de vous connaître et d’observer les réactions de vos camarades afin de mieux les anticiper. Reever, avez-vous pris les notes nécessaires ?

-Oui, Grand Intendant, répondit l’australien avec un air las.

-Bien, ce sera tout pour aujourd’hui. Vous avez quartier libre pour le reste de la journée.

En entendant cela, Link referma son carnet avec un petit bruit sec.

-Bien, Walker suivez-moi sans tarder. Avec les nouvelles observations que j’ai réalisées, j’ai établi un nouveau questionnaire auquel il vous faudra répondre pour demain.

-Hein ? s’écria Allen, abasourdi. Mais avec ce que tu m’as donné hier Link, je n’aurai même pas le temps de manger !

-Raison supplémentaire pour que vous ne perdiez pas de temps. Je demanderai à Jeryy de nous faire apporter nos plats. Allons, Walker, dépêchez-vous !

Quand l’inspecteur de Central et le maudit quittèrent le réfectoire, Timothy fit la moue.

-Oh, c’est dommage, dit-il en croisant les bras derrière sa tête. Johnny lui avait proposé une partie d’échecs et je voulais les regarder jouer.

-Bon, moi, j’y vais, déclara Lavi. Je retourne dans ma chambre pour me reposer.

Sur ce, les Exorcistes se séparèrent, reprenant ainsi une activité plus ordinaire tandis que Komui et Reever regagnaient la section Scientifique.

---§---

Dans le couloir, Allen put constater que Link marchait d’un pas rapide et énervé, si bien qu’il avait du mal à suivre sa cadence.

-Link, tu vas trop vite ! Ralentis un peu, demanda-t-il d’une voix essoufflée.

Le Crow obtempéra lorsqu’il fut sûr qu’ils étaient tous les deux à une distance suffisante du réfectoire.

-Au fait, questionna le maudit, qu’as-tu pris comme nouvelles notes dans ton carnet pour que je subisse un nouveau questionnaire de ta part ?

-Walker, après cette expérience, mon constat est que je dois vous surveiller davantage. C’est pourquoi, la prochaine fois, je participerai à l’étude. Il est de mon devoir d’éloigner de vous tout élément indésirable qui pourrait chercher à vous nuire comme le jeune Bookman junior.

Oui, pour Link, l’archiviste au cache-œil était un élément indésirable, une menace qu’il devait à tout prix écarter du disciple de Cross.

-Hein ? Lavi me nuire ? répéta Allen sans comprendre. Bon, il a juste voulu me taquiner en me mettant en couple mais tu le sais Link, il se comporte toujours comme un gamin.

-Walker, si vous cessez de discuter mes ordres et que vous finissez de répondre à mes questions, je vous offrirai un Apple Pie pour le dîner de ce soir.

-Oh, tu ferais vraiment ça, Link ? dit Allen avec des étoiles dans les yeux, tout heureux de déguster une nouvelle pâtisserie de l’inspecteur.

Du coup, il ne songea plus à protester ou à râler sur le temps qu’il perdrait en paperasse et ne traîna plus des pieds en suivant son aîné. L’estomac a ses raisons…

---§---

Dans sa chambre, Lavi s’apprêtait à fermer les yeux et à profiter d’une sieste bien méritée quand soudain, quelqu’un asséna de violents coups à sa porte.

-Oui, oui, j’arrive ! soupira le roux en voyant son sommeil retardé.

Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il ouvrit la porte à un Kanda furieux qui le menaça aussitôt en le coinçant contre le mur, la lame de son katana posée contre son cou.

-Y… Yû… quelle… bonne surprise…

-Tais-toi Baka Usagi ! Si un autre mot sort de ta bouche, je te débite en tranches ! Tu ne parleras que quand je t’y autoriserai.

-Mais… Yû…

La prise de Kanda se resserra et l’apprenti Bookman décida alors de se tenir coi, laissant le bretteur maître de la situation.

-Tu sais pourquoi je suis venu jusque dans ta chambre, Baka Usagi ? demanda le japonais d’une voix furibonde.

-Non, je ne vois pas, répondit l’apprenti Bookman d’un ton étranglé.

-Dans quelle partie de ton cerveau l’idée de te mettre en couple avec Moyashi a germé ? Réponds !

Lavi contempla son geôlier alors avec un œil rond.

-Attends Yû, ne me dis pas que tu es colère uniquement parce que je me suis en couple avec Allen dans le jeu ! En clair, tu serais jaloux d’Allen ? interrogea-t-il d’un air incrédule.

Le japonais garda le silence mais détourna le regard, ce qui constitua une réponse suffisamment éloquente pour le jeune Bookman qui poussa un long soupir.

-Yû, comme je l’ai déjà dit à Double-Verrue, ce n’est qu’un jeu ! Vu le nombre réduit de personnes, créer un couple était délicat. Et comme je voulais tenter de contrôler mon destin dans le jeu, j’ai utilisé mon rôle pour être sûr de pouvoir compter sur quelqu’un.

-Et de toutes les personnes, il a fallu que tu choisisses Moyashi ? gronda l’épéiste.

-Et j’aurais dû me mettre avec qui selon toi ? Timothy, Kuro-chan ou Miranda auraient facilement commis une erreur qui aurait laissé entrevoir qu’ils étaient en couple et me mettre avec Lenalee était le moyen le plus sûr pour que Komui m’envoie la dernière version de ses Komulins. Il ne restait donc qu’Allen ou toi. Et je te rappelle que c’est toi qui n’as cessé d’insister pour qu’on soit discret et que personne ne soit au courant pour…

Lavi fut soudain interrompu par Kanda qui, en un mouvement brusque, plaqua sauvagement un baiser sur ses lèvres. Dans un premier temps, il fut surpris mais il finit par se laisser faire, ses mains empoignant la nuque de son partenaire pour l’accompagner. Les deux Exorcistes en oublièrent momentanément leur dispute jusqu’à ce que la respiration leur manque.

Le détenteur de Mugen dévisagea longuement son compagnon avant de prendre la parole :

-D’accord, ce n’était qu’un jeu, admit-il. Et c’est moi qui ai insisté pour qu’on garde le secret vis-à-vis de tout le monde. Mais la prochaine fois, ajouta-t-il d’une voix plus menaçante, pas de couple avec Moyashi, c’est clair ?

-Ne t’inquiète pas, le rassura le roux, c’était juste histoire d’embêter Double-Verrue…

-Ce chien de Luberier ? En quoi ça t’amuse ?

-Si ça marche, tu auras de quoi faire chanter Allen pour un bon moment.

L’idée sembla plaire à Kanda et il daigna montrer l’un de ses rares sourires. Cependant, il redevint sérieux pour demander :

-Quand Bookman rentrera ?

-Tard dans la soirée. Pourquoi ?

Pour toute réponse, le brun lui arracha le bandana avant de glisser ses mains sous le T-shirt noir de Lavi qui à nouveau, poussa un soupir :

-Yû, tu es incorrigible ! Je voulais dormir !

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Titre : Les Exorcistes de Thiercelieux

Disclaimer : Non, je n’ai toujours pas réussi à gagner au loto. Donc les personnages de DGM ne m’appartiennent pas tout comme le jeu Les Loups Garous de Thiercelieux qui sont à leurs propriétaires respectifs.

Auteur : Eliandre

Beta : Kaleiya Hitsumei

Note : A force de trop jouer au Loups Garous de Thiercelieux, mon cerveau a disjoncté et cela a donné cette fic.

Couples : Il y en a déjà deux de prévu. Je vous laisse découvrir lesquels. Attention, il y aura du yaoi donc homophobes s’abstenir.
 


Introduction

-Inspecteur Link, cessez d’examiner cette feuille de manière suspicieuse ! avertit Komui d’un ton sévère. En dépit de votre compréhensible méfiance, je peux vous assurer que ce document tout comme le cachet et la signature en bas de page sont tout ce qu’il y a de plus authentiques.

Cela faisait la troisième fois que le blond relisait, incrédule, le contenu du document qu’il tenait entre ses mains. Ce qui y était écrit lui semblait si aberrant qu’il se demandait s’il ne s’agissait pas de l’un des coups fourrés du Grand Intendant. Cependant, il était contraint d’admettre que ce papier était en bonne et due forme, que le cachet en bas de page correspondait à celui de Central et que surtout, le document portait bel et bien la signature de son supérieur, Malcolm C. Luberier.

Link ne put s’empêcher de froncer les sourcils et s’apprêtait à demander à Komui comment il avait réussi à obtenir l’accord de Luberier pour cet invraisemblable projet mais ce dernier ne lui en laissa pas le temps en entrant rapidement dans le vif du sujet :

-Bien, maintenant que nous avons pu réunir tous les Exorcistes disponibles, laissez-moi vous expliquer le pourquoi de cette petite réunion.

-T’as intérêt à ce que ça vaille le coup, Komui, menaça Kanda, mécontent d’avoir été interrompu pendant sa méditation, parce que sinon, je ne donne pas cher de ta…

-Je suis d’accord avec Yû, bailla Lavi d’une voix endormie. Pour une fois que Jiji me donne un jour de libre, je voulais en profiter pour me reposer.

-Ne m’appelle pas par mon prénom, Baka…

-Allons, calmez-vous les garçons, intervint Lenalee, empêchant ainsi Kanda de poursuivre. Ecoutons plutôt les explications de Nii-san.

-Merci de soutenir ton grand frère ma petite Lenalee, dit le Grand Intendant en reprenant la parole avec un regard éperdu d’amour fraternel envers sa petite sœur adorée.

Outre quelques membres de la Scientifique dont le Commandant Reever qui avait l’air accablé par la nouvelle connerie inventée par son supérieur, la petite assemblée comprenait tous les Exorcistes qui n’étaient pas en mission. Près du jeune inspecteur de Central, sous son étroite surveillance, se tenait Allen Walker en train de dévorer un morceau de tarte meringuée au citron et juché sur sa tête, son golem doré Timcanpy. A sa gauche, toujours en pyjama et le visage assoupi avec une grosse peluche dans sa main, Timothy Hearst peinait à rester éveillé. Près de Komui, avec un plateau et des tasses de café, Lenalee Lee semblait au contraire plus alerte et vive que jamais. Assis sur un banc, Miranda Lotto et Arystar Krory étaient en pleine angoisse intérieure, se sentant responsables d’une façon ou d’une autre de cette convocation matinale. Dans un coin, isolé du reste du groupe, Yû Kanda dévisageait le Grand Intendant d’un regard mauvais, s’interrogeant sur la future bêtise qui avait atterri dans son cerveau dérangé. Plus en retrait, Bookman et Lavi, son apprenti, étaient plutôt perplexes. Toutefois, tout le monde était dans l’expectative.

Voyant qu’il avait l’attention de tous malgré les quelques bâillements qui s’échappaient, Komui continua :

-Bien. Comme vous le savez, la recherche des Innocences et la guerre contre le Comte Millénaire et le clan Noah deviennent de plus en plus difficiles. C’est pourquoi Central a demandé à tous les scientifiques de soumettre plusieurs idées de projets afin d’améliorer et d’optimiser l’efficacité des Exorcistes sur le terrain.

Le Grand Intendant marqua une pause puis reprit :

-Parmi les nombreux projets, j’ai proposé une étude comportementale qui permettrait de favoriser le travail de groupe. Chacun de nous avons des qualités spécifiques mais ce n’est qu’ensemble, en tirant le meilleur parti de nos points forts respectifs que nous deviendrons plus forts.

Visiblement, Kanda ne semblait pas d’accord sur ce point et s’apprêtait à le faire savoir sur-le-champ mais en interceptant le regard d’avertissement de Lenalee, il préféra garder le silence.

-Je suis donc heureux de vous annoncer qu’après une sélection minutieuse, mon projet a été finalement retenu et a obtenu l’aval de Central.

L’air triomphant, Komui se redressa de toute sa hauteur avant d’annoncer :

-Et donc, pour cette étude sérieuse, vous allez jouer aux Loups Garous de Thiercelieux !

Dans un premier temps, les Exorcistes n’eurent aucune réaction pendant de longues, très longues secondes. On aurait pu entendre une mouche voler. Puis soudain, ils jetèrent tous un regard incrédule vers le papier que brandissait dans sa main le Grand Intendant :

-C’est quoi cette histoire ? demanda Allen.

-C’est une blague ? interrogea Kanda.

-Mais comment Central a pu être d’accord ? fit Miranda, inquiète.

-C’est la question que je continue à me poser, murmura Link en dévisageant Komui d’un œil soupçonneux, étant incapable de se faire à l’idée que Luberier ait pu donner son accord. D’après ce que j’ai lu sur le document : « Pour rendre l’étude agréable pour tous, elle se fera de façon ludique et conviviale. »

Le brun au béret sifflotait joyeusement en toute innocence. Il n’allait tout de même pas avouer la manière fort peu glorieuse qu’il avait utilisée pour arracher la signature du redouté créateur de pâtisseries en profitant lâchement de la vilaine grippe qu’il avait attrapée…

-Mais, je ne connais pas ce jeu ! gémit Krory.

-Ce n’est pas grave Krory, rassura Komui. Nous débuterons la première partie… étude dans quelques jours, le temps que tous les joueurs… participants à l’expérience connaissent les règles. Sur ce, je vous donne rendez-vous bientôt, le temps que je me prépare… fasse quelques recherches préliminaires.

Et ce fut ainsi que les Loups Garous de Thiercelieux firent leur entrée dans la Congrégation de l’Ombre.

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Cuisine et repas

Les moments de repas étaient des instants privilégiés. Cela correspondait effectivement aux rares moments où tous les Veilleurs étaient réunis tous ensemble dans une ambiance plutôt conviviale, y compris les personnes les plus solitaires ou les caractères peu sociables ou étranges. Comme les Plegiens Henry et Tharja en dépit de leur personnalité étrange, Palne la Tagüel qui n’aimait pourtant guère les humains, Gerome qui se considérait comme un loup solitaire, la modeste Olivia à qui on réclamait souvent une danse malgré sa timidité excessive, Miriel qui profitait de ces moments pour recueillir des observations et des informations ou encore le très discret Kellam dont on oubliait souvent la présence. Même certains de leurs anciens ennemis ralliés à la cause contre Grima étaient là : Gangrel, Walhart, Aversa s’y joignaient même si leur présence n’étaient peut-être pas acceptés par tous.

Côté cuisine, bien que Chrom avait mis un point d’honneur à ce que tous les Veilleurs fassent à tour de rôle la corvée de cuisiner, et ce peu importe le rang dans l’armée, les soldats comprirent rapidement que certains chefs devaient être écartés des fourneaux. En premier lieu, Sully et sa fille Kjelle qui étaient toutes deux navrantes et dont les plats pouvaient faire s’évanouir toute l’armée. Malgré l’immense respect qu’on éprouvait pour eux, Chrom et sa sœur Lissa n’étaient pas capables de préparer quelque de chose de comestible, ayant rarement eu l’occasion d’exercer leurs talents et c’était presque un soulagement qu’ils soient de sang royal car ils étaient trop souvent occupés par leurs devoirs pour faire la cuisine. Daraen était tout aussi horrible derrière les fourneaux, sa nourriture étant absolument insipide pour les humains. En revanche, les Tagüels et les Manaketes, Palne et Nowi les premières, étaient plus qu’heureux de manger ses plats qu’ils couvraient d’éloges et de compliments à l’embarras du stratège.

Heureusement, les Veilleurs comptaient aussi quelques bons chefs. Stahl était de ceux qui cuisinaient le plus souvent mais cela s’expliquait par sa gourmandise tout comme Gaius même si sa spécialité était plutôt les sucreries. On les soupçonnait de profiter un peu de cette corvée pour remplir en douce leur estomac… Peut-être parce qu’il possédait des origines plutôt humbles mais Vaike se révélait être un excellent cuisinier même s’il préférait plutôt s’entraîner et chercher à défier son rival Chrom que de concocter des plats. Sumia et surtout Noire se révélaient douées pour la pâtisserie. Zelcher qui réunissait les qualités d’une parfaite épouse était également une brillante cuisinière, tout comme Cordelia, toujours si talentueuse en divers domaines. Certains avait un petit ingrédient secret comme Gregor qui avait une mystérieuse épice qui, utilisée pour assaisonner les plats, les rendait fabuleux pour les papilles des hommes affamés.

Bien sûr, la cuisine ne servait à rien s’il n’y avait personne pour manger. Stahl était de loin le plus gros mangeur parmi les Veilleurs. Toutefois, quand il s’agissait de viande, Chrom, Priam et Daraen n’étaient pas loin derrière. Walhart en revanche, en dépit de son imposante carrure, était un acharné du régime végétarien, prônant sans cesse les bienfaits des fruits et légumes devant les amateurs de chair animal. C’était parfois presque comique de le voir avec son assiette remplie d’une montagne de crudités qu’il avalait avec un sérieux imperturbable. Toutefois, personne n’osait exprimer tout haut ce qu’il pensait tout bas devant l’ancien Conquérant de ce drôle de spectacle… Gaius, lui, s’en moquait, trop préoccupé à analyser les formes et les goûts des différentes sucreries dont il pouvait mettre la main dessus.

Pour cuisiner et préparer les repas, encore fallait-il trouver les ingrédients nécessaires. Bien que Daraen et Frederick s’occupaient de la gestion de l’armée des Veilleurs avec l’aide de Laurent, en tant que stratège et second du prince Chrom, Anna la marchande mystère comprit très vite l’intérêt financier de cette affaire. Elle proposa donc ses services en tant que fournisseur et ravitailleur de des Veilleurs et réalisa très vite les profits espérés. Ses yeux ne cessaient de briller de convoitise quand Daraen ou Frederick lui réclamaient ses services pour préparer des repas de célébration de victoire. Oh oui ! Anna n’avait que davantage envie de désirer la victoire des Veilleurs. Car le jour où Grima tomberait, le jour où enfin sonnerait la fin de la guerre, ce ne serait pas un simple repas mais un véritable festin qu’on lui demanderait. Et elle n’en serait plus que ravie de fournir des spécialités culinaires rares, raffinées, délicieuses… et surtout sur lesquelles elle pouvait faire une marge de bénéfice énorme.

Cuisine et repas… Petits moments partagés entre les Veilleurs où le rang était aboli, où les hommes se trouvaient tous égaux devant leur ration, la même pour tous, roi, prince ou simple soldat, tous unis vers un objectif, une cause commune… Il y avait des bavardages, des échanges, on apprenait à mieux se connaître entre ces hommes et ces femmes de culture et de contrées si différentes… C’était près de cette grande table que les rares Plégiens côtoyaient leurs anciens ennemis d’Ylisse ou les fiers guerriers Féroxiens, auxquels se mêlaient les habitants de Valm. Petits moments simples qu’on évoquait guère lors des récits des batailles passées car ils ne participaient pas à l’élaboration d’une victoire ou d’une défaite. Mais ce sont ces petits moments qui contribuaient pourtant à l’établissement d’une paix durable entre ces différents peuples…

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Note : Dès le prochain chapitre, le rating de cette fic passera de T à M, par mesure de précaution.

Note 2 : Le nom d’un des personnages de ce chapitre m’a été suggéré par ma très chère collègue Kaleiya, dont je devine très facilement la source d’inspiration…

Playlist :

Moi Dix Mois - Front et Baiser

Epica - Chasing the Dragon

Hans Zimmer – He’s a Pirate (Pirates des Caraïbes)


La lanceuse de couteaux

Elle était à peine plus grande que le clown blanc, avec ses cheveux blonds noués en deux tresses à l’aide de rubans d’un rouge sombre où pendaient deux petits crânes en métal ouvragé et qui étaient si bien assortis à sa tenue or et noire de pirate. Elle portait également un large tricorne noir décoré de trois plumes blanches avec, en son centre, de nouveau un crâne et, autour de son cou, un foulard bordeaux. Sa veste d’un jais luisant, dont les revers de manche étaient enjolivés de délicates rayures dorées, laissait entrevoir une chemise de coton immaculée ainsi qu’une très courte jupe ornée de dentelles. Pour compléter l’ensemble, il y avait, à ses pieds, une paire de bottes en daim qui lui montait jusqu’aux genoux et, autour de sa taille, une ceinture de cuir marron où reposait une belle série de dagues finement ciselées ainsi qu’un pistolet.

Elle ressemblait tellement à une petite fille parée du plus beau costume de pirate, si frêle, mignonne et inoffensive avec ses grands yeux bleus innocents ! C’était oublier un élément essentiel… Contrairement à monsieur Loyal, l’écuyère, le clown blanc et l’Auguste qui, malgré leurs opinions divergentes sur les activités du cirque, partageaient le point commun d’avoir éprouvé une existence humaine, la lanceuse de couteaux n’avait jamais connu un tel état… Tout simplement parce qu’elle n’avait jamais été humaine pour commencer, même s’il fallait le prétendre lors de la représentation… Mais cela, le public l’ignorait et n’avait pas besoin de le savoir…

Sous le masque de la lanceuse de couteux, se dissimulait celle qu’on nommait Patty Fleur. Et comme son rôle ne l’indiquait pas, la lanceuse de couteaux était également une excellente tireuse au revolver.

Sur la piste du cirque, elle s’avançait, souriante, devant les spectateurs. Sa main levée s’agita pour les saluer pendant que ses divers accessoires émergeaient des coulisses. Le premier et le plus remarquable de ses outils était une immense planche en bois rouge où étaient dessinées des cibles multicolores. Les peintures de celle-ci, aux tons volontairement joyeux et burlesques, contrastaient drastiquement avec son état qui témoignait de son utilisation intensive : la planche était criblée de nombreux accrocs, certainement dus aux dagues de Patty, ainsi que de petits trous circulaires, traces des tirs au pistolet de la blonde demoiselle. En y regardant de plus près, on pouvait constater que des lanières de cuir noir y étaient fixées à l’aide de gros clous métalliques, servant à attacher solidement la proie désignée de la lanceuse de couteaux. De plus, contrairement à la planche qui semblait être soigneusement nettoyée après chaque représentation, les lanières de cuir étaient maculées de taches d’un rouge sombre qui avait noirci en séchant… Peu parmi le public remarquèrent ce détail car ces taches s’occultaient avec la couleur des lanières mais les plus fins observateurs ne purent retenir un frisson… avant de se dire qu’il s’agissait peut-être d’une mise en scène ou que leur imagination leur jouait des tours…

Le second accessoire à sortir était une grosse caisse aux nuances très vives et criardes, de forme carrée, qui ressemblait à une version géante d’un diable en boîte, ce jouet avec une manivelle sur le côté qu’on tournait pour écouter une petite musique jusqu’à ce qu’un diable jaillisse pour effrayer la personne se trouvant devant. Sous les yeux des spectateurs et pendant que l’orchestre imitait une mélodie aux tonalités enfantines, la lanceuse de couteaux actionna la manivelle jusqu’à ce que giclèrent, non pas un diable, mais une multitude d’objets hétéroclites : des ballons, des pommes rouges, des cartes à jouer, une poêle, des confettis, des maillets, des peluches représentant des cochons, des mouettes, des pieuvres ou des lapins, des pompons, des chapeaux coniques, des bouquets de chrysanthèmes blancs… Attrapant en plein vol quelques pommes, un ballon, deux ou trois peluches, la lanceuse de couteaux les projeta vers la planche avant de leur balancer, dans un même mouvement, une lame bien ajustée qui transperçait à la fois l’objet et une des cibles peintes en plein dans le mille !

Extraordinaire prouesse pour une jeune fille qui devait avoir tout au plus quatorze ans ! Le public, impressionné, se mit à l’applaudir avec ferveur. Cependant, il ignorait tout de l‘âge réel de la lanceuse de couteaux… Si on devait comparer, elle était plus bien plus âgée que l’Auguste qui donnait pourtant l’impression d’avoir dans les trente-cinq ans… Tournant la tête à droite puis à gauche avant de saisir son pistolet pour tirer en l’air afin d’obtenir l’entière attention des spectateurs, Patty annonça alors :

« Après cette petite démonstration, laissons le hasard désigner qui m’accompagnera pour les prochains tours, nanoja ! »

Le troisième accessoire était une petite roue du hasard vers laquelle s’avança la blonde demoiselle. A l’intérieur de chaque section était dessiné sur un fond blanc ou noir un symbole ésotérique dont la représentation était claire mais la signification incompréhensible aux yeux de la foule : une abeille, un bébé, une pièce de monnaie, un creuset, un ballon, un dauphin, une paire de dés etc… La lanceuse de couteaux fit tournoyer sa roue, encourageant les gens à taper dans leurs mains en attendant que le hasard montre son choix. La roue finit par s’arrêter en désignant une carte à jouer sur fond noir.

« Aujourd’hui, la personne qui m’accompagnera pour mon numéro sera donc issu non du public mais de notre fameuse Galerie des Monstres ! » annonça Patty. « Et ce sera donc une personne qui ne joue pas au jeu et qui ne respecte pas les règles, nanoja ! »

Dès la fin de ses paroles, l’étrange orchestre aux silhouettes filiformes entonna un air plus vif, plus épique, plus audacieux. A présent, il était bientôt temps de commencer l’une des fonctions de son vrai rôle…

A la lanceuse de couteaux, le Maître du cirque lui avait attribué comme fonction principale la navigation, monsieur Loyal ayant déjà de nombreuses tâches qui l’occupaient et lui-même ayant ses propres affaires. Lors des déplacements de la troupe, charge à Patty de diriger ce mystérieux cirque pas comme les autres pour qu’il puisse s’orienter vers sa prochaine destination, ce qui n’était pas toujours une mince affaire vu les personnalités très fortes des membres de la troupe. Entre l’explosive magicienne qui menaçait à tout va, l’Auguste débauché aux tendances libidineuses ou la très sensuelle funambule-trapéziste, faire bouger tout ce petit monde dans un semblant d’ordre n’était pas un boulot des plus faciles. Au sein de la troupe, la lanceuse de couteaux, par son caractère joyeux et fantasque mais qui pouvait faire preuve d’une perspicace maturité, s’entendait bien avec les autres membres. Elle était proche de l’Auguste et de Repede avec qui elle s’amusait énormément mais elle était également une confidente de choix pour monsieur Loyal. Toutefois, il ne fallait pas s’y tromper : malgré sa gaieté et son innocence apparentes, la lanceuse de couteaux pouvait se révéler d’une cruelle et impitoyable détermination. Ce trait de caractère était également dicté par la nécessité de sa deuxième fonction que le public n’allait pas tarder à découvrir…

Des coulisses, un homme échevelé de taille moyenne et aux habits dépenaillés fut poussé vers le centre de la piste, solidement ligoté et bâillonné. Ses yeux effarés avait un regard de fou et il ne cessait d’émettre des sons étouffés et inaudibles. Il aurait visiblement hurlé s’il n’avait pas ce bâillon pour l’en empêcher.

« Voici donc en exclusivité l’un des spécimens de notre Galerie des Monstres ! » déclara la lanceuse de couteaux. « Vous vous attendiez à un nain, une femme à barbe ou à ce genre de choses ? Non, au cirque de Brave Vesperia, nous avons des genres de monstres très particuliers, nanoja ! »

Avec une force étonnante pour une fillette, elle traîna son partenaire improvisé pour mieux le montrer au public.

« Je vous présente Orda Kalomet. » prononça Patty en exhibant fièrement sa… proie. « Monsieur aime jouer et parier mais il n’aime guère suivre les règles, les abordant d’une façon qui l’arrange. Cela n’aurait pas eu de conséquences si les enjeux n’étaient pas des vies humaines nanoja. Oui car notre ami Orda Kalomet se livrait autrefois à des trafics clandestins d’esclaves. Quel horrible péché de marchander ses semblables et de les parier comme des trésors inestimables ! Mais au cirque de Brave Vesperia, nous effaçons les crimes nanoja ! »

Sans plus attendre, elle se saisit des lanières en cuir noir et attacha solidement le malheureux ligoté à la planche. Puis, elle l’enveloppa entièrement d’un drap noir avant de prendre place, la lame d’une dague coincée entre ses doigts. Jetant un regard à monsieur Loyal qui opina la tête d’un air sombre, la lanceuse de couteaux s’apprêtait à faire démonstration de la seconde fonction de son vrai rôle : elle était la seconde exécutrice des injustes de la Galerie des Monstres une fois qu’on estimait que la peine purgée était suffisante pour expier leurs crimes…

Faisant tournoyer son arme avec dextérité, la lanceuse de couteaux envoya sa lame. Mais, contrairement au numéro traditionnel où l’objectif était d’éviter la personne attachée à la planche, les spectateurs virent avec une stupéfaction indignée qu’elle avait visé délibérément le bras droit de sa victime avant d’enchaîner avec le bras gauche, les deux jambes, l’abdomen et la poitrine. A chaque lame qui transperçait la silhouette d’Orda Kalomet, la foule put constater que celle-ci émettait un soubresaut plus ou moins prononcé en s’agitant vainement sans entendre le moindre cri vu que le « partenaire » était bâillonné. Patty se saisit ensuite de son pistolet avant de tendre impitoyablement son bras vers sa cible :

« La troupe de Brave Vesperia déteste ce genre de monstres ! » dit-elle, implacable. « Vous avez été avertis plus tôt, nanoja ! »

A peine avait-elle fini de prononcer ses mots que son doigt appuya sur la détente. La balle partit dans une détonation sonore et sous le choc, la silhouette d’Orda Kalomet serait partie en arrière si le corps n’avait été pas attaché à la planche. Il y eu un ultime soubresaut avant que les spectateurs puissent observer un petit trou circulaire vers ce qui devait correspondre au milieu du front sur une tête inerte qui retombait sur le côté. Devant les murmures du public, la lanceuse de couteaux retira le drap noir recouvrant sa proie. Ainsi, les yeux totalement étonnés des gens purent découvrir, non un cadavre ensanglanté mais une sorte de poupée de son et de toile géante qu’on avait façonné pour qu’elle ressemble à Orda Kalomet et qui portait ses vêtements, sur laquelle était plantés les couteaux avec un trou de balle au niveau du front. Quant au véritable corps, nul parmi les spectateurs ne sut jamais ce qu’il était devenu… Si on leur avait demandé leur avis, les membres du cirque auraient répliqué qu’il était inutile de rechercher un cadavre…

Pendant un bref instant, la foule fut prise par surprise par ce dénouement inattendu. Puis s’éleva une ovation pour féliciter la lanceuse de couteaux et saluer son numéro si peu conventionnel comprenant cet étrange tour de passe-passe entre un être humain et une grossière poupée de son et de toile. Les plus curieux s’interrogeaient sur le « truc » de cette magie : quand et comment l’être humain et la poupée avaient été interchangés ? Si seulement ils savaient…

La lanceuse de couteaux salua la foule, déambulant autour de la piste tout en poussant ses instruments vers les coulisses et ramassant les divers objets épars qu’elle avait fait apparaître comme les cartes à jouer, les chapeaux coniques ou les peluches qu’elle envoya vers les enfants. En revanche, un œil exercé aurait remarqué que les bouquets de chrysanthèmes blancs n’allaient qu’en direction des adultes, tels un mauvais présage…

Après une dernière révérence, la lanceuse de couteaux rentra dans les coulisses au moment même où monsieur Loyal revint sur la piste. Tiens, encore une fois, il avait changé de costume… Du gris clair, ses habits étaient passés au gris foncé…

« Après la démonstration de notre lanceuse de couteaux, le cirque de Brave Vesperia est fier de vous présenter l’un des membres essentiels de sa troupe. Je vous demande d’accueillir sur cette piste Rita Mordio, notre brillante et éminente magicienne ! »

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ATTENTION : ne pas lire si vous n'avez pas terminé "Brave Vesperia Circus" car risque de spoils !

Vous l’avez sans doute remarqué : au sein du cirque de Brave Vesperia, rien et personne ne semblent normaux… Le cirque est étrange, tout comme ses membres, plus mystérieux et plus dangereux les uns des autres… Voici donc la répartition des rôles accompagnés des fonctions secrètes pour chaque membre dans le cirque.

La suite sera complétée en fonction de la publication des chapitres.
 

-Flynn Scifo

Rôle : Monsieur Loyal

Fonctions : Ouverture et fermeture du chapiteau aux personnes, chef « officiel » et « gestionnaire » du cirque

Commentaires : De tous les rôles du cirque, seul le rôle de Monsieur Loyal pouvait convenir à Flynn. Je le lui ai donc attribué sans hésitation, d’autant plus que c’est un rôle important bien qu’il soit différent des autres artistes. Malgré son arrivée tardive dans le cirque, notez qu’il a une position élevée vu qu’il est le second dans la hiérarchie après le Maître du cirque. Il a donc pas mal de prérogatives et de responsabilités même s’il n’apprécie pas toujours les activités du cirque.

 

-Estellise Sidos Heurassein dite Estelle

Rôle : Ecuyère

Fonctions : Accorde un dernier sursis aux coupables et plaide pour leur défense

Commentaires : Dernière arrivée au sein du cirque, elle est la plus innocente et la plus bienveillante, d’où ses fonctions. Pour le rôle, il n’y en avait pas beaucoup qui pouvait lui aller jusqu’au moment où j’ai pensé au rôle d’écuyère malgré son manque évident d’affinité pour les animaux. Cependant, comme Flynn, Estelle n’apprécie pas les activités du cirque.

 

-Karol Capel

Rôle : Clown blanc

Fonctions : Recherche d’informations sur les personnes, aménagement du cirque

Commentaires : A la base, je voyais plutôt Karol en jongleur mais il me fallait un autre personnage pour accompagner Raven et ce fut donc lui. Karol dans le jeu possède pas mal d’informations pratiques sur les guildes. Je me suis donc dit qu’il se débrouillerait bien en informateur et qu’il complèterait bien Raven pour leur numéro. J’ai ajouté une deuxième fonction pour les distinguer l’un de l’autre.


-Raven

Rôle : Auguste

Fonctions : Recherche d’informations sur les personnes, entretien de la Galerie des Monstres

Commentaires : Le rôle de clown m’a été suggéré par cette chère Kaleiya. Par la suite, entre l’Auguste et le clown blanc, mon choix a été vite fait : Raven sera l’Auguste, ce qui a eu pour conséquence d’attribuer le rôle du clown blanc à Karol. Ses fonctions d’informateur ont également été décidées très rapidement, vu son rôle d’espion et d’agent double dans le jeu original. J’ai par contre un peu plus peiné pour lui trouver une deuxième fonction pour le distinguer de Karol. Contrairement à ce dernier d’ailleurs, Raven semble plus apprécier les activités du cirque, ce qui augmente le contraste entre les deux clowns. Il a également une certaine ancienneté par rapport à Flynn, Estelle et Karol et était l’ancien Monsieur Loyal avant l’arrivée de Flynn. Ce qui peut expliquer la cruauté dont il fait preuve pour Catherine, la veuve noire…

 

-Repede

Rôle : Chien savant

Fonctions : Gardien (ou Cerbère) du chapiteau et de la Galerie des Monstres

Commentaires : Le rôle et les fonctions de Repede ont été faciles à trouver. Il est bien un membre du cirque et j’ai volontairement mis en valeur Repede lors de son numéro en donnant au final un rôle plus secondaire et plus passif à Yuri. C’est bien Repede qui exécute ses tours et non Yuri qui lui ordonne de le faire. Il a d’ailleurs un rôle primordial au sein du cirque en tant que gardien devant veiller sur le chapiteau mais également sur la Galerie des Monstres, ce mystérieux lieu où il ne vaut mieux ne pas finir…

 

-Patty Fleur

Rôle : Lanceuse de couteaux

Fonctions : Navigatrice et seconde exécutrice du cirque

Commentaires : On m'a une fois demandé pourquoi je n'ai pas donné le rôle de lanceur de couteaux à Raven. La raison est simple : je l'avais déjà accordé à Patty qui correspond mieux au rôle, étant manipulatrice de dagues comme arme principale et de pistolets comme arme secondaire dans la version PS3 du jeu. Son arrivée peut être inattendue vu qu'à l'inverse des autres, elle n'est évoquée que dans le chapitre précédent consacré à Repede mais cela était volontaire car je pense que peu connaissent Patty Fleur et je voulais surprendre en l'incorporant au cirque. Ses fonctions de navigatrice ont été trouvées rapidement puisqu'elle est une pirate dans le jeu (et je n'en dirais pas plus car cela spoilerait sa véritable identité). Sa fonction d'exécutrice est arrivée plus tardivement car je pensais l'attribuer à Rita à l'origine avant de me dire que Patty pourrait faire l'affaire. Remarquez également que contrairement à Flynn, Estelle, Karol et Raven, Patty n'a jamais connu une existence humaine...

 

-Rita Mordio

Rôle : Magicienne

Fonctions : Conception et élaboration des tours du cirque et des accessoires

Commentaires : Au début, je pensais faire de Rita la seconde exécutrice du cirque à la place de Patty car ses préférences pour le feu et les explosions auraient été parfaites pour les victimes du cirque. Mais au final, j'ai préféré mettre en valeur son intelligence et son génie, résultant son attribution dans la conception des tours et des accessoires et la récupération de la fonction de seconde exécutrice à Patty. Le rôle, lui, a été très facile à trouver vu que Rita est LA magicienne offensive du groupe dans le jeu. Elle n'aime pas ceux qui utilisent leurs connaissances pour commettre des actes répréhensibles. Ce détail m'a été inspiré par le film Tales of Vesperia : First Strike où elle ne cache pas son animosité envers Garista, le stratège de la brigade de Niren, qui transforme les blastias qu'elle trouve en armes (j'ai d'ailleurs souvent pensé à une rivalité entre les deux). Même chose que Patty : elle n'a jamais connu une existence humaine...


-Judith

Rôle : Funambule-trapéziste

Fonctions : Première exécutrice du cirque, entretien de la Galerie des Monstres

Commentaires : Judith est la spécialiste du combo aérien dans le jeu donc il lui était préférable de lui donner un rôle qui rappelle sa spécialité. Comme je n'arrivais pas à me décider entre le rôle de trapéziste et celui de funambule, je lui ai associé les deux. Pour ce qui est des fonctions, je savais dès le début de cette histoire qu'elle serait la première exécutrice tout comme l'une des personnes s'occupant de la Galerie. Cela peut sembler cruel comme fonctions mais il faut pas oublier que dans le jeu, Judith avait promis à Phaeroh de tuer Estelle si jamais cette dernière devait se révéler une menace (et je suis certaine qu'elle l'aurait fait) tout comme la façon où elle détruisait tous les blastias dangereux sans se justifier et se poser de questions. Et n'oublions pas la bataille où elle doit défendre Ba'ul contre Nan et Tison. A mon avis, elle les aurait tués sans trop d'états d'âme si les circonstances avaient été différentes, même si l'un de ses adversaires était une gosse dont l'âge devait être proche de celui de Karol. Tout comme Patty et Rita, elle n'a jamais connu une existence humaine... En fait, ayant toujours eu une prédilection pour les Elfes, j'adore son apparence donc je ne voulais pas qu'elle prenne une apparence humaine.
 

-Yuri Lowell

Rôle : Dompteur

Fonctions : Maître du cirque

Commentaires : Dès le début, j'avais conçu le cirque de cette manière : Flynn serait celui qui apparaissait comme le dirigeant du cirque aux yeux du public mais le véritable chef agissant dans l'ombre serait Yuri. C'est donc Yuri le véritable instigateur de ce lieu où il ne faut jamais venir si on n'a pas la conscience tranquille. En tant que Maître du cirque, il fait et applique les lois, il est l'autorité suprême du cirque. Le vrai chef de Brave Vesperia Circus, c'est lui. Qui avait donc deviné la véritable fonction de Yuri depuis le début ? Mais après, qui pouvait bien mettre Flynn en second de la hiérarchie alors que son arrivée était relativement récente, condamner ceux qui osent poser un doigt sur Flynn et accorder une telle confiance à Repede ? Pour ce qui est du rôle de dompteur, c'est celui qui venait assez naturellement pour lui. C'était aussi l'occasion de mettre en parallèle sa véritable fonction puisqu'un dompteur doit se faire obéir de ses fauves et donc les dominer.

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Le chien savant

Il entrait sur la piste du cirque d’un pas mesuré, avec une attitude si fièrement hautaine et indifférente à ces humains qui le contemplaient. Les spectateurs pouvaient être surpris dans un premier temps de son pelage blanc et bleu, de sa cicatrice à l’œil gauche, de la longue pipe qu’il tenait dans sa gueule ou de la ceinture qu’il portait avec une dague. Mais après tout, cet animal était censé être un chien savant, on pouvait donc accepter ce genre d’excentricité pour un animal du cirque. C’était certainement ce que devait penser le public.

Le terme de « chien savant » était pourtant réducteur voire offensant pour qualifier la mascotte de Brave Vesperia alias Repede. Il était et se considérait comme bien plus que cela. Il ne ressemblait certainement pas à un petit animal bien dressé pour faire un tour. Ce serait insulter son intelligence. Non, Repede était bel et bien un membre à part entière de Brave Vesperia comme monsieur Loyal ou l’Auguste et ne pouvait être comparé aux chevaux de l’écuyère ou aux fauves du dompteur.

La preuve, c’était qu’il n’autorisait pas n’importe qui à le caresser. Il choisissait soigneusement ceux qui le pouvaient. Parmi les membres du cirque, le dompteur et monsieur Loyal étaient ses préférés, et de loin. Il vouait à ces deux-là une fidélité exemplaire et il respectait leurs ordres quand ils lui apparaissaient convenables. Il appréciait également la magicienne, la lanceuse de couteaux, la funambule-trapéziste et, dans une moindre mesure, le clown blanc. En revanche, en dépit de tous ses efforts, l’écuyère qui était pourtant la gentillesse incarnée, ne parvenait pas à obtenir ses faveurs. Elle ne comprenait pas pourquoi d’ailleurs et cela l’attristait toujours. Etait-ce parce qu’elle était la dernière venue ? Non, parce qu’il avait très vite pris en affection Flynn depuis son arrivée au cirque, à un tel point que cela en surprit le dompteur. Repede n’avait pas pour habitude de s’attacher et d’attribuer ses faveurs si rapidement à quelqu’un. Il traînait où il voulait entre les différentes roulottes des autres membres, le chapiteau ou la Galerie des monstres. Parfois mais plus rarement, on l’apercevait errant les rues, profitant de sa liberté seul, ce qui étonnait souvent les gens dont certains mal attentionnés en profitaient pour médire sur le cirque, prétendant que si Brave Vesperia n’était pas capable de garder son chien en laisse, il y avait à craindre que les fauves soient lâchés en pleine rue ! Scénario absolument impossible pour le cirque de Brave Vesperia… Aucun être vivant ne pouvait et ne pourrait quitter les lieux sans que ses membres le veuillent bien, plus particulièrement le Maître du Cirque…

Le public observait Repede en silence, attendant qu’il commence son numéro pendant que l’orchestre entonnait sa musique. Si les gens attendaient à ce qu’il fasse le beau, agite la queue ou jongle une balle avec son museau, ils allaient être déçus. Il n’était pas un vulgaire animal domestique. Il accordait d’ailleurs peu d’intérêt à cette foule d’humains qui le regardait, excepté les enfants.

Soudain, sortant des coulisses d’une démarche raide et trépidante, un automate s’avança vers la piste. Il ressemblait à ces jouets d’enfants, souvent un petit soldat avec sa coiffe militaire frappant un tambour avec ses baguettes, qu’on remontait avec une clef dans le dos. Mais cet automate-là avait une taille grandeur nature, une taille humaine et il portait de somptueux habits distingués et raffinés avec un collier qui brillait comme de l’or. En revanche, son visage effraya pendant un bref instant les spectateurs les plus effarouchés : il s’agissait d’un affreux masque de démon avec une horrible expression, tirant sa langue fourchue entre ses dents pointues. Et comme pour accentuer le côté grotesque l’automate, on avait ajouté d’immenses cornes noires de part et d’autre de sa tête. En résumé, une œuvre signée par la magicienne pour l’élaboration du mécanisme et parachevé par le clown blanc pour l’apparence extérieure.

Dès qu’il l’aperçut, sans coup férir, Repede sortit sa dague de son fourreau.

« Les enfants, encouragez Repede contre l’ennemi ! » s’écria monsieur Loyal pendant que l’orchestre accentuait son appel par ses instruments.

Pris au jeu, les cris des plus jeunes ainsi que des claquements de mains fusèrent joyeusement sous le chapiteau, exhortant l’animal à abattre le vilain démon. Le chient savant ne se fit pas trop longtemps prier. Dans une succession de mouvements trop rapide pour être perçu par l’œil humain, dague maintenue dans sa gueule, Repede bondit à plusieurs reprises sur sa proie avant d’atterrir souplement sur le sol derrière elle. Il poussa un hurlement victorieux et au même instant, l’automate se disloqua progressivement dans un grincement sinistre. D’abord la corne droite, puis la gauche avant de continuer vers la tête et de descendre vers les bras, l’un après l’autre et enfin de terminer par les jambes. Puis l’automate s’effondra, vaincu, en pièces détachées. Repede fit alors un rapide tour de piste pendant que les spectateurs applaudissaient.

Pourtant, ce n’était que le début. Flynn rejoignit ensuite la mascotte du cirque au centre de la piste avec une caisse en bois qu’il posa par terre avant de l’ouvrir et de montrer son contenu au public : des balles en cuir épais qu’il lança dans toutes les directions, ce qui aurait pu se révéler dangereux si l’une avait atterri par mégarde sur le visage d’un spectateur. Toutefois, dague toujours en gueule, Repede filait comme l’éclair pour trancher en deux parts égales chaque balle envoyée par le blond avant même qu’elles atteignent le sol ou quelqu’un, sautant, courant ou faisant de vives volte-face en un quart de tour. Et il n’en rata aucune : il avait beau être borgne, son œil vigilant captait le moindre mouvement et son odorat pouvait traquer la moindre de ses proies. Ce qui était tout à fait normal vu l’exigence et les devoirs de son vrai rôle au sein du cirque de Brave Vesperia qui était de veiller et de garder les criminels à l’intérieur du chapiteau ou de la Galerie des Monstres, tel un Cerbère intraitable qu’il était impossible d’apitoyer ou de corrompre. Ou alors, il aurait fallu être le dompteur ou monsieur Loyal mais aucun criminel n’avait cette chance… En tout cas, ce rôle primordial témoignait de l’immense confiance qu’avait le Maître du Cirque en Repede.

Une fois la caisse en bois vide et toutes les balles décapitées, le public applaudit une nouvelle fois pendant que Flynn ramassait et ramenait toutes les balles dans les coulisses. Au moment où il déposait la caisse par terre et s’apprêtait à repartir vers la piste, une main furtive se saisit rapidement de son poignet. A peine ressentit-il ce contact que le blond se mit à frémir légèrement. Il ne connaissait que trop bien cette main…

« Comment va mon monsieur Loyal préféré pour la première représentation dans cette ville ? » murmura une voix ironique à l’oreille du maître de cérémonie.

Les yeux bleus de Flynn se tournèrent vers son interlocuteur. Celui-ci ne portait pas encore son costume de scène sous lequel il se montrerait plus tard lors de son numéro et n’était vêtu pour le moment que d’une chemise en flanelle grise et d’un pantalon noir assez défraîchi, sa longue chevelure brune étant libre derrière son dos. Il n’avait pas non plus son fouet et il n’était pas près de ses fauves. Les yeux gris du dompteur semblaient amusés et un sourire sarcastique se dessinait sur ses lèvres.

« Je me demandais quand tu allais venir. Dépêche-toi, Repede a besoin de toi pour finir son numéro. » répondit le jeune homme.

« Oh, quelle impatience ! Es-tu donc si pressé d’en finir rapidement avec cette représentation pour que je puisse te rendre visite dans ta roulotte ? » répliqua le dompteur d’un ton narquois.

Les joues de monsieur Loyal s’empourprèrent quand il comprit l’allusion peu subtile du dompteur. Embarrassé, il tenta de dissimuler sa gêne en faisant mine de s’énerver.

« Fais d’abord correctement ton travail comme je fais le mien et éventuellement, on pourra en rediscuter ! »

« Bien sûr, la Loi du cirque d’abord. J’espère cependant que la récompense sera à la hauteur de mes efforts. Mais pour le moment, voilà un petit acompte de ma part ! »

Sans prévenir, le dompteur réduisit la distance entre leurs deux visages, déposa un rapide baiser sur les lèvres de monsieur Loyal et avant qu’il ne puisse réagir, il se précipita sur la piste où Repede l’attendait. Avec ses vêtements usés, il semblait plus effacé que Repede et son étrange attirail, le mettant ainsi mieux en valeur. Ce qui était normal : c’était le numéro du chien savant, la mascotte de Brave Vesperia et non celui du dompteur. Son heure viendrait plus tard…

Pendant que l’orchestre cessa sa mélodie, le dompteur salua la foule avant de prendre la parole :

« Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, Repede va maintenant vous montrer qu’il n’est pas un animal ordinaire. Pour le prochain tour, il va sélectionner une personne parmi vous. A toi l’honneur Repede ! »

Le chien sauta vers les gradins, montant et dévalant les marches avant de s’arrêter vers le milieu d’une allée. Il s’y faufila et s’arrêta devant un homme dans la cinquantaine, un peu ventripotent et dont les courts cheveux roux avaient du mal à masquer le début d’une calvitie. Fait curieux, ses habits avaient une vague ressemblance avec les vêtements de l’automate détruit en début de numéro mais surtout, il portait un collier d’or. Un collier d’or à l’identique de l’automate !

« Monsieur, venez ici ! Avancez sur la piste ! » exhorta le dompteur.

Le spectateur fit donc ce qui lui était demandé et marcha au centre du chapiteau, Repede sur ses talons. L’animal tourna ensuite son œil valide vers celui qu’il avait choisi avant d’émettre un bref aboiement.

« Repede vous demande votre nom, votre âge et votre profession. » traduisit le dompteur.

« Heu… Je m’appelle Peter, j’ai cinquante-six ans et je suis le principal exploitant d’une mine de charbon. » dit l’intéressé d’une voix hésitante.

La mascotte du cirque émit une nouvelle série d’aboiement bref.

« Maintenant, Repede vous demande si vous l’avez déjà vu. » expliqua le dompteur.

« J’avoue que je crois que l’avoir déjà aperçu en train de se promener près de ma mine mais j’ignorais qu’il venait d’un cirque. »

Encore une fois, l’animal s’exprima dans son langage particulier.

« Repede aimerait savoir si vous avez l’intention de mieux partager vos richesses et surtout si vous allez enfin accorder un salaire décent à vos employés que vous exploitez sans vergogne. » fit soudain le dompteur d’une voix dure et dangereuse. « Il aimerait savoir ce que vous avez fait à ce père de famille qui vous avait supplié une augmentation pour son enfant malade, augmentation que vous avez dédaigné lui accorder ! »

« Quoi ?! » s’exclama l’homme. « Mais comment il peut… »

Il fut soudain interrompu par le grondement menaçant du chien au pelage bleu et blanc.

« Repede aime beaucoup les jeunes enfants. » poursuivit le dompteur. « Et il n’a pas aimé votre comportement. Il va maintenant vous montrer son savoir-faire ! Attention cher public, je vous demande le silence ! »

A cet instant précis, Repede bondit sur l’homme en poussant des aboiements sonores et le renversa par terre. Sa proie émit un cri terrifié lorsqu’il tira sa dague de son fourreau avant de la lancer avec force en hauteur et d’exécuter un saut périlleux dans les airs, rattrapant pile son arme blanche quand sa pointe se trouva à deux centimètres de la gorge du spectateur.

Pendant que l’homme pensait qu’il avait eu chaud, le public, impressionné par l’acrobatie, applaudit à tout rompre. Le dompteur releva le visiteur, se saisissant de son bras avant de le lever.

« On applaudit bien fort notre ami Peter pour sa participation ! Et maintenant, une ovation pour Repede ! »

Les claquements de main redoublèrent d’intensité pendant que la mascotte de Brave Vesperia fit son tour de piste. Le dénommé Peter crut pouvoir se diriger vers sa place mais le dompteur garda sa main serré vers son bras et lui souffla à l’oreille d’une voix lourde de sous-entendus :

« Vers les coulisses ! Tout de suite ! Inutile de vous rasseoir… Vous n’assisterez pas à la suite du spectacle et vous ne ressortirez pas de ce chapiteau par l’entrée principale… »

« Mais… » protesta l’homme.

« Criez ou faites mine de résister et cet automate ne sera pas le seul qui finira en pièces détachés ce soir… » fit le dompteur avec une sinistre et cruelle expression dans ses yeux.

La frayeur dévorante qu’il avait ressentie pendant le numéro de Repede ainsi que les menaces du dompteur, cumulées à son malaise grandissant depuis le début de la représentation, furent suffisantes pour annihiler toutes velléités de rébellion chez cet homme lâche qui avait abusé de sa position avec ses employés. D’ailleurs, Repede le surveillait de son œil valide qui lui promettait clairement les pires souffrances s’il tentait de désobéir… Il se dirigea donc d’un pas vacillant vers les coulisses, sous les applaudissements du public trop occupé à acclamer la mascotte du cirque… Ce fut la dernière apparition publique du dénommé Peter, principal exploitant d’une mine de charbon… On ne l’avait plus jamais revu depuis…

Le dompteur ne tarda pas non plus à rentrer dans les coulisses, laissant Repede recueillir les dernières acclamations pour son numéro. Lorsque l’animal s’apprêta à rentrer…

« Repede a eu un beau succès mais il est temps qu’il laisse la piste aux autres. C’est à moi de m’amuser, nanoja ! [1] »

Une petite fille blonde portant un costume de pirate se tenait au centre du chapiteau, caressant Repede pour le féliciter avant qu’il rejoigne les coulisses. Monsieur Loyal en émergea quelques secondes plus tard pour annoncer le prochain numéro.

« Après la mascotte de Brave Vesperia, j’ai l’honneur de vous présenter Patty Fleur, la lanceuse de couteaux ! »

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[1] Terme japonais intraduisible souvent prononcé par les personnes âgées et par Patty.

Pour ceux ou celles qui l’ignorent, Patty Fleur est un personnage exclusif à la version PS3 du jeu.

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Playlist :

Edmund Angerer / Leopold Mozart / Franz Joseph Haydn – La Symphonie des Jouets


Le clown blanc et l’Auguste [1]

Il ne pouvait pas avoir de contraste plus saisissant que ces deux-là. D’autant que dans la troupe de Brave Vesperia, le clown blanc semblait physiquement le plus jeune avec ses douze ans et l’Auguste, le plus âgé avec ses trente-cinq ans. Et le maquillage et les costumes ne faisaient qu’accentuer leurs différences. Sous un élégant maquillage blanc où était dessiné un sourcil arqué, le premier ressemblait assez à un traditionnel clown blanc en version miniature. Il portait un chapeau conique cyan piqué de petites étoiles, une chemise blanche à volants aux manches amples avec, par-dessus, une veste bleu nuit assorti à son pantalon bouffant. Une paire de longues chaussettes blanches et des souliers noirs vernis complétaient l’ensemble. L’Auguste, en revanche, semblait avoir pris des libertés dans son costume. Certes, il possédait le fameux nez rouge et son visage était fardé de blanc mais il avait utilisé le noir pour colorer ses paupières et marquer davantage son sourire grimaçant, offrant ainsi un masque un peu plus sinistre… ce qui était renforcé par les couleurs plutôt sobres qu’il avait choisies pour sa tenue. Au lieu de s’habiller avec des chemises, des vestes et des pantalons grotesques et burlesques, l’Auguste de Brave Vesperia se distinguait par un haori d’un violet sombre aux manches trop amples où on percevait néanmoins une paire de gants blancs et un hakama noir trop long où il ne cessait d’y trébucher dessus avec ses pieds, qui ne portaient pas les gigantesques chaussures traditionnelles. Il n’avait même pas pris la peine de porter une perruque, s’étant contenté de mêler à ses cheveux noirs ébouriffés et négligés mais attachés par une queue, quelques mèches de couleurs carmin, pourpre et kaki. L’Auguste de Brave Vesperia était loin de porter des tons joyeux et éclatants…

Dans ce cirque plus qu’ailleurs, il fallait toujours se méfier de ceux qui se faisaient passer pour de simples baladins…

Karol Capel incarnait le clown blanc tandis que sous le masque de l’Auguste, se cachait celui qui préférait se faire appeler Raven. Toutefois, ce dernier avait porté d’autres noms comme Damuron Atomais ou Schwann Oltorain… Les noms plus ou moins faux qu’il s’amusait à prendre lorsqu’il se mêlait aux habitants locaux… Au final, au sein du cirque, c’était sous le pseudo de Raven qu’il était connu… même si le dompteur, spécialiste incontestable pour donner des surnoms, préférait l’appeler « le vieil homme » vu sa tendance à se plaindre de tout et de n’importe quoi…

Pour ce numéro, l’orchestre ne jouait aucune mélodie, se contentant d’accentuer avec leurs instruments les gestes des deux clowns, venus avec de nombreux accessoires. Pendant que Karol essayait de jongler avec divers objets hétéroclites – balles, anneaux, épées et masses – Raven l’interrompit en pointant son index ganté vers les spectateurs :

« Allons Karol-kun, ne fais pas le rabat-joie devant notre bon public ! Regarde, je vois déjà de charmantes demoiselles prêtes à tenir compagnie au vieux Raven ! Saluez le vieux Raven ! Saluez le vieux Raven ! » dit-il en agitant une main et certaines spectatrices, prises par le jeu, lui rendirent son salut.

« Rien à faire Raven ! » répliqua d’un ton furieux le clown blanc. « Notre but consiste à distraire le public ! Ce que je fais, contrairement à toi ! »

Bien sûr, tout cela faisait partie du numéro. L’Auguste se mit à gémir dramatiquement d’un air outrée, secouant avec insistance l’épaule de son jeune compagnon, ce qui le déconcentra et provoqua la chute des objets avec lesquels il jonglait dont une balle qui atterrit sur le front du perturbateur, suivie d’une masse qui l’assomma à moitié et le fit tomber. Raven exagéra sa culbute en atterrissant comiquement sur les fesses… Des rires fusèrent du côté des spectateurs.

« Ah, infortuné Raven ! Même mon jeune compagnon est contre moi ! Dire que j’avais besoin d’un auxiliaire pour m’aider à accueillir mes charmantes demoiselles ! Qui pourra donc le remplacer ? » s’écria l’Auguste.

Un projecteur s’alluma en direction de Flynn qui se tenait, un peu à l’écart, devant l’entrée des artistes. Raven se dirigea alors vers le blond et avant qu’il ne puisse réagir, il entoura un bras autour de ses épaules pour l’entraîner vers la piste. [2]

« Notre jeune monsieur Loyal va apporter une généreuse contribution à notre noble et glorieuse cause ! »

Voyant cela, Karol arrêta son tour de jonglage, posa ses objets par terre et tenta d’empêcher Raven d’entraîner Flynn au centre de la piste en s’efforçant de l’entraîner vers l’autre sens :

« Raven, arrête cela ! Tu ne peux pas traîner monsieur Loyal ainsi ! Et je ne vois pas en quoi séduire des femmes constitue une noble et glorieuse cause ! D’ailleurs pourquoi de toutes les personnes, tu as choisi monsieur Loyal ? »

L’Auguste arrêta son avancée vers le centre, sans desserrer sa prise sur Flynn, ni reculer devant la poussée du clown blanc qui était donc en train de faire du surplace.

« Voyons Karol-kun, c’est évident ! Monsieur Loyal a de beaux cheveux blonds, de jolis yeux bleus, un sourire charmant… Il a une allure noble et distinguée. » continua-t-il en pointant le haut-de-forme et le costume. « Avec lui, c’est assuré que j’ai le meilleur aimant pour attirer les plus belles filles de ce public ! »

Puis il ajouta à voix basse, de sorte que seul le maître de cérémonie puisse entendre :

« Dis Flynn, un jour, ça te dirait de m’accompagner à une sortie ? Avec toi, ce serait beaucoup plus simple pour… »

Mais le blond l’interrompit sur le même ton :

« Si tu veux que notre connaissance commune, le dompteur, apprenne qui a vidé le stock de sucreries pour les donner à ses dernières conquêtes, il n’y a alors aucun soucis ! »

Raven blêmit mais fort heureusement pour lui, son maquillage masquait la chose.

« Heu non… Il est bien capable de m’offrir à ses fauves qui ne laisseront même pas un os pour témoigner de mon existence sur ce monde ! »

Après ce court intermède, il reprit le fil de son numéro, exposant Flynn au public :

« Voyez, voyez jeunes demoiselles et observez ! Comment trouvez-vous notre monsieur Loyal ? Est-il à votre goût ? »

Un murmure appréciateur parcourut la foule et certaines femmes ne semblaient pas insensibles aux charmes du jeune homme aux yeux bleus, hochant presque frénétiquement la tête. Toutefois, la donne changea quand Karol, se saisissant d’un immense marteau, frappa impassiblement le pied droit de Raven… qui poussa aussitôt un hurlement en sautillant sur place et en se tenant le pied gauche ! Toutefois, il avait lâché Flynn qui en profita pour s’éclipser dans les coulisses.

« Karol-kun, espèce de traître ! Tu as fait fuir monsieur Loyal ! »

Le jeune garçon le regarda de travers.

« Eh bien maintenant, tu vas enfin pouvoir te mettre à ton tour de jonglage ! » dit-il en lui tendant trois balles.

Mais l’Auguste l’ignora, en prenant bien soin de le contourner quand il s’avança vers les spectateurs :

« Il va donc me falloir un nouveau partenaire… Monsieur, pourquoi pas vous ? » dit-il en désignant une personne se trouvant au deuxième rang.

Il s’agissait d’un homme dans la trentaine au physique avantageux, brun, avec une fine moustache distinguée. Interpellé, l’homme semblait surpris mais déjà, Raven l’obligeait à se lever et l’emmena au centre de la piste.

Le vrai point de départ du numéro des clowns commençait maintenant…

« Ne ferait-il pas un parfait compagnon pour m’aider à trouver les plus belles filles ? » fit-il en faisant semblant de l’arranger pour le rendre plus présentable mais en réalité, l’Auguste était en train de le décoiffer et de déranger sa tenue.

Pendant ce temps, Karol avait cessé de vouloir jongler et était en train de sortir divers accessoires d’un sac de toile dont un marteau de guerre, un grand drap noir, des cordes, une épée si immense qu’elle en devenait risible et plusieurs planches en ébène qu’il était en train de monter consciencieusement…

« Oh oui, mon nouveau partenaire est beau… beau comme le diable ! Mais c’est normal puisque sous son joli minois, c’est un démon ! » s’exclama l’Auguste comme s’il racontait une bonne plaisanterie. « Après tout, monsieur, n’a-t-il pas usé de son charmant minois pour mieux dévaliser ses jeunes maîtresses ignorantes et inexpérimentées ? »

La voix du clown se fit soudain grinçante pendant que son visage sourit sinistrement.

« Combien d’Anne, de Beth ou d’Edith avez-vous dupé et trompé avant de les jeter dans la rue, telles de vieilles chaussettes ? » continua-t-il tout en scrutant attentivement la réaction de l’homme qui se mit à pâlir affreusement, signe évident de sa culpabilité, mais qui essayait de rire pour faire illusion devant le public. Cependant, il réussit à balbutier de façon à ce que seul Raven entende :

« Je… C’est faux ! Ce sont des calomnies ! »

A ce moment, l’Auguste et le clown blanc le dévisagèrent d’une telle façon que malgré le maquillage, il comprit qu’il était inutile de mentir mais surtout, que d’une manière ou d’une autre, ils savaient la vérité sur ses activités secrètes… Après tout, c’était normal. Dans la troupe de Brave Vesperia, le rôle de Karol et Raven étaient d’accumuler des informations sur les coupables pour mieux les acculer devant leurs actes.

Leurs méthodes étaient néanmoins aux antipodes. L’apparence juvénile de Karol lui permettait d’acquérir des informations en écoutant les adultes qui ne faisaient pas attention à lui ou en interrogeant des enfants, Raven étant plus doué pour tirer des informations à des femmes et n’hésitait à espionner ou à infiltrer des lieux un peu plus dangereux comme les bas-fonds d’une ville… Si Karol était plus dans la discrétion quand il recueillait des informations, Raven se faisait plutôt remarquer par sa personnalité nonchalante et tire-au-flanc, surtout qu’il ne cessait de draguer le sexe féminin… Mais au moins, ils étaient complémentaires. Là où Raven ne pouvait pas intervenir, Karol le pouvait et inversement.

A cette fonction, s’ajoutait pour chacun une seconde qui les différenciait. Karol était responsable de l’aménagement du cirque à chaque fois qu’il s’installait quelque part. Tâche plus ardue qu’il n’y paraissait. Par exemple, il fallait que la roulotte de monsieur Loyal soit proche de celle du dompteur qui devait être proche de ses fauves pour faciliter… leurs activités nocturnes mais pas trop dans le cas d’une éventuelle dispute entre eux. De même, il fallait que la roulotte de l’écuyère soit proche de celle la magicienne qui elle-même devait être isolée des lieux d’habitations de l’Auguste et du clown blanc, histoire de limiter les odeurs de brûlés au sein de la troupe. Bref, c’était ce genre de casse-tête que Karol devait résoudre à chaque emménagement et il s’y débrouillait fort bien. La preuve : les bagarres entre monsieur Loyal et le dompteur étaient devenus plus tolérables et tous les membres de Brave Vesperia étaient encore vivants.

Raven, lui, était également chargé de l’entretien de la Galerie des Monstres, travail qu’il partageait avec la funambule-trapéziste. Certaines mauvaises langues dans la troupe affirmaient qu’il avait eu des arrière-pensées quand il avait accepté cette charge… En tout cas, malgré sa nature désabusée et nonchalante, le boulot était correctement réalisé. A chacun de ses passages, les cris résonnaient encore dans la Galerie des Monstres…

Et surtout, contrairement à l’écuyère qui accordait un sursis, l’apparition de l’Auguste sur la piste signifiait le début du calvaire…

Raven continuait avec l’homme ayant abusé de ses maîtresses :

« Mais ne vous inquiétez pas ! Au cirque de Brave Vesperia, nous effaçons les crimes ! »

Sur ces mots, il ramassa le drap noir qu’avait déployé Karol, le lançant sur le spectateur invité. Puis rapidement, il lui enroula la corde, faisant le tour comme s’il dansait autour d’un totem indien avec des cris de guerre. Le clown blanc lui lança alors la grande épée.

« Voyez les enfants ! Le méchant va disparaître ! » s’écria l’Auguste.

A cet instant précis, il lui enfonça l’arme et un grand cri d’émoi retentit dans le public quand les gens constatèrent que la lame ressortait de l’autre côté du corps. Mais très vite, Raven fit un mouvement de magicien en agitant ses mains et soudain, le drap noir s’affaissa et tomba par terre. L’Auguste s’en saisit, dénoua la corde avant de le montrer aux spectateurs : il était troué et l’épée n’avait aucune trace de sang… La surprise passée, le public applaudit avec enthousiasme, pensant encore être témoin d’un habile tour de passe-passe… Si quelqu’un avait pris la peine de faire une recherche, il aurait découvert que le « méchant » disparu ne se trouvait plus dans ce cirque… Du moins, pas vivant…

Le numéro se poursuivait. Le clown blanc avait monté une espèce de grosse boîte rectangulaire sur roulettes, assez large pour contenir une personne pendant que l’Auguste paraissait désespéré dans sa recherche des femmes.

« Ah, encore un qui me fait faux bond ! Tant pis, je vais donc moi-même me mettre à la quête d’une charmante demoiselle ! » dit-il d’un ton faussement résigné.

Des mains de jeunes femmes amusées se levèrent mais le clown choisit cette fois une séduisante femme d’environ quarante ans, bien conservée, cheveux blonds cendrés. Il lui demanda son prénom. Elle se nommait Catherine.

« Et maintenant, ma nouvelle amie Catherine va nous expliquer comment elle a eu ce beau collier de diamants qui pare son mignon petit cou ! N’est-ce pas Catherine ? » interrogea l’Auguste avec un sourire féroce pendant que le clown blanc semblait aussi mal à l’aise que la spectatrice.

Là encore, une différence séparait Karol et Raven. S’ils avaient tous les deux connu une existence humaine, Karol se sentait plus proche de monsieur Loyal et de l’écuyère, qui n’aimaient pas les activités qui se passaient dans le cirque une fois les portes closes pour certains… A l’inverse, Raven semblait plus amusé mais c’était peut-être parce qu’il était plus âgé que les trois autres… Il tenait le rôle de monsieur Loyal avant l’arrivée de Flynn jusqu’à ce que le Maître du cirque, agacé par son manque de sérieux, lui change son rôle pour celui de l’Auguste qui lui convenait mieux… Et puis, il était chargé de l’entretien de la Galerie des Monstres…

« Catherine est timide. Dans ce cas, je vais vous révéler son petit secret ! Catherine a obtenu ce beau bijou après la mort de son mari qui lui a laissé un riche héritage ! Il est mort accidentellement ! Oh, c’est étrange, elle en avait aussi trois autres qui seraient morts aussi de façon accidentelle ! » dit-il d’un air faussement étonné.

Sur ces mots, il la conduisit près de la grosse boîte rectangulaire devant laquelle le visage de la femme commença à se contracter. Peut-être même songea-t-elle à résister mais c’était inutile : Raven tenait son poignet avec une force surnaturelle.

« Et maintenant, cher public, dites adieu à notre amie Catherine car moi, le vieux Raven, je vais la garder pour qu’elle me tienne compagnie ! »

Sur ce, il la poussa à l’intérieur de la boîte. La femme blonde voulut émettre un cri mais il fut vite étouffé quand la boîte se referma sur elle. Aussitôt, Karol la fit rouler vers les coulisses avant de revenir sur la piste. Pauvre veuve noire même si elle ne le méritait pas pour avoir tué quatre époux pour leur argent ! Celui qui avait volé ses maîtresses avait eu un sort plus clément comparé à elle : au moins, il n’avait pas fini dans la Galerie des Monstres…

« Et voilà, maintenant que j’ai une charmante demoiselle, le vieux Raven et Karol-kun, vous saluent et vous disent au revoir ! »

Les deux clowns agitèrent leurs mains avant de rentrer dans les coulisses sous une fanfare de l’orchestre et les nombreux applaudissements, surtout ceux des enfants. Puis monsieur Loyal se montra. Tiens, son costume avait changé ! Il avait gardé ses gants blancs, son ruban, son nœud papillon et ses brandebourgs étaient toujours bleu azur mais le reste de ses habits avaient viré au gris clair…

Au moment où Flynn allait annoncer le prochain numéro, un hurlement de colère retentit de l’entrée des artistes…

« Comment as-tu osé toucher à Estelle, espèce d’Auguste dégénéré ? Attends un peu que je te rôtisse à petit feu ! Et toi, tu es son complice dans cette affaire ! »

« Aïe Rita ! Je n’ai rien fait, moi ! C’est Raven qui… »

Le reste de la conversation fut heureusement inaudible pour les spectateurs. Flynn poussa un long soupir avant de reprendre son fil conducteur.

« Le prochain numéro est celui de la mascotte de Brave Vesperia. Je vous demande une ovation particulière pour accueillir Repede ! »

 


[1] Pour ceux ou celles qui l’ignorent, on a principalement chez les clowns deux types de clowns avec chacun un rôle et un costume codifié (mais c’est devenu beaucoup plus libre maintenant) :

-Le clown blanc est un clown considéré comme élégant, sérieux, rationnel et parfois autoritaire. Quelquefois, il peut faire preuve de malice. Il sert principalement de faire-valoir à l’Auguste. Il s’inspire beaucoup du Pierrot de la commedia dell’arte avec son maquillage blanc auquel on rajoute un sourcil arqué pour montrer le caractère de ce clown. Ses vêtements sont le plus souvent chatoyants et raffinés comparés à l’Auguste. Le rôle du clown blanc n’est peut-être pas le rôle idéal pour Karol mais entre lui et Raven, le choix était rapide... J’aurais peut-être dû lui donner le rôle du contre-pitre mais ce type de clown a un intérêt moindre pour moi comparé au clown blanc.

-L’Auguste est le type de clown le plus célèbre. Très reconnaissable avec son nez rouge, son maquillage blanc souligné au noir et ses cheveux hirsutes. Il porte des vêtements extravagants très colorés avec d’immenses chaussures. Il est souvent impertinent, maladroit, fruste et se heurte au clown blanc dont les objectifs se trouvent contrariés par sa faute. Le choix de Raven pour l’Auguste s’est imposé de lui-même. En plus, je trouve que Karol a vraiment mûri au cours de l’aventure, ce qui le rend à certaines occasions plus mature que Raven dont on connaît tous la passion pour le sexe féminin… Je n’ai pas donné à Raven le costume traditionnel de l’Auguste pour renforcer son contraste avec Karol qui porte le costume du clown blanc traditionnel.

[2] Dans certains cirques, monsieur Loyal contribue de façon assez active à l’entrée des clowns, voire participe à leur numéro.

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Chapitre 1 : Un étranger sur une terre étrange

Estelle se frotta plusieurs fois les paupières pour se convaincre qu’elle ne rêvait pas. Le jeune homme endormi sur le canapé portait une tenue des plus étranges. Ses habits, à dominance noire, comprenaient un haut qui laissait entrevoir son torse, une veste dont les revers de manche étaient d’un violet sombre, un pantalon, une ceinture avec deux traits dorés qui soulignait la finesse de son tour de taille et une paire de bottes de cuir d’une couleur gris clair. Il avait aussi un bijou, un lourd bracelet d’or serti d’une belle pierre rouge à son poignet gauche. Ses longs cheveux de jais et ses traits de visage réguliers lui donnaient un côté androgyne mais Estelle ne s’y trompait pas : cet inconnu était de sexe masculin vu le torse qu’elle entrevoyait, ce qui la fit rougir par ailleurs.

La jeune étudiante s’était interrogée sur la disparition soudaine du loup noir et l’apparition brutale de ce jeune homme lorsqu’elle aperçut le bandage, encore imbibé de sang, au niveau du ventre de ce dernier. Alors elle comprit : le loup et cet homme ne faisaient en réalité qu’un !

Au moment où ce constat lui vint à l’esprit, l’étranger s’étira et commença à ouvrir les yeux en levant instinctivement son poing gauche.

« Flynn… » murmura-t-il d’une voix faible et encore endormie.

Puis soudain, il aperçut la tête d’une jeune fille inconnue penchée vers lui, ses grands yeux verts le dévisageant et il sursauta brutalement, ce qui lui arracha un grognement de douleur. Il se serait sans doute levé d’un bond s’il n’avait pas eu cette blessure au ventre.

« Qui es-tu ? Et où suis-je ? » questionna-t-il d’une voix un peu brusque en scrutant ce qui l’entourait.

Son visage exprimait clairement sa méfiance. L’inconnue en face de lui était sur le point d’essayer de lui répondre quand un aboiement joyeux retentit et le chien au pelage bleu et blanc sauta vers le jeune homme pour lui lécher le visage.

« Repede, c’est toi ? » s’étonna l’étranger. « Oui, moi aussi je suis content de te voir. »

Une fois revenu de sa surprise, il se mit à lui gratter doucement la tête avant de reporter son attention vers la jeune femme qui lui faisait face. Celle-ci ne semblait pas très à l’aise. Visiblement, elle cherchait un moyen d’aborder  une conversation sans que cela paraisse impoli.

« Hum… Il s’appelle Repede ? » demanda-t-elle d’une mine timide.

« Oui. »

Un bref silence s’installa. Le jeune homme aux longs cheveux bruns se mit à jauger cette inconnue aux yeux verts de son regard onyx, à la fois intrigué et sur ses gardes. Il contemplait son visage, son étrange style vestimentaire avec ce T-shirt blanc aux motifs floraux agrémentés de paillettes roses et dorées, cette veste de laine rouge où il y avait un curieux emblème, cette longue jupe beige plissée ou ce ruban à carreaux – d’un goût douteux selon lui – qui retenait ses cheveux blonds. Elle portait également des souliers vernis qui lui semblait d’une qualité supérieure à tout ce qu’il avait pu voir et surtout un bracelet avec un papillon dont les ailes translucides paraissaient capturer la lumière.

« Joli bijou… » ne put-il s’empêcher de dire en désignant d’un geste le bracelet qu’elle portait à son poignet. « Ça doit être rare et précieux. Ça vaut cher ? »

« Euh… non, pas vraiment… » répondit l’inconnue d’un ton gêné. « On peut trouver ce genre d’objet dans n’importe quelle boutique d’accessoires pour trois fois rien. »

L’étranger aux yeux gris fronça les sourcils.

« Pas cher ? Ce papillon qui orne ton bracelet a été fabriqué à partir de quoi ? De nacre non ? »

« De nacre ? Oh, bien sûr que non, je n’en aurai jamais eu les moyens ! » s’exclama la jeune femme. « Ça doit être fait à partir de plastique qu’on a façonné de manière à ce qu’il imite la nacre, c’est tout. »

« Quoi, du plastique ? Qu’est-ce que c’est que ce truc ? »

En entendant ses mots, son interlocutrice écarquilla les yeux avant de le dévisager avec une complète stupéfaction.

« Vous… Vous ignorez ce qu’est le plastique ? »

« Euh… Je suppose que oui. » admit l’étranger avec une expression de doute.

Il examina les environs. Il put ainsi constater deux adultes endormis affalés sur des chaises ainsi que la pièce où il se trouvait, composée d’objets curieux, de meubles décorés de façon étrange fabriqués avec des matériaux qui lui étaient inconnus. Cette lampe suspendue au plafond par exemple avait une forme bizarre… Et ce truc carré, noir et plat posé sur une table basse, à quoi pouvait-il servir ? Les deux jeunes gens restèrent muets pendant quelques secondes jusqu’à ce que la demoiselle s’efforce de sourire avec bienveillance en tendant une main amicale.

« Au fait, je ne me suis pas présentée. Je suis Estelle Swan. Ravie de faire votre connaissance. »

« Yuri. Yuri Lowell. » répondit le jeune homme en serrant sa main après une courte hésitation. « Et lui, c’est Repede. »

Elle ne semblait pas dangereuse… Toutefois, se rappelant de sa situation, Yuri resta sur ses gardes. Il toucha son bandage au ventre, retint une grimace et examina sa blessure.

« Qu’est-ce qui s’est passé ? Où je me suis pris ça ? » dit-il en fronçant les sourcils.

« Vous… vous ne souvenez pas ? » interrogea Estelle avec une mine étonnée.

« Non. J’avoue être un peu perdu dans ce… » commença Yuri avant d’être interrompu par son fidèle compagnon canin qui aboya pour attirer son attention avant de lui lécher une main. Il se mit à rire.

« Tu dois vraiment être inquiet si tu te comportes ainsi. » dit-il avant de reporter son regard gris vers sa jeune hôte. « C’est Estelle ton nom, c’est ça ? C’est toi qui m’as soigné ? » s’enquit-il en désignant d’un geste nonchalant son bandage à l’abdomen.

Elle secoua la tête.

« Non, c’est mon père. » répondit-il en pointant les deux adultes endormis sur des chaises derrière elle avant d’ajouter d’une voix plus hésitante. « Il a réussi à bander et à stopper votre plaie quand… quand vous étiez un… »

« Quand j’étais un loup ? C’est ce que tu voulais dire ? »

La jeune fille hocha lentement la tête, assez embarrassée d’évoquer ce sujet apparemment. Elle devait se demander ce qu’il était pour se changer en loup, vu son expression.

« Pas la peine de te sentir gênée ! » répondit le jeune homme en fronçant les sourcils. « D’ailleurs, tu me peux me tutoyer, tu sais ! Avec ton vouvoiement, j’ai l’impression d’avoir vieilli de trente ans ! »

« Oh, je suis désolée ! » s’excusa Estelle.

Il y eut un instant de silence. Puis, en dévisageant longuement les yeux verts interrogateurs de son interlocutrice, Yuri reprit la parole :

« Tu cherches à savoir comment je peux te parler maintenant alors que la veille, j’étais un loup, c’est ça ? »

Il marqua un moment d’hésitation, réfléchissant à ce qu’il allait dire. Flynn lui avait recommandé d’être prudent après avoir traversé le Portail car lui-même ignorait ce qu’il y avait derrière. Ce ne serait pas la première, ni la dernière fois qu’il négligerait une de ses recommandations. Toutefois, vu sa situation et le fait qu’il se trouvait dans un endroit totalement inconnu dont il ne connaissait rien, si différent du dernier endroit où il se remémorait être avant son passage par le Portail, il décida de garder dans un coin de son esprit le conseil de son ami aux cheveux blonds.

Par ailleurs, il venait de se souvenir que d’après Flynn, les habitants qui vivaient de l’autre côté du Portail ignorait l’existence du mana… Dans ces conditions, ça allait être dur de lui expliquer son cas. Mais impossible de nier : Estelle avait vu sa blessure sous sa forme de loup et sa forme humaine et avait dû donc faire le rapprochement. En l’observant attentivement, il lut dans son regard vert de la curiosité mêlée d’une légère inquiétude mais nulle hostilité ou dégoût. Le jeune homme décida donc de lui faire confiance.

« Je ne me change en loup que la nuit. Le jour, je peux reprendre ma forme humaine. » expliqua-t-il.

« Est-ce qu’il y en a d’autres qui peuvent… » commença Estelle mais il l’interrompit.

« Non. A ma connaissance, je suis le seul qui me change en loup la nuit et ce, à cause d’une malédiction qu’on m’a lancée et qui me condamne à ces métamorphoses non voulues. »

Là, il avait simplifié l’affaire car en réalité, c’était un peu plus compliqué que cela… Et il n’avait pas très envie de s’étendre davantage. Cela lui était suffisamment douloureux…

« Je vois. » murmura son interlocutrice. « Vous… Je veux dire… Tu n’es donc pas un loup-garou ? »

« Qu’est-ce que c’est ça ? » demanda Yuri en fronçant les sourcils.

« C’est dans les livres que je lis. Les loups-garous désignent les êtres humains se transformant en loups les nuits de pleine lune. » récita Estelle en joignant ses mains. « Appelés également lycanthropes, leurs métamorphoses ont souvent pour origine une malédiction selon les traditions les plus courantes. L’être humain changé en loup acquiert durant le temps de sa transformation la force, la férocité sauvage et… »

« Eh bien, quelle érudition, Estelle ! » fit Yuri avec un sourire moqueur à ses lèvres. « Mais je pense que l’explication est suffisante. Non, je ne suis pas un loup-garou. Toutes les nuits, sans exception, je me change en loup. Et pas que les nuits de pleine lune. »

« Ah, navrée si je t’ai offensé, Yuri. » répondit Estelle d’une voix contrite.

« Non, ce n’est rien. On m’avait raconté que les personnes de l’autre côté du Portail ne croyaient pas en l’existence du mana mais pour croire à ce genre de chose comme les loups-garous… »

« Le mana ? Qu’est-ce que c’est ? » répéta l’étudiante en littérature sans comprendre.

« Pour faire simple, c’est une source d’énergie qui nous facilite la vie. »

« Mais d’où viens-tu Yuri ? » s’étonna la jeune femme. « Je ne connais aucun pays dont la principale source d’énergie est le mana. Les centrales nucléaires, l’électricité, le pétrole, ça je le sais mais le mana ? »

Ah, c’était peut-être une erreur d’avoir parlé de ça. Il n’était pas un manipulateur de mana comme Flynn ou le vieil homme, ce serait donc difficile de lui expliquer sans faire une démonstration. Il pouvait cependant répondre à son autre question même si elle risquait de le prendre pour un fou. Mais plus il passait du temps avec Estelle, plus il se rendait compte de son ignorance totale du lieu où il se trouvait. Comment réussirait-il sa mission dans ces conditions ? Il avait besoin d’une personne de confiance, un allié, un guide pour l’aider même si l’idée lui répugnait. Estelle et ses connaissances pourraient s’avérer utiles dans un avenir proche.

« Tu risques de ne pas me croire mais… je viens pas d’ici. Je viens d’un autre monde. »

Comme Yuri l’avait prévu, les yeux verts de son interlocutrice s’écarquillèrent de stupéfaction devant cette révélation. Elle le fixa longuement avec une expression incrédule sans dire un mot. Puis elle se tourna vers Repede avec son pelage bleu et blanc, sa ceinture en cuir qui enserrait son corps et sa pipe.

« Ça pourrait expliquer certaines choses… » marmonna-t-elle pour elle-même.

« Désolé de t’ébranler princesse mais sache-le : je ne suis pas un fou et j’ai besoin que tu te décides rapidement à me croire ou non car – et je déteste l’admettre – j’ai besoin d’aide. La situation dans mon monde est dans un équilibre précaire et on m’a envoyé dans le tien pour un but précis. Je n’ai pas de temps à perdre ! Il faut que je me hâte de revenir vers les miens ! »

Ses yeux gris étincelaient de détermination. Ses traits s’étaient durcis et il avait serré son poing gauche. Il y avait une telle urgence dans le ton employé, si empreint de désespoir qu’Estelle finit par le croire, peut-être un peu malgré elle. Elle hocha lentement la tête.

« J’admets que j’ai encore certains doutes mais… j’ai envie de te croire. J’ai envie de t’aider. » déclara l’étudiante.

« Merci. Je n’en demande pas davantage. » dit Yuri.

Soudain, une voix s’éleva :

« Estelle ? Tu es réveillée ? Attendez, vous, qui êtes-vous ? Qu’est-ce que vous faites dans ma maison ? »

Monsieur Swan venait de sortir de son sommeil. Et visiblement, il n’était pas ravi de découvrir un étranger sous son toit…

--§--

Yuri avait passé une matinée éprouvante. Il avait été plus difficile d’expliquer sa situation aux parents d’Estelle et ils mirent plus de temps à le croire. Madame Swan s’était mise à paniquer en constatant sa présence et monsieur Swan, furieux, l’avait clairement menacé en affirmant téléphoner à la police – le brun n’avait rien compris à ce truc. Tout comme leur fille cependant, ils virent son bandage au ventre et firent le rapprochement entre lui et le loup. A partir de ce moment, ils se calmèrent et furent plus enclins à écouter ce qu’il avait à dire quand ils comprirent qu’il ne représentait pas un danger et un lien de confiance, certes ténu, commença à s’établir entre eux. Fort heureusement, ils étaient assez ouverts d’esprit. Ce qui lui évita d’être considéré comme une bête curieuse.

La discussion fut néanmoins écourtée rapidement quand chacun se remémora leur train-train quotidien. Le père devait aller à son bureau, la mère, dont c’était le jour de repos, faire ses courses et Estelle se rendre à l’université pour ses cours. Avant de partir, cette dernière renouvela sa promesse de l’aider et lui indiqua qu’elle reviendrait vers seize heures, ne travaillant pas à la librairie ce jour-là.

Pendant ce temps, Yuri avait proposé à la mère d’Estelle de l’accompagner pour ses courses. Découvrir l’autre monde et sortir de cette construction bizarre avec Repede aurait été un bon commencement avant de chercher à accomplir ce pour quoi il était venu. Mais madame Swan refusa d’un ton embarrassé, lui annonçant qu’avec son habillement, il passait difficilement inaperçu et qu’on risquait de remarquer qu’il venait d’ailleurs. Le brun, qui ne connaissait pas les règles de société de ce monde, comprit néanmoins qu’il y avait un problème et n’insista pas. Il n’avait aucune envie de poser des soucis à des gens qui l’avaient sauvé. Observant son ennui et dans l’espoir de le distraire un peu, madame Swan lui expliqua patiemment, avant de partir, le fonctionnement de l’espèce d’objet carré et plat se nommant "télévision" – drôle de choses de voir un homme de face déclarant sans sourciller les pires horreurs comme une guerre ou de voir les étranges gâteaux qu’on pouvait confectionner avec des appareils très sophistiqués mais au moins, ça faisait passer le temps – et l’autorisa s’il avait faim de se servir dans un "réfrigérateur", une sorte de grande boîte rectangulaire où il y avait de la lumière et une température plutôt froide – Yuri était incapable de dire ce qu’il contenait mais il réussit néanmoins à y trouver un morceau de pain. Madame Swan sortit ensuite faire son marché.

Ni lui, ni Repede n’étaient enchantés de cet enfermement forcé et ils prenaient difficilement leur mal en patience. Yuri en profita toutefois pour mieux observer la maison de la famille Swan et décréta que vraiment, ce monde était bizarre et que ses codes de société devaient être plus tordus dans le sien. Déjà qu’il avait des difficultés à les respecter…  Ce qu’il voyait à la télévision n’avait fait que confirmer ses pensées.

Sa blessure posait souci et l’empêchait de se mouvoir comme il le désirait mais le jeune homme avait un corps en bonne santé et vigoureux après ces nombreux combats contre l’Ordre. Il commençait déjà à s’en remettre progressivement. Tant mieux. Il ne pouvait pas traîner trop longtemps dans ce monde. Il voulait vite exécuter la tâche qu’on lui avait confiée et retrouver les autres membres de Brave Vesperia : Karol, Judith et même le vieil homme même s’il semblait ne pas foutre grand-chose, mais surtout Flynn. Il était inquiet pour ce dernier d’ailleurs. Non pas que Flynn ne savait pas se débrouiller seul mais…

Les réflexions de Yuri furent interrompues quand Repede émit un aboiement bref et qu’il entendit une clef tournée à l’intérieur de la serrure de l’entrée. Il fut surpris de voir Estelle alors que ce n’était que le début de l’après-midi, la jeune femme lui ayant déclaré auparavant qu’elle ne rentrerait que vers seize heures. Celle-ci dut le comprendre à son regard car elle expliqua :

« Un de mes cours à l’université a été reporté. J’ai pu donc rentrer plus tôt. J’espère que tu ne t’es pas senti trop seul, Yuri. » dit-elle d’une voix inquiète.

Le brun ne put s’empêcher d’afficher une mine sarcastique.

« Bien sûr que non ! J’ai apprécié seul mon séjour dans une maison contenant des objets plus ou moins étranges avec interdiction de sortir par ta mère. C’était vraiment fascinant ! »

Manifestement, Estelle n’avait pas senti l’ironie de son propos bien qu’elle comprit que quelque chose ennuyait son invité car elle le fixa attentivement d’un air soucieux avant de lui murmurer qu’elle était désolée. Yuri culpabilisa un peu – ce n’était pas de la faute de l’étudiante si elle se retrouvait avec un inconnu d’un autre monde sous son toit – mais quelques instants plus tard, madame Swan revint de ses courses, rapportant pour lui de surprenants présents : elle lui avait acheté des vêtements.

L’essayage fut une étape assez délicate. Yuri s’isola dans une chambre pour vérifier ce qu’on lui avait donné et fut horrifié par la mode de ce monde. Au moins, la mère d’Estelle ne s’était pas trompée dans ses estimations mais le pantalon était une chose de couleur bleue rigide où il ne se sentait pas à l’aise du tout – ça se nommait "jean"  et c’était à la mode d’après les femmes – et il avait une impression de gêne dans ses mouvements. Le T-shirt noir était plus confortable et lui convenait plutôt bien, couvrant avantageusement son bandage. En revanche, lorsqu’on prétendit lui faire porter une paire de chaussures de sport, il refusa net, s’obstinant à garder à ses bottes. Après tout, pourquoi pas… D’après Estelle, les siennes n’étaient pas trop différentes de ce monde bizarre.

Lorsqu’il sortit de la chambre, les femmes affirmèrent que son habillement lui allait bien mais il en doutait fortement. Si Flynn le voyait dans un tel accoutrement, il aurait sans doute explosé de rire… Heureusement que le ridicule ne tuait pas…

Estelle l’attendait patiemment dans le vestibule de l’entrée pendant qu’il arrangeait les derniers détails. Yuri lui demanda :

« Où comptes-tu m’emmener ? »

« Hum, je ne sais pas trop… Je pensais te faire visiter la ville. Cela aurait été un bon début. » répondit Estelle d’une voix songeuse.

« Il faut d’abord que je retrouve mes affaires. Mon sabre surtout. Repede m’a dit qu’il avait réussi à les cacher avant que tu me trouves. »

« Repede… t’a dit ? Il sait parler ? » s’étonna la jeune femme.

Quand on savait qu’un homme pouvait se changer en loup toutes les nuits, on pouvait accepter ce genre d’étrangeté…

« Bien sûr, il a sa propre façon de parler si on sait le comprendre. »

--§--

Ils quittèrent finalement la maison d’Estelle. Malgré qu’elle soit ouverte d’esprit et d’une nature plutôt bienveillante, madame Swan n’était pas trop emballée de laisser sortir sa fille avec un parfait inconnu venant d’un autre monde qui plus est. Toutefois, comme Estelle, peut-être aperçut-elle cette lueur désespérée dans ses yeux gris. Yuri savait qu’il n’avait pas le droit d’échouer. Son monde dépendait de la réalisation de cette Prophétie. Du moins, Flynn y croyait, lui étant tout de même plus réservé à ce sujet.

D’ailleurs en songeant à Flynn, il ne pouvait qu’espérer que tout allait bien pour lui. Il se demandait aussi comment il aurait réagi en découvrant ce monde. Des bâtiments immenses qui semblaient toucher le ciel, des véhicules roulants sans chevaux émettant des fumées puantes et irritantes désagréables pour l’odorat, cette foule de gens nombreuses qui allaient et venaient d’un air pressé tenant un drôle d’appareil dans leur main près de leur oreille… Cette ville devait être plus bruyante que toutes les villes réunies qu’il avait visitées !

« Alors qu’est-ce que tu penses de ce monde ? » interrogea Estelle.

« Qu’il y a trop de brouhaha mais que certaines choses semblent impressionnantes. »

« Repede n’a pas l’air très content. » dit la jeune femme d’une voix déçue.

Effectivement, le compagnon canin de Yuri était tout sauf content. Estelle expliquait qu’il allait se faire remarquer avec sa pipe et sa ceinture – elle avait pu alors constater qu’une dague y était accrochée – et qu’aucun chien n’était ainsi. En entendant ces mots, Repede en fut visiblement offensé. Certes, il avait fini par abandonner son attirail mais dès que Estelle essayait de le caresser, il se détournait aussitôt d’elle, se montrant hautement indifférent envers la jeune femme, à son grand désespoir. Pour la consoler, Yuri lui révéla que Repede était toujours ainsi avec les étrangers et qu’il ne fallait pas qu’elle prenne ça sur elle.

« Mais sinon Yuri, comment et pourquoi es-tu venu ici ? » questionna l’étudiante en littérature.

« A travers un Portail. Une sorte de porte qui relie nos deux mondes. Ne m’en demande pas davantage, je ne sais même pas comment j’ai traversé ce truc ! »

« Hein ? » s’exclama son interlocutrice.

« J’ai dû le traverser sous ma forme de loup et… je ne garde pas en mémoire ce que je fais quand je suis transformé. D’ailleurs, je ne sais toujours pas ce qui a réussi à me blesser et Repede n’est pas d’humeur à m’en dire plus. »

« Pourquoi venir ici alors que tu es maudit ? »

« Pas le choix. J’étais le seul qui le pouvait au vu des circonstances. Le vieil homme n’était pas disponible, Karol trop jeune, Judith se serait trop fait remarquer et Flynn était le seul qui connaissait les incantations pour ouvrir ce fichu Portail. Ce sont mes… compagnons. » ajouta-t-il en voyant les yeux interrogateurs d’Estelle.

Ils continuèrent à marcher pendant quelques instants avant que Yuri reprenne son récit :

« Pour le reste, je suis venu à la recherche d’une personne. »

« Une personne ? »

Le brun haussa les épaules.

« Flynn m’a dit de ramener une personne de ce monde. Alors je vais essayer d’en convaincre une de me suivre. J’espère que ça sera rapide. »

Mais visiblement, il sentait comme une grosse difficulté. Les gens de ce monde semblaient fuyants et toujours pressés des quelques mots qu’il saisissait au vol. Ils parlaient de travail à finir dans la journée, de vacances où ils pouvaient se relaxer, de la dernière moto ou de la dernière console de jeux à acheter et… Yuri n’arrivait pas à comprendre de quoi ils parlaient, à croire qu’ils utilisaient un langage inconnu.

« Une personne ? Ça peut être n’importe qui ? »

Si seulement c’était le cas ! Yuri aurait menti s’il avait affirmé n’avoir pas songé à entraîner quelqu’un de force dans son monde. Même s’il agissait d’Estelle dont la candeur et la gentillesse le touchaient. Les enjeux étaient trop importants. S’il fallait mentir, enlever ou assommer pour obtenir une personne de ce monde, il était prêt à le faire. Si tel devait être le cas, Flynn risquait fort de lui en vouloir ainsi que Karol. Mais ce ne serait pas la première fois.

« N’importe qui à condition qu’elle remplisse un critère bien précis. Elle doit avoir l’aptitude à manipuler le mana et si possible, posséder une grande force physique et mentale. Vu où je vais l’embarquer, il y a plutôt intérêt… »

« Mais comment peux-tu savoir si la personne peut manipuler le mana ? »

Bonne question. Judith ou Flynn auraient pu lui répondre mais pas lui évidemment. Pourquoi les personnes dont on avait le plus besoin étaient celles qui étaient indisponibles ? Bon, au moins, on ne l’avait pas laissé sans moyens.

« J’ai ramené quelque chose pour m’aider. Mais le plus important pour moi est de récupérer mon sabre. »

Ils avaient atteint l’enfilement de ruelles où Estelle l’avait découvert sous sa forme de loup noir. Le brun fut surpris par l’odeur désagréable et nauséabonde qui y régnait, des sacs qui traînaient par terre et des poubelles renversés. Devoir retrouver ses affaires dans ce foutoir… Heureusement, Repede, le plus incommodé en ces lieux à cause de son odorat plus développé que celui des humains, les guida très rapidement vers l’endroit où il avait laissé les affaires de Yuri, sous deux énormes sacs poubelles.

Les possessions de Yuri étaient plutôt maigres : un long katana et un petit baluchon de toile grossière.

« Ah, le voilà ! » s’exclama le visiteur de l’autre monde en s’emparant de son arme. « Bravo Repede ! Je n’ose imaginer la réaction de Flynn si je lui avais raconté avoir égaré mon sabre dans l’autre monde. »

« Hum… On risque d’avoir quelques ennuis… » murmura Estelle d’une mine soucieuse en fronçant les sourcils. « Si les policiers te voient avec ton sabre, tu risques d’être interpellé et de subir un interrogatoire si tu ne prouves pas l’origine de cette arme. »

« Les policiers ? Qu’est-ce que c’est ? »

« Des représentants de l’ordre. »

En entendant ces mots, la mine de Yuri s’assombrit.

« Ils sont même ici ? Leur mainmise sur notre monde ne leur suffit plus ? Il faut aussi qu’il s’empare du tien ? Bon sang, je n’ai vraiment plus de temps à perdre ! » fit Yuri dont le visage était marqué par la fureur.

Yuri comprit ensuite que quelque chose n’allait pas quand Estelle le regarda avec une expression trahissant son incompréhension.

« Euh… Dans notre monde, les policiers sont chargés du maintien de l’ordre et du respect des lois. Ils appréhendent ceux qui ne les respectent pas mais je ne vois pas une tentative d’invasion dans leur travail. » murmura Estelle d’un ton confus.

« Oh, ce n’était que… A ta description, les policiers ressemblent plutôt aux miliciens de mon monde. »

Il était rassuré. Ce monde était encore libre de l’influence de l’Ordre. Il prit alors son petit baluchon de toile et en examina rapidement le contenu. Ouf, il était encore là…

Constatant le regard intrigué de sa guide, il ajouta :

« Je te le montrerai plus tard si ça t’intéresse. »

Ils quittèrent les ruelles. Puis voulant profiter de ce bel après-midi, Estelle voulut l’emmener dans un lieu particulier.

Ils marchèrent pendant un quart d’heure, sans croiser de policiers, ce qui représentait une chance pour eux. Sa guide lui expliqua que le port d’armes était interdit en général sauf dans certains métiers comme dans la police ou l’armée. Yuri lui demanda alors comment ils faisaient sans armes pour se défendre en cas d’attaques de monstres mais l’étudiante lui révéla qu’il n’y avait rien de tel dans son monde et qu’il était plutôt en paix d’une manière générale à l’exception de quelques conflits localisés. Elle tenta également de lui inculper le respect du code de la route, le brun ne comprenant pas pourquoi il fallait attendre qu’un petit bonhomme vert s’allume pour pouvoir traverser une route alors qu’il n’y avait personne.

Ils pénétrèrent dans un parc, arrivant enfin à leur destination. A une vingtaine de mètres de l’entrée, un chemin de sable menait vers une construction plutôt différente de ce qu’avait vu Yuri dans ce monde jusqu’à présent. Elle était plutôt imposante, solide, avec d’immenses fenêtres colorées et  une atmosphère sereine et paisible semblait rayonner autour d’elle. Sur les murs étaient représentés en bas-reliefs de drôles de personnages ailés ou non avec un disque au-dessus de leur tête. Il y avait également des monstres avec une figure affreuse et des ailes de chauve-souris – Yuri trouva même une certaine ressemblance avec des créatures de son monde. Sur le toit, s’élevait notamment une tour surmontée d’une croix, brillante et étincelante à la lumière du jour. Le parc, avec ses jolis parterres de fleurs mauves et des arbres et arbustes régulièrement entretenus, ne faisait que rehausser l’ensemble qui offrait une jolie vue.

Pourtant, quand il observa cela, Yuri ne put s’empêcher de faire la grimace et même Repede se mit à grogner.

« C’est magnifique, n’est-ce pas ? » commenta Estelle sans s’apercevoir des réactions mitigées de ses compagnons.

« Hum, oui… enfin chacun ses goûts, j’imagine. » répondit Yuri en s’efforçant de dissimuler son ressenti. « Qu’est-ce que c’est ? »

« Une église. Mais pas n’importe quelle église. C’est là où on m’a trouvée. » dit Estelle avec un sourire.

« Trouvée ? »

« Oh, c’est vrai. Tu n’es pas au courant. Tu vois, mes parents ne sont pas mes parents biologiques. Ils m’ont adoptée à l’orphelinat. Hier, c’était l’anniversaire de mon jour d’adoption alors je voulais revenir ici, où on m’a abandonnée aux portes de cette église. »

Une lueur de compassion apparut dans le regard de Yuri.

« Je… Je comprends. J’ai aussi grandi dans un orphelinat. Je suis désolé d’avoir gâché ce jour important pour toi en débarquant à l’improviste. » dit le brun d’une voix sincère.

« Qu’est-ce qui s’est passé ? »

L’étranger de l’autre monde haussa les épaules.

« J’ai perdu mes parents quand j’étais jeune. Ne sois pas désolée. » ajouta-t-il en voyant la mine consternée de l’étudiante. « Je n’avais qu’un an quand ils sont partis alors je n’ai aucun souvenir d’eux. »

Il y eu un silence gêné pendant quelques minutes. Puis Yuri demanda, rompant la glace :

« Hum, c’est donc une église… A quoi ça sert ? »

« C’est un peu difficile à t’expliquer. Connais-tu le concept de religion ? »

En entendant ces paroles, le visage de Yuri se renfrogna davantage. Maintenant, il comprenait mieux d’où venait ce sentiment de malaise quand il avait aperçu l’édifice…

« Oh que oui… » murmura-t-il d’une voix sombre. « Je le connais que trop bien… »

Estelle, inconsciente du changement de l’humeur de Yuri, continua dans ses explications : 

« L’église est un lieu de recueillement et de prière. Elle est considérée comme la maison de Dieu, un endroit saint et sacré. On y récite des psaumes, des chants et… »

Pendant qu’elle parlait, ni elle, ni Yuri, ni même Repede ne remarquèrent une curieuse silhouette perchée sur le toit de l’Eglise, dissimulée par l’ombre du clocher, les scrutant depuis un petit moment déjà. Silhouette qui sembla se pencher davantage quand il perçut une certaine voix…

Soudain, Repede se mit à grogner.

« Repede ? Qu’il y a-t-il ? » interrogea son maître lorsqu’à son tour, il sentit le danger.

Yuri n’eut qu’une fraction de seconde pour dégainer son katana et pousser Estelle en arrière, l’interrompant au passage dans son récit et la faisant chuter par terre, quand un homme bondissant du toit où il se trouvait quelques instants plus tôt, tenta de l’attaquer avec deux lames en main. Le brun para de justesse le coup mortel. Un rire dément résonna devant l’église et une voix qu’il reconnut aisément s’exclama d’un air plus que ravi :

« Yuri Lowell ! Je t’ai enfin retrouvé ! Merci d’être resté en vie jusqu’à présent pour que je puisse te découper ! »

« C’est pas vrai ! » pesta Yuri, enragé. « De toutes les personnes que l’Ordre pouvait m’envoyer pour m’éliminer, pourquoi il a fallu que ce soit Zagi ? »

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L’écuyère

Elle était toujours si humble, si modeste, elle, dont l’âme demeurait la plus pure et la plus généreuse au sein de la troupe. Précédée par ses quatre chevaux portant une plume rose sur la tête, habillée de sa simple robe blanche aux motifs et aux paillettes dorés dénudant ses épaules et ses bras, d’une paire de bottines et d’une fleur de lys accrochée à ses cheveux, cravache à la main, l’écuyère était la première à faire son entrée en scène.

L’écuyère qu’on surnommait affectueusement Estelle mais peu, même parmi les membres du cirque, faisaient l’effort de se rappeler son véritable nom : Estellise Sidos Heurassein.

C’était d’ailleurs le dompteur qui lui avait donné son surnom et les autres l’avaient repris. Seul monsieur Loyal se donnait la peine de s’adresser à elle par son prénom complet sauf lors des représentations. Elle était la dernière arrivée dans la troupe, la plus récente recrue. Peut-être était-ce la raison pour laquelle elle était – et de loin – considérée comme la plus bienveillante parmi les membres de Brave Vesperia qui ne ressemblaient absolument pas à des enfants de chœur… Son intégration trouvait en grande partie sa cause dans l’insistance de la magicienne, la personne dont elle était la plus proche. Et pour comme pour monsieur Loyal et le dompteur, on ne faisait pas mystère de sa relation avec la magicienne dans le cirque… Nombre d’entre eux prenaient même plaisir à les taquiner plus ou moins subtilement, tels le dompteur ou la funambule-trapéziste.

Pendant que ses chevaux faisaient le tour de la piste en trottant, au rythme de la musique jouée par l’orchestre, le public observait le jeune âge – elle devait avoir dans les dix-huit ans –, les yeux verts mais surtout les cheveux roses de l’écuyère. Les gens pouvaient penser qu’elle les avait teints pour le spectacle, une simple illusion éphémère mais non, il s’agissait de sa couleur naturelle. Oh, ils n’avaient pas été toujours roses naturellement, ils étaient devenus ainsi lors de sa venue dans la troupe… En effet, comme monsieur Loyal, Estelle avait joui d’une ancienne existence humaine avant d’obtenir le rôle de l’écuyère… D’ailleurs, son arrivée fut l’une des plus controversées : monsieur Loyal était des plus réservés, ne voulant pas la soumettre à la Loi du cirque et le Maître du cirque ne trancha en sa faveur qu’après une longue hésitation et surtout, à cause de la volonté farouche de la magicienne… Cependant, au final, elle devint appréciée de tous qui la considéraient comme une petite sœur qu’on devait protéger, étant la dernière venue dans Brave Vesperia. Sauf bien sûr, pour la magicienne qui la regardait d’une façon un peu différente…

Là, on la voyait sur la piste, guidant ses quatre chevaux avec sa cravache mais hors représentation, il était possible d’apercevoir Estelle en train d’aider à coller les affiches du cirque ou de distribuer des billets gratuits dans les rues de la ville aux plus défavorisés avec la magicienne ou, encore, dévalant les gradins pour donner des sucreries qu’elle offrait à tout le monde avec un visage à la fois souriant et soucieux juste avant le spectacle… Comme monsieur Loyal, l’écuyère constituait un appât de choix et savait attirer l’attention des gens, émouvant généralement par son innocence, les vieilles dévotes ou les pervers manipulateurs, ces derniers ayant de bonnes chances de provoquer les foudres ou plutôt les boules de feu de sa protectrice attitrée... Comme monsieur Loyal, l’écuyère, de par sa nature douce et gentille, désapprouvait les autres activités du cirque une fois l’entrée du chapiteau bloquée définitivement pour certains… Elle était celle qui se rendait le moins souvent dans la Galerie des Monstres mais elle était celle qui était la plus encline à la compassion… Toutefois, contrairement à Flynn dont les responsabilités étaient plus grandes, Estelle avait un rôle moins ingrat : elle accordait un dernier délai aux coupables, un ultime avertissement pour qu’ils puissent réfléchir au changement et elle plaidait toujours leur cause en recherchant une bonne action qui pouvait justifier leur expulsion hors du cirque…

Il était d’ailleurs temps de donner l’avertissement qui constituait le clou de son numéro… Après avoir fait exécuter une marche forcée au rythme des percussions de l’orchestre puis obliger ses chevaux à se cabrer sur leurs pattes arrières, l’écuyère adressa un signe de la main à monsieur Loyal qui annonça alors :

« Attention mesdames, mesdemoiselles, messieurs, je demande le silence et votre entière attention sur ce qui va suivre. Puissent vos regards voir au-delà du simple tour que vous allez observer… Vous avez encore le temps… »

Les lumières sur la piste changèrent et seule la caisse claire résonna dans le chapiteau. Les spectateurs retinrent leur souffle. Estelle ordonna alors le galop à ses quatre chevaux qui se mirent à courir si vite que le public en distinguait à peine leur silhouette. Ceux des premiers rangs étaient même soufflés par les courants que provoquait le galop des chevaux. Un claquement de cravache retentit et la course des animaux commença à ralentir. Au moment où les équidés redevinrent visibles pour leurs yeux, les gens poussèrent des exclamations de stupeur ou d’émerveillement : les chevaux qui possédaient auparavant une robe alezane, s’étaient parés chacun d’une nouvelle couleur. L’un était devenu blanc comme neige, un autre s’était coloré d’un rouge sang, le troisième s’était teint en noir et le quatrième s’était paré d’une nuance pâle sinistre assez difficile à différencier précisément. Second claquement de cravache d’Estelle et les chevaux stoppèrent net leur marche. Dans le même temps, Flynn récita à voix haute et claire la phrase suivante :

« Le pouvoir leur fut donné sur le quart de la terre, pour faire périr les hommes par l'épée, par la famine, par la mortalité, et par les bêtes sauvages de la terre. » [1]

L’avertissement avait été donné… Peu parmi les injustes en comprendraient le véritable sens mais tous avaient dû confusément sentir le message… Certains, parmi les membres de la troupe, monsieur Loyal y compris, se demandaient pourquoi adresser un avertissement si empreint de connotations bibliques alors qu’aucun d’entre eux ne croyaient en une quelconque religion, à l’exception de l’écuyère peut-être, mais le Maître du cirque avait été catégorique sur ce point : peu importe que les coupables soient des croyants ou des athées, l’essentiel était qu’ils ressentent instinctivement l’avertissement les poussant une dernière fois à une réflexion sur leurs comportements. Après, libre à eux de le prendre au sérieux ou de l’ignorer, la différence se ferait entre ceux qui sortiraient du chapiteau et ceux qui y resteraient irrévocablement…

Pendant que les spectateurs applaudissaient à tout rompre devant ce qu’ils pensaient être un habile tour de passe-passe, les quatre chevaux de l’écuyère s’approchaient de leur maîtresse qui les récompensa d’un morceau de sucre. Scène qui aurait été considérée comme surprenante si on avait su que malgré son caractère bienveillant, Estelle ne disposait d’aucune affinité avec les animaux… Sans exception, ils l’ignoraient superbement en dépit de tous les efforts qu’elle faisait pour se faire apprécier. S’il fallait un exemple, il n’y avait juste qu’à examiner le comportement du chien savant avec elle quoique dans son cas, il avait toujours été hautain et indifférent à la plupart des gens à quelques exceptions près.

L’orchestre reprenait un air plus commun et l’écuyère exécuta les derniers tours de son numéro. Lorsque la musique s’acheva, les chevaux firent une révérence et Estelle salua tout le monde avec un sourire pendant qu’elle recevait des applaudissements.

« Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, Estelle, l’écuyère ! »

En entendant les mots de monsieur Loyal, une nouvelle salve d’applaudissements retentit, plus forte que la précédente pendant qu’Estelle renvoyait ses chevaux dans les coulisses avant de saluer une dernière fois le public. Adieu à celle qui incarnait l’innocence de la troupe, adieu aux malheureux inconscients qui finiraient dans la Galerie des Monstres ! Cependant, au moment où elle s’apprêtait à quitter la piste…

« Estelle ! Un petit câlin pour le vieux Raven qui est manque d’amour ! » s’exclama soudain avec une voix exagérée un homme à l’apparence de clown qui avait surgi par surprise par l’entrée des artistes et qui était désormais en train de serrer l’écuyère dans ses bras.

Un deuxième clown, qui devait être un jeune garçon, accourut derrière le premier, l’air paniqué.

« Raven, arrête ça tout de suite ! Sinon Tu-Sais-Qui va… » dit-il d’un ton affolé mais il fut rapidement interrompu.

« Ah là là ! Quand le grand Raven connaîtra-t-il l’amour ? » demanda dramatiquement le premier clown à son public en lâchant l’écuyère qui en profita pour s’éclipser prestement dans les coulisses.

Témoin de la scène, monsieur Loyal ne put s’empêcher de pousser un soupir. Si l’Auguste cherchait la souffrance, il venait de s’offrir comme punching-ball pour une longue période indéterminée à la magicienne vu ce qu’il venait de faire à l’écuyère. Il fallait juste espérer que la magicienne ne mette pas le feu au chapiteau comme la dernière fois… Faire disparaître les dégâts et convaincre les autochtones qu’il s’agissait d’un simple accident avaient été un travail éprouvant pour lui… Surtout qu’elle n’était point du genre à faire dans la dentelle…

Il était toutefois temps pour Flynn de reprendre son rôle de maître de cérémonie.

« Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, je vous présente notre Auguste accompagné de son clown blanc : Raven et Karol ! »

S’ils pouvaient terminer leur numéro avant que la magicienne n’explose de fureur, ce serait bien pour tous…


[1] Allusion aux chevaux des quatre Cavaliers de l’Apocalypse de la Bible. La phrase récitée par Flynn est le passage se référant à ces quatre Cavaliers. Petit rappel :

-Cheval blanc – Conquête

-Cheval rouge – Guerre (dans le sens guerre civile)

-Cheval noir – Famine

-Cheval pâle d’une couleur sinistre indéterminée (traditionnellement vert) - Mort

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Playlist :

Moi Dix Mois - Ange

Moi Dix Mois - Gloire dans le silence


Monsieur Loyal

Il était toujours tiré à quatre épingles avec élégance. Haut-de-forme, nœud papillon, veste en queue-de-pie, souliers vernis, monsieur Loyal travaillait toujours avec acharnement, toujours le premier à entrer dans son rôle et à commencer son numéro même si ce n’était pas exactement comme les autres artistes. Avant que la représentation ne commence, monsieur Loyal invitait et accueillait les spectateurs.

D’ailleurs, monsieur Loyal du cirque Brave Vesperia ne ressemblait pas du tout à ceux des autres cirques…

Son haut-de-forme, sa veste en queue-de-pie sans épaulettes dorées, ses souliers vernis étaient d’un blanc immaculé. Son pantalon, plutôt moulant au lieu d’être bouffant, était également blanc, comme ses gants. Seul le ruban entourant son haut-de-forme, son nœud papillon et les brandebourgs de sa veste étaient d’une couleur bleu azur qui mettait en valeur son regard.

Les plus observateurs constataient qu’il était bien jeune pour occuper la fonction de monsieur Loyal, ils ne s’attendaient pas à un maître de cérémonie de vingt et un ans… Il semblait si inexpérimenté du monde et de la société, si innocent avec ses courts cheveux blonds d’or, ses yeux saphir qui semblaient refléter une telle candeur ou ses sourires bienveillants et chaleureux qu’il adressait au public. Inconscient de son pouvoir de séduction sur les femmes, comme le soulignaient les membres masculins de la troupe, son charisme, sa voix légère et posée au parler poli, ses traits fins, charmants et agréables attiraient inexorablement le regard de tous, hommes, femmes ou enfants. Il ressemblait tellement à un ange qui se serait égaré dans le monde du cirque…

Oh oui, pour ces spectateurs, il n’y avait pas de meilleur appât que monsieur Loyal dont le nom civil était Flynn Scifo même si on tendait à l’oublier…

Pourtant, ce serait faire injure à sa tâche si on réduisait celle-ci qu’à présenter et annoncer les numéros des artistes du cirque. Dès que la troupe arrivait à un endroit qui lui plaisait, c’était Flynn, en tant que monsieur Loyal, qui avait la responsabilité de négocier avec les autochtones : obtention d’un lieu assez vaste où les chevaux auraient de l’herbe à croquer, sommes à verser pour la location du terrain, la consommation d’eau et d’électricité entre autres. Il devait s’assurer de la publicité en attribuant le collage des affiches à quelques-uns de ses pairs, gérer les finances et le budget du cirque, assurer le planning entre les répétitions des membres, les représentations données et l’ouverture de la Galerie des Monstres. Il participait rarement aux corvées, même s’il appréciait ces moments conviviaux : s’il était accueilli les bras ouverts pour tout ce qui touchait au rangement et au nettoyage, sa contribution à la cuisine et aux repas était plus controversée, même si personne n’avait osé lui dire tout haut ce qu’ils pensaient tout bas… Flynn était le membre le plus occupé de la troupe, passant souvent son temps dans sa roulotte – la plus spacieuse du cirque – à s’occuper de ses divers travaux ingrats. Tel était le rôle de celui qu’on considérait comme le chef de la troupe de Brave Vesperia… du moins officiellement…

Car officieusement… monsieur Loyal n’était pas le véritable maître du cirque, en dépit des immenses privilèges dont il bénéficiait… Toutefois, son autorité demeurait grande, étant le second après le Maître du cirque dans la hiérarchie et on pouvait le considérer comme celui qui régnait dans le cirque à la lumière du soleil…

Son intégration dans le cirque était d’ailleurs l’une des plus récentes. Seule l’écuyère, leur dernière recrue, pouvait affirmer être arrivée après lui. Il avait toutefois fois su se faire adopter rapidement par les autres membres, surtout par le dompteur avec qui il se disputait aussi fréquemment qu’ils se réconciliaient, tel un vieux couple. Le public l’ignorait mais dans le cirque, tout le monde savait que le cœur de monsieur Loyal était dominé inconditionnellement et sans partage par le dompteur… Et qu’il ne fallait, en aucun cas, poser ne serait-ce un doigt sur lui sous peine des pires représailles… Certains l’avaient appris à leurs dépens et étaient toujours en train d’expier ce crime dans la Galerie des Monstres…

Le rôle de Flynn était d’accueillir, en tant que monsieur Loyal, les nombreux spectateurs dès l’entrée du chapiteau, dont certains infortunés – que le Seigneur ait pitié de leur âme s’il existe – n’en ressortiraient jamais vivants… Ou du moins, pas avant de subir des séquelles irréversibles… A chaque représentation, il disposait de la charge d’ouvrir l’entrée du chapiteau à tous et de la fermer définitivement aux injustes, ne montrant la sortie qu’aux innocents… Flynn n’aimait pas toujours ce que lui et les autres membres faisaient aux coupables bien qu’il respectait la Loi implicite mais inflexible du cirque… Le dompteur lui répétait souvent que c’était certainement la conséquence d’avoir eu un cœur déterminé trop noble lors de son ancienne existence humaine avant de tenter de l’encourager à reprendre sa tâche… Certes, Flynn n’aimait pas ce côté de son véritable rôle mais comme toujours, le dompteur savait mieux que quiconque comment le faire fléchir…

Cependant, pour l’heure, tous les invités avaient pénétrés dans le chapiteau. Flynn tira sur les ficelles, lâchant les pans qui permettaient la fermeture de l’entrée. Il s’avançait au centre de la piste, sous la musique de l’orchestre positionné juste au-dessus de l’entrée des coulisses, étrange orchestre dont on n’apercevait que les silhouettes filiformes à peine humanoïdes, aux yeux luisants farouchement dans la pénombre grandissante… Pendant que les lumières côté spectateurs commençaient à s’éteindre, sous les feux des projecteurs, Flynn adressa au public un visage bienveillant et un sourire accueillant. Ses yeux bleu azur si candides firent frémir les demoiselles n’ayant pas encore quitté les illusions et les espérances du jeune âge.

« Bienvenue au cirque de Brave Vesperia ! J’espère que vous êtes installés confortablement à vos places pour profiter du spectacle ! Nous vous souhaitons un agréable séjour parmi nous pendant que vous profitez de nos numéros ! »

Flynn rappela ensuite les mesures de sécurité :

« Il est interdit de courir dans les escaliers ou de s’y asseoir. Il est déconseillé de se lever pendant le spectacle car vous gênerez la vue à d’autres. Oh et je ne pense pas que vous pourrez quitter le cirque en plein milieu d’un tour de nos artistes… Ce serait insulter leur dur labeur et les entraînements auxquels ils se sont soumis… »

Il ne laissa pas aux spectateurs le temps de réagir à ses derniers propos… Poursuivant avec un sourire, il annonça :

« Mais tout de suite, sans plus attendre, je vous présente Estelle, notre écuyère ! »

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Titre : Brave Vesperia Circus

Auteur : Eliandre

Beta : Kaleiya Hitsumei

Rating : T pour le début mais risque fort de se finir en M

Disclaimer : Les personnages de Tales of Vesperia ne sont toujours pas ma propriété car sinon, la version PS3 du jeu serait sortie hors du Japon. Yaoi et Yuri évoqués.

Note : Cette série d’OS m’a été inspirée suite à une discussion avec Kaleiya sur certaines idées particulières concernant une connaissance commune... Me rappelant divers jeux et histoires où le cirque était un lieu louche, cela a donné naissance à… ça…

Note de Kal : Ah… Cette fameuse discussion des plus enrichissantes… Dommage que certaines idées n’aient pas pu être mises en pratique car je suis à présent persuadée que cela t’aurait bien servi.


L’entrée au cirque

« Bienvenue au cirque de Brave Vesperia ! Entrez, venez vite, entrez ! La troupe de Brave Vesperia saura vous accueillir comme il se doit ! »

Les jolies affiches attrayantes collées aux murs de la ville avaient fait leur œuvre. Quelques membres avaient également parcouru les rues en distribuant des billets gratuits pour les plus défavorisés, renforçant leurs invitations à venir. Résultat ? Une foule brillante se pressait devant l’entrée du chapiteau pour la première représentation. Il y avait de tout : enfants candides ou adultes dans l’expectative, ouvrier habillé de sa pauvre chemise de lin déchirée ou dame de la haute société parée de bijoux et de vêtements de velours, jeunes insouciants qui bavardaient gaiement ou personnes mûres qui observaient d’un air désapprobateur ou sévère. Des riches, des pauvres, des profiteurs ou des exploités, des gens honnêtes ou des escrocs, des cœurs innocents ou coupables. Peu importe, la troupe de Brave Vesperia était prête à accueillir tout le monde…

« Vous ne serez pas déçus du spectacle et verrez des numéros comme vous n’en avez jamais vu ! »

La musique de l’orchestre et les bannières flamboyantes attiraient les spectateurs à l’intérieur du chapiteau comme des papillons de nuit incapables de résister à la lumière… Chapiteau qui était assez étrange d’ailleurs. Il ne possédait pas les traditionnelles couleurs rouges, jaunes ou blanches de tout chapiteau de cirque mais il avait plutôt des nuances sombres avec du noir, du bleu nuit ou du violet où s’intercalaient des touches de blanc pur. L’intérieur semblait, lui, animé d’une étrange magie où son dôme ressemblait à un ciel obscur de la nuit parsemé d’étoiles brillantes et emplies d’espoir… En attendant que la foule nombreuse arrive et s’installe, des sucreries étaient distribuées, données peut-être un peu trop allègrement à ces inconscients…

« Il y en a pour toutes les bourses et pour tous les prix ! »

Pendant que les artistes se préparaient pour la représentation et leurs numéros, un membre était déjà à l’ouvrage devant l’entrée du chapiteau, sous les lueurs du cirque, aimantant les regards des spectateurs et les faisant patienter jusqu’à ce que la dernière personne s’installe à sa place. Habillé impeccablement, avec des gestes maniérés et polis, monsieur Loyal sait jouer de son charisme pour réaliser son travail.

« Entrez et installez-vous confortablement pendant que… »

« Monsieur, monsieur ! S’il vous plaît, monsieur ! »

Une petite voix se fit entendre. La voix d’un garçon pauvre qui devait avoir environ douze ans et qui regardait monsieur Loyal avec une mine triste mais dans le même temps, avec un regard d’espoir. Monsieur Loyal se tourna alors vers celui qui l’avait interrompu.

« Oui, qu’il y a-t-il jeune homme ? » dit-il en souriant.

« Il parait que vous avez distribué des billets gratuits à mes amis… mais je n’étais pas là ce jour-là. C’est peut-être trop tard mais… pourriez-vous me donner un billet gratuit ? C’est mon rêve de voir le cirque mais… je n’ai pas les moyens de m’acheter un billet. » acheva le garçon d’une voix dépitée.

Monsieur Loyal considéra l’enfant un instant puis lui demanda :

« Jeune homme, as-tu été un garçon sage ? As-tu toujours écouté tes parents ? »

« Oui, je fais toujours ce que mes parents me disent de faire. Je les aide à gagner de l’argent pour faire vivre mes jeunes frères et sœurs. C’est d’ailleurs pour ça que je n’étais pas là le jour où vous avez donné des billets gratuits. »

« C’est bien. Tu es un brave garçon. » opina monsieur Loyal en regardant rapidement autour de lui.

Puis voyant des gens qui ne prêtaient guère attention à ce garçon, trop préoccupés à entrer rapidement et à prendre leur place, monsieur Loyal se baissa à la hauteur de l’enfant et fouilla prestement dans sa poche pour en ressortir un billet gratuit.

« Tiens, prends-le. Tu l’as bien mérité. Je ne pense pas qu’il t’arrivera malheur ce soir. N’abuse pas trop des sucreries. Elles sont délicieuses mais une consommation excessive peut entraîner de malheureuses conséquences… »

« Monsieur ? » fit l’enfant en le regardant sans comprendre.

Mais pour toute réponse, monsieur Loyal lui adressa le plus énigmatique des sourires…

Lorsque l’enfant partit en courant à l’intérieur du chapiteau, monsieur Loyal réajusta son haut-de-forme et ses gants, s’éclaircit une nouvelle fois la gorge avant de reprendre son travail :

« Bienvenue au cirque de Brave Vesperia ! Entrez, entrez vite… Oh, mais n’entrez… que si vous n’avez rien à vous reprocher… »

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Titre : The Curse of Twilight

Auteur : Eliandre

Beta : Kaleiya Hitsumei

Rating : T mais fort susceptible de grimper par la suite

Disclaimer : Non, les personnages de Tales of Vesperia ne sont pas ma propriété. Présence de Yaoi donc homophobes s’abstenir.

Note : Cette histoire s’inspire du film Ladyhawke, la Femme de la Nuit sorti en 1985 pour certains éléments.


Prologue

« Flynn, l’ennemi arrive de partout ! Je ne tiendrai plus très longtemps ! »

La voix provenait d’une jeune femme à la longue chevelure bleuté. Sa silhouette attrayante, ses vêtements un peu trop révélateurs, ses oreilles pointues la révélaient comme une Krytienne. Elle s’adressait à un jeune homme aux cheveux blonds dont les yeux bleu azur étaient concentrés sur une arcade de pierres étincelante d’une lumière dorée éblouissante mais dont l’intensité diminuait progressivement à chaque seconde qui passait.

Ils étaient tous les deux dans une étrange pièce qui évoquait quelque temple ancien partiellement en ruine, éclairée par des torches embrasées accrochées aux murs. Une gigantesque porte en bois épais qui constituait l’entrée principale de cette pièce avait été barricadée pour tenter de retarder les assaillants de l’extérieur dont les martèlements, au début vains, commençaient à porter leurs fruits.

« J’ai presque fini de refermer ce Portail, Judith ! » répondit le dénommé Flynn. « Combien de temps peux-tu encore me garantir ? »

« Cinq minutes tout au plus, j’en ai peur. » dit la Krytienne d’une voix calme malgré la situation périlleuse où ils se trouvaient. « Ils sont en train d’essayer d’enfoncer la porte. Karol a commencé à préparer notre retraite mais… »

« Alors vas-y. Je te rejoindrai dès que j’en aurai terminé. »

« Non. » répliqua fermement Judith. « Si je fais ça, tu sais parfaitement qu’il va m’en vouloir. »

Son interlocuteur ne put s’empêcher de laisser échapper un soupir exaspéré.

« Un jour, il faudrait qu’il cesse de me traiter comme une demoiselle en détresse. » grogna Flynn avec un agacement prononcé. « Dis-lui ça de ma part la prochaine fois que tu le verras. »

Les lèvres de Judith esquissèrent un sourire amusé en entendant ces paroles.

« Très bien. Je transmettrai le message. »

Au même moment, la lumière de l’arcade de pierre s’estompa avant de disparaître. Voyant qu’il avait achevé la fermeture du Portail, le blond ramassa son épée avant de rejoindre son amie vers l’arrière de la pièce. Il jeta un dernier regard vers l’arche auparavant lumineuse.

Yuri, tout repose sur toi désormais…

« Dépêchons-nous ! » lança Judith. « Je ne veux pas rester là quand l’Ordre débarquera. »

Les deux compagnons se glissèrent ensuite vers une porte dérobée qui les menait vers les jardins, laissés à l’abandon. A la lueur argentée de la lune, ils apercevaient des pierres délabrées, un vieux puits à la poulie disloquée, les herbes folles qui poussaient mais surtout la silhouette d’un jeune garçon qui les attendait avec un gros marteau de guerre à la main.

« Qu’est-ce qui s’est passé ? » reprocha le nouveau venu avec néanmoins une certaine inquiétude. « Vous en avez mis du temps ! Tous les autres sont partis ! Il ne restait plus que vous deux ! »

« Navré Karol. Les préparatifs étaient plus longs que prévus » s’excusa Flynn.

« Bon, maintenant filons avant qu’on nous… » commença Judith mais un cri jaillissant derrière elle brisa son espoir de quitter les lieux incognito.

« Ils sont en train de s’enfuir par l’arrière ! » hurla une voix.

Déjà, des pas précipités se dirigeaient vers eux, devenant de plus en plus sonores à chaque instant. Sur cet endroit dégagé où rayonnait la pleine lune, ils n’avaient aucun moyen de se cacher. Leurs ennemis ne tarderaient pas à les rattraper.

« Nous sommes piégés ! » s’affola Karol.

« Non. » rétorqua fermement Flynn. « Vous deux, fuyez ! Je vais essayer de gagner du temps. »

« C’est de la folie, Flynn ! » protesta le jeune garçon. « Yuri n’aurait jamais voulu que… »

« Nous n’avons plus le choix ! » asséna le blond en l’interrompant. « Si Judith et toi vous vous faites attrapés ou tués maintenant, Brave Vesperia n’existera plus ! Et je suis celui qui a le plus de chances d’en sortir vivant ! Je couvrirai donc votre fuite. »

« Tu es sûr de ton choix ? » s’enquit celle à la chevelure bleutée. « Tu te rends compte de ce que ça va impliquer ? »

Le jeune homme la fixa alors d’un air sérieux et sombre à la fois.

« J’en suis conscient. C’est pour ça que je te fais confiance pour la suite. »

Judith ferma les yeux avec une expression résignée. Son ami avait fait son choix et elle savait que c’était peine perdu de lui faire changer d’avis.

« Très bien. Mais il ne sera pas du tout ravi quand il apprendra ça ! Je te conseille de te préparer à lui présenter les futures explications que tu pourras éventuellement lui fournir. »

« Je sais. Partez maintenant. »

Judith et Karol prirent la poudre d’escampette, bien que le garçon semblait traîner un peu, refusant absolument l’idée de laisser Flynn derrière eux. Leurs silhouettes devinrent de plus en plus minuscules jusqu’à disparaître complètement du champ de vision du blond. Celui-ci leva ses yeux bleus vers le ciel obscur, contemplant l’astre nocturne et la multitude d’étoiles.

« L’aube est encore si lointaine… » murmura-t-il pour lui-même.

Les piétinements se rapprochaient. Il distinguait à présent l’ombre de ses ennemis, l’éclat de leurs armes miroitant sous la lumière lunaire. On l’avait bien sûr repéré car on se mit bientôt à l’encercler prudemment, lui bloquant toute échappatoire. Il ne bougea pas. Il savait que c’était inutile. De plus, son but n’était pas de se sauver.

Son but était de sauver Judith et Karol.

Comme il s’y attendait, quelques remous secouèrent la petite troupe qui s’écarta pour laisser passer leur chef, un homme que Flynn n’eut nul besoin de dévisager pour le reconnaître. Sa voix s’éleva pour se moquer ouvertement de son adversaire piégé.

« Tiens donc, voilà un visage qui m’est étrangement familier… N’est-ce pas ce cher Flynn Scifo ? »

« Cumore… » répliqua froidement le blond.

« Tu ne manques pas d’audace pour oser profaner les lieux sacrés de l’Ordre en compagnie de rebelles, sale traître ! S’il ne tenait qu’à moi, j’aurais déjà appliqué la sentence que tu mérites pour ta trahison envers l’Ordre ! »

« Capitaine ! » intervint un subordonné. « Nous avons des ordres spéciaux concernant le dénommé Flynn Scifo ! Il doit être pris vivant ! Le Cardinal Garista… »

« Je sais. » coupa Cumore. « Très bien, j’espère que le Cardinal Garista ne m’en voudra pas si on ne lui livre pas ce traître dans un état… de première fraîcheur. Après tout, tant qu’il est en vie, le reste n’a pas d’importance, n’est-ce pas ? »

Désignant Flynn du doigt, il ordonna :

« Saisissez-vous de cette misérable vermine ! »

Devant ce brusque commandement, les hommes hésitèrent et marquèrent un temps d’arrêt ce qui fut suffisant pour permettre à Flynn de tirer son épée du fourreau.

« Navré mais je ne peux pas me permettre de vous laisser me prendre aussi facilement. »

--§--

Malgré la course épuisante qu’ils avaient effectuée pour s’enfuir, Judith et Karol parvinrent péniblement à escalader le rempart ébréché. Arrivés au sommet et voyant qu’ils n’étaient pas poursuivis par l’Ordre, ils s’accordèrent une courte pause pour souffler un peu.

Soudain, ils perçurent le choc de lames qui se croisaient violemment. Flynn devait être en train de combattre leurs ennemis et s’efforcer de leur gagner du temps.

« Dis Judith, Flynn va s’en sortir ? » interrogea Karol.

La Krytienne le contempla avec une mine sinistre et grave.

« Il s’est sacrifié pour nous sauver. Il a beau être un bretteur de talent, je doute qu’il arrive à s’en sortir face à une horde aussi nombreuse de Chevaliers de l’Ordre. »

Karol se mordit les lèvres en entendant ces propos délivrés d’une manière implacable.

« Ils… Ils vont le tuer ? » murmura-t-il d’un ton à peine perceptible.

« Ils vont se contenter de le capturer mais parfois, je me dis que ce serait préférable… » répondit la jeune femme d’une voix sinistre.

« Judith ! » protesta son compagnon.

« Entre la mort ou la torture, mon choix est fait et je pense que Flynn aurait effectué le même choix que moi. »

Un silence s’installa brièvement entre eux.

« Qu’est-ce qu’on va faire maintenant ? » demanda Karol après un moment. « Yuri va être fou de rage lorsqu’il reviendra et qu’il apprendra que nous avons abandonné Flynn dans les mains de l’Ordre. Si seulement Raven aurait pu être là… »

« Pour le moment, on ne peut plus rien faire pour Flynn. Fuyons maintenant et retournons dans nos quartiers sinon son sacrifice aura été en vain. Nous trouverons peut-être plus tard un moyen de le sauver. Il faut désormais espérer que Yuri réussisse sa mission… »

--§--

« Estelle, la nuit est déjà tombée. Je te remercie pour ton aide mais tarde pas trop à rentrer chez toi. Tes parents risquent de s’inquiéter inutilement. Et puis, tu fêtes ton anniversaire. Ce serait dommage d’être en retard aujourd’hui. »

« Très bien, je vais y aller. Bonne soirée monsieur Jones. »

La dénommée Estelle Swan rangea donc ses affaires, prit son sac avant de quitter la librairie où elle travaillait afin de payer ses études de littérature. C’était une jeune femme aux jolis yeux verts et aux cheveux blond licorne, dotée d’un tempérament généreux et curieux. [1] Elle avait une énorme passion pour les livres, surtout pour les romans d’aventures, fait qui expliquait le choix de son cursus universitaire et son petit boulot à la librairie.

Pour l’heure, elle avait hâte de rentrer chez elle. Elle allait pouvoir fêter ses dix-huit ans avec ses parents. Plus exactement, elle allait célébrer le dix-huitième anniversaire de son adoption avec ceux qui l’avaient élevée comme leur propre fille. Ses origines et les circonstances de sa naissance restaient un mystère. Un prêtre et deux bonnes sœurs l’avaient trouvée abandonnée dans un berceau aux portes d’une église. Un orphelinat avait ensuite pris en charge la petite fille jusqu’à son adoption par le couple Swan avec qui elle avait grandi, entourée de leur amour et de leur affection.

Estelle était donc parfaitement heureuse de la vie qu’elle menait. Elle avait des parents et des amis qu’elle aimait, un petit boulot qu’elle appréciait et elle souhaitait travailler comme bibliothécaire en espérant un jour être un écrivain capable de vivre de la vente de ses livres.

Comme monsieur Jones le propriétaire de la librairie lui avait fait remarquer, la nuit était déjà tombée avec l’obscurité qui régnait. Les lampadaires étaient allumés dans les rues principales et quelques voitures roulaient encore avec leurs phares éclairant violemment la route. Estelle examina sa montre : il était trop tard pour prendre son bus, elle venait de le rater. Par contre, elle connaissait un raccourci qu’elle prenait souvent avec ses amis à travers les ruelles étroites de la ville. Seulement, si les emprunter de jour présentait peu de risques, y aller la nuit, seule de surcroit, était plus dangereux. Qui savait quelle sorte de gens il pouvait y avoir ?

Estelle hésita un moment mais si elle attendait le prochain bus, elle serait indubitablement en retard chez elle car il n’arrivait que dans une demi-heure. En revanche, si elle prenait le raccourci, il ne lui faudrait qu’un peu plus de dix minutes pour parvenir à la maison. Au final, elle se décida pour le raccourci, estimant qu’en dix minutes, la probabilité de faire des mauvaises rencontres était faible. Et puis si elle tardait trop, ses parents risquaient de s’inquiéter et elle voulait les tranquilliser au plus vite.

Elle s’aventura donc dans ces ruelles à l’odeur nauséabonde, jonchées de poubelles et de sacs plastiques. Il y avait peu de lumière ici mais la jeune femme y voyait assez pour poursuivre son chemin, en marchant aussi rapidement que possible. L’enfilement de ruelles était désert, ce qui la rassura et elle n’entendait aucun autre bruit que le son de ses propres pas et de sa propre respiration.

Soudain, en passant trop vite près d’une poubelle, elle fit tomber le couvercle métallique de celle-ci dans un fracas assourdissant qui résonna dans la ruelle. Estelle stoppa sa marche, se figea un moment, guetta le moindre son avant de constater qu’elle était bien seule et qu’il ne s’agissait que d’un couvercle de poubelle.

Elle était sur le point de poursuivre sa route quand tout à coup, elle aperçut, surgissant de nulle part un chien. Ce dernier était curieux d’ailleurs, elle n’en avait jamais vu de semblable avec sa cicatrice à l’œil gauche, son pelage blanc et bleu et surtout, il était étrangement équipé avec cette ceinture qui enserrait son corps et cette longue pipe qu’il tenait dans sa gueule. Estelle le dévisagea longuement en silence, se demandant si son imagination ne lui jouait pas des tours à force de lire des romans d’aventures fantastiques.

Et puis ce fut là qu’elle l’aperçut pour la première fois, derrière l’étrange chien…

Un loup noir, énorme, la fixait de ses yeux dorés avec une expression féroce. Il avançait vers elle, queue dressée dans une posture menaçante. Estelle fut pétrifiée à sa vue. Elle n’osait croire que l’animal était réel mais le grognement qu’il émit la dissuada d’un hypothétique rêve qu’elle faisait. Pendant un moment, la jeune femme était tellement paralysée de terreur qu’elle n’osa esquisser un mouvement, de peur que le moindre geste déclenche immédiatement l’attaque du loup.

Cependant, lorsque l’animal s’approcha plus près d’elle, il s’effondra brutalement en poussant un gémissement. Estelle put alors constater que l’épaisse fourrure de la bête était ensanglantée et qu’il avait une plaie béante qui lui traversait le ventre.

Le loup noir était blessé…

--§--

Le Cardinal Garista Luodor avançait dans un dédale de couloirs avec une expression neutre. Chaque Chevalier de l’Ordre inclinait la tête avec déférence à son passage mais il ne leur prêta guère attention. Il se dirigeait vers les appartements privés de son supérieur, le chef suprême de l’Ordre. Deux gardes étaient postés devant l’entrée mais il se fit reconnaître et réclama une audience malgré l’heure tardive. On le fit attendre dans l’antichambre pendant quelques minutes, le temps de prévenir l’occupant des lieux avant de le laisser entrer. Fort heureusement, il n’était pas en train de dormir.

Dès qu’il pénétra dans la chambre, le Cardinal eut à peine le temps de s’agenouiller que son supérieur lui demanda immédiatement, sans s’embarrasser des salutations d’usage :

« Alors ? »

« Je suis venu vous faire mon rapport sans attendre comme vous me l’avez demandé. La mauvaise nouvelle est que les rebelles de Brave Vesperia ont réussi à s’échapper. Et ils ont réussi à l’envoyer à travers le Portail. J’ai néanmoins pris des mesures rapides pour le contrer. Son traqueur « préféré » est déjà sur ses traces. »

« Je vois. Ils essaient de réaliser la Prophétie… Sinon, y a-t-il une bonne nouvelle ? »

Un sourire amusé apparut sur les lèvres du Cardinal.

« Votre oiseau préféré est actuellement en cage. Je vous l’enverrai dès demain matin. »

« Tu as réussi à l’attraper ? » s’étonna son interlocuteur. « Il a toujours été si récalcitrant… »

« Il a effectivement posé quelques difficultés mais nous avons fini par l’avoir. »

« Très bien. Il faudra aussi s’occuper de ces rebelles de Brave Vesperia, les écraser tout de suite avant qu’ils n’envisagent d’autres actions plus problématiques. Je veux que tu te charges d’eux, Garista. »

« Il en sera fait selon votre volonté. » dit le Cardinal en inclinant la tête.

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« Papa, maman, je suis désolée de mon retard. » s’excusa Estelle. « J’ai terminé mon travail tard et ensuite… »

« Ce n’est rien Estelle. » la rassura son père. « L’essentiel est que tu n’as rien. »

« Nous commencions à être inquiets. » dit sa mère.

« Je suis désolée. » répéta la jeune femme. « Mais quand je l’ai vu blessé, son regard était tellement implorant que je ne pouvais pas l’abandonner. »

Elle ne savait pas comment ni vraiment pourquoi mais elle avait fini par ramener le loup chez elle. Il était plutôt lourd mais l’étrange chien au pelage bleu et blanc, bien que récalcitrant au début, l’avait finalement aidée du mieux qu’il le pouvait en poussant l’animal blessé pendant qu’elle le traînait difficilement jusqu’à sa maison. Ses parents s’interrogeaient s’il ne valait pas mieux appeler un vétérinaire tout en se demandant comment un loup aussi énorme pouvait se trouver en ville, sans compter son étrange compagnon canin qui le suivait comme son ombre.

S’occuper d’un animal aussi sauvage qu’un loup était dangereux. Toutefois, à cause de l’impressionnante blessure de son ventre, la famille Swan avait installé la bête sur un canapé mais le couple hésitait sur la marche à suivre. Pendant ce temps, Estelle avait sorti des bandages mais ses parents lui interdirent de s’approcher, craignant que le loup finisse par la mordre.

« Nous ne pouvons pas laisser ce pauvre animal agoniser ! » protesta la jeune étudiante.

« Estelle, nous allons essayer de joindre un vétérinaire pour… »

« Mais en attendant, il saigne ! Il faudrait au moins arrêter l’hémorragie ! »

« Chéri, je doute qu’un vétérinaire soit disponible à une telle heure. » fit remarquer la mère. « Et on ne peut laisser cette pauvre bête perdre son sang. »

Le père scruta attentivement le chien au pelage bleu et blanc qui s’efforçait d’arracher les bandages des mains d’Estelle et le loup noir qui était si profondément meurtri qu’il peinait à remuer. Prudemment, il tenta de palper la plaie. Le loup grogna un peu mais il n’essaya pas de le mordre. Il avait visiblement perdu tellement de sang qu’il ne pouvait plus bouger. L’homme finit par rendre sa décision :

« Il a du mal à bouger. Je ne pense pas qu’il soit dangereux vu son état mais… il faut rester prudent. Je vais tenter au moins d’arrêter l’hémorragie. Estelle, reste éloignée. Même blessé, un loup reste sauvage et peut avoir des réactions imprévisibles. »

Dès qu’il entendit cela, le chien cessa de vouloir arracher les bandages et prit un peu de distance, observant de son œil valide les événements avec une certaine méfiance.

Ce fut une tâche ardue et pénible. L’homme voulait sincèrement aider cet animal blessé qui lui faisait pitié mais dans le même temps, il craignait ses crocs tranchants. Il lui fallut du courage, du temps, de la patience et un peu de chance mais au final, sous les yeux de son épouse et de sa fille, monsieur Swan réussit à bander la plaie et à stopper l’hémorragie sans se faire mordre. Il paraissait épuisé après avoir déployé tous ses efforts qui furent néanmoins récompensés quand, à bout de forces, le loup s’endormit paisiblement sur le canapé.

Suite à cela, Estelle voulut veiller sur l’animal blessé pendant le reste de la nuit et réussit à obtenir gain de cause malgré les protestations véhémentes de ses parents, tant son obstination était grande. En conséquence, elle s’allongea sur le fauteuil pendant que monsieur et madame Swan prirent place sur des chaises. Le chien, lui, s’installa près du loup. Et finalement, fatigués par les nombreuses péripéties de la soirée, tout le monde se laissa glisser dans le sommeil.

Le lendemain, ce furent les premiers rayons du soleil passant à travers les rideaux de la fenêtre qui réveillèrent Estelle. Ses paupières remuèrent faiblement avec difficulté avant qu’elle se souvienne de ce qui s’était passé. Elle se releva alors d’un bond et chercha immédiatement de ses yeux verts le loup blessé pour vérifier qu’il allait bien mais en regardant en direction du canapé, elle faillit pousser un cri de stupéfaction…

Endormi sur le canapé, à la place de l’énorme loup, il y avait un jeune homme aux longs cheveux bruns…


[1] Je vous rassure. Plus tard, Estelle aura bien ses cheveux roses.

 

eliandre: (Default)

Après avoir mis les deux OS, FLYNN SCIFO : Mode d’emploi et YURI LOWELL mode d’emploi, il me semble nécessaire d’expliquer certains de mes choix. Attention, il contient des spoilers sur Patty Fleur de PS3.

  • Les différences de style de combat entre Yuri et Flynn : De mon point de vue, malgré sa victoire sur Flynn à Aurnion, Yuri n’a pas surpassé son meilleur ami. Cette victoire lui permet cependant de résoudre enfin son complexe d’infériorité face à Flynn et de se sentir son égal. Comme Karol le souligne dans un skit de la version PS3, Yuri et Flynn partagent des artes en commun mais ils ne les exécutent pas de la même façon. Après avoir examiné tous leurs artes, il apparaît clair pour moi que Yuri est un mauvais technicien à l’épée ou du moins, il est inférieur à Flynn dans ce domaine. Alors certes, il est plus rapide et plus puissant que son meilleur ami et son style est beaucoup plus fluide et acrobatique. Mais l’utilisation de son poing qu’il mêle à l’utilisation de son épée me donne l’impression  qu’il cherche à masquer justement cette faiblesse technique. Elle prouve néanmoins un sens de la création et une adaptabilité que Flynn ne possède pas. A l’inverse, Flynn dispose d’une meilleure technique que Yuri, ce qui se traduit par des coups d’épées plus classiques mais également plus précis et plus fermes. Cependant, à la technique, il sacrifie la force d’attaque et la vitesse. C’est un peu comme Ken et Ryu de Street Fighter qui ont le même style de combat mais qui présentent des différences : le premier, trop impatient, préfère apprendre rapidement le plus de coups tandis que le second recherche une maîtrise complète d’une technique. Dans notre cas, Flynn, plus patient que Yuri, a sans doute recherché à maîtriser parfaitement ses artes, alors que son meilleur ami a préféré ajouter quelques variations de son propre cru, donnant ainsi lieu à son style de combat plus fluide et plus spectaculaire.

  • Patty Fleur : Des quelques scènes et des quelques skits où j’ai pu trouver une traduction, Patty montre un grand intérêt pour Yuri dont elle est tombée amoureuse (du moins avant qu’elle retrouve la mémoire) mais elle semble également s’intéresser à Flynn, notamment à cause de sa relation avec Yuri. Il y a une scène ajoutée sur Héraclès où Patty demande à Flynn son avis sur ce que lui a dit Yuri à Nordopolica, notamment sa menace de tuer Flynn s’il devait devenir comme Ragou ou Cumore bien qu’il soit son meilleur ami. Sur d’autres skits ou scènes, Patty écoute, encourage ou donne des conseils à Flynn qui n’hésite pas à se confier à elle. Envers Yuri, elle éprouve plus une admiration et ils deviennent d’excellents amis mais je trouve que ses rapports avec Yuri sont différents de ceux qu’elle a avec Flynn avec qui elle partage le point commun d’avoir été dupée par Alexei.

  • La cuisine : Avec la version PS3, il semble que Patty soit la meilleure cuisinière de la bande, surpassant Yuri et Judith. En effet, à l’inverse de Yuri qui a surtout été contraint d’apprendre à cuisinier pour éviter Flynn et qui n’éprouve pas plus de plaisir que cela, Patty a une vraie passion pour la cuisine. Plusieurs quêtes tournant autour d’elle mettent en scène ses talents de cuisinière ou du moins sa passion pour la cuisine, ce qui me laisse penser qu’elle est supérieure à Yuri sur ce domaine.
eliandre: (Default)

Titre : YURI LOWELL : Mode d’emploi

Concepteur : Eliandre

Vérificateur : Kaleiya Hitsumei

Disclaimer : Le modèle Yuri Lowell appartient à Tales of Vesperia et à Namco Bandai. Ce mode d’emploi a été inspiré par ceux de Lulubell-sama qui elle-même s’est inspirée de Saya-sama.

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YURI LOWELL : Mode d’emploi

Félicitations ! Vous venez d’acquérir un modèle YURI LOWELL ! Afin de profiter pleinement de votre bretteur brun au grand cœur, veuillez lire attentivement ces instructions et les appliquer à la lettre. Agir autrement pourrait se révéler dangereux et libérer un redoutable meurtrier sur la société.

Informations générales :

Nom : Yuri Lowell

Age : 21 ans

Lieu de fabrication : Zaphias

Hauteur : 1m80

Votre modèle YURI LOWELL est livré avec les accessoires suivants :

-          1 veste noire aux revers de manche pourpre

-          2 hauts noirs à col échancré

-          3 pantalons noirs

-          3 débardeurs noirs

-          2 caleçons noirs

-          2 ceintures noires et or

-          1 épée Seconde Etoile

-          1 bracelet doré avec blastia assorti

-          3 paires de bottes

REPEDE vendu séparément.

FLYNN SCIFO vendu séparément. (Attention, promotion exceptionnelle jusqu’au 14 février. Pour l’achat d’un modèle YURI LOWELL, le modèle FLYNN SCIFO est à moitié prix !)

Lorsque vous recevrez votre YURI LOWELL, il pourra être un peu apathique mais cela ne durera pas très longtemps. Il vous montrera vite à quel point sa langue est acérée et risque d’être particulièrement rétif à vos ordres. Procurez-vous donc des sucreries et montrez-les à votre modèle avant de les maintenir hors de sa portée. Le but est de faire chanter votre YURI LOWELL avec vos sucreries jusqu’à ce qu’il accepte de vous obéir un tant soit peu, ce qui finira par arriver si vous parvenez à rester ferme devant lui.

Le modèle YURI LOWELL est déconseillé aux personnes qui aiment l’ordre, l’autorité, la discipline, qui commettent des crimes ou des injustices, qui sont trop pacifiques ou qui ne supportent pas les sarcasmes. Il en est de même pour les personnes qui détestent le modèle FLYNN SCIFO ou qui sont propriétaires d’un modèle ZAGI, SODIA, RAGOU, ALEXANDER CUMORE et ALEXEI DINOIA.

Programmation :

Le modèle YURI LOWELL est un modèle très indiscipliné, nonchalant et bordélique. A l’exception du modèle REPEDE, personne n’est à l’abri de ses sarcasmes ou des surnoms qu’il donne. Ce modèle déteste l’autorité, s’attire des ennuis avec sa poisse légendaire (vous risquez d’être impressionné(e)  par la pile d’amendes qui va atterrir dans votre boîte à lettres) et il prendra un malin plaisir à négliger vos ordres. Il tend également pour entrer à utiliser les fenêtres et non les portes. Non, ce n’est pas un défaut de programmation, c’est ainsi qu’il a été conçu. Si vous n’en êtes pas satisfait, il aurait peut-être mieux fallu vous renseigner avant de vous procurer ce modèle.

Toutefois, le modèle YURI LOWELL possède des fonctions intéressantes comme :

-Guerrier : Votre YURI LOWELL est le meilleur combattant de la collection TALES OF VESPERIA, seulement rivalisé par le modèle FLYNN SCIFO, capable de vous débarrasser des monstres ou des ennemis les plus coriaces. Il possède une capacité d’apprentissage exceptionnelle, pouvant apprendre des artes simplement en les voyant une fois. Son style de combat très acrobatique repose sur sa force, son agilité et sa vitesse ainsi qu’un talent innée pour l’improvisation et l’adaptation, bien que sa technique à l’épée soit plutôt médiocre et qu’il soit incapable d’utiliser la magie. Ses atouts compensent néanmoins largement ses quelques points faibles.

Note : Pour optimiser cette fonction au maximum, il est préférable d’associer votre YURI LOWELL avec un modèle FLYNN SCIFO et/ou un modèle REPEDE (modèles vendus séparément).

-Redresseur de torts : Vous êtes victime d’harcèlements ? Des voyous vous rackettent et vous avez honte de faire appel à la police ? Le modèle YURI LOWELL est alors fait pour vous ! Il règlera rapidement le compte de vos agresseurs par quelques remarques bien senties et une bonne volée de coups de poing bien distribuée. Faites toutefois attention à ne pas utiliser cette fonction devant un membre de l’ordre, voire devant un modèle FLYNN SCIFO. Vous risquez de retrouver votre modèle en prison. Et d’être contraint de payer une forte amende.

ATTENTION : Veillez à ne pas trop abuser de cette fonction. Elle augmente la probabilité que votre YURI LOWELL passe en mode « Justicier vengeur ». Ce qui pourrait vous causer des soucis si vous vous retrouvez devant un tribunal pour complicité de meurtre…

-Garde du corps : Besoin d’aller quelque part ? Le modèle YURI LOWELL est un excellent garde du corps capable d’assurer votre protection sur plusieurs centaines de kilomètres ! En dépit de sa malchance légendaire, vous parviendrez à destination sans trop d’encombres. Sauf si parmi vos compagnons de voyage, vous avez embarqué quelques traîtres…

-Gardien d’animaux : Votre YURI LOWELL aime les animaux et pourra s’en occuper pendant votre absence, bien qu’il risque de rouspéter un peu puisque vous venez de lui refiler une corvée. Ne vous inquiétez pas, bien que votre modèle vous fasse la tête, votre animal de compagnie sera bien soigné et dorloté. Pour s’être longuement occupé du modèle REPEDE, le modèle YURI LOWELL a néanmoins une préférence pour les chiens.

-Chef cuisinier : Le modèle YURI LOWELL est un excellent cuisinier, seulement surpassé par le modèle PATTY FLEUR (modèle exclusif à l’édition collector PS3). Capable de réaliser tout type de plats que vous souhaitez, il possède néanmoins une spécialité où il excelle : les croquettes, cuisinées avec amour !

Votre YURI LOWELL possède 6 modes différents :

-Sarcastique (par défaut)

-Solitaire (Angst)

-Flirt

-Justicier vengeur

-Battle maniaque

-Protecteur

Le mode « Sarcastique » est le mode par défaut. Dans ce mode, à l’exception du modèle REPEDE, votre YURI LOWELL se moquera de tout et n’importe quoi et s’amusera à donner des surnoms à un peu près tout le monde. Attendez-vous à une pluie de sarcasmes à des sourires ironiques et à quelques farces d’un goût douteux (comme jeter un Chevalier impérial dans une rivière entre autres). Inutile de chercher à acheter à un YURI LOWELL si vous êtes incapable de supporter ce mode. Vous finiriez par nous le renvoyer très rapidement à l’intérieur de sa boîte (prière de nous retourner ce modèle en un seul morceau si vous voulez procéder à un éventuel remboursement).

Le mode « Solitaire» peut s’apparenter à un mode apathique où votre YURI LOWELL s’isole pour réfléchir intérieurement à ses pensées. Peut se doubler d’un côté Angst si votre modèle remue de mauvaises pensées. Cela étant dit, dans ce mode, il n’aura aucun remord pour les actions qu’il aura commis en mode « Justicier vengeur » (voir ci-dessous). Dans ce mode, seul le modèle REPEDE peut s’approcher de votre YURI LOWELL.

En mode « Flirt », sans égaler le mode « Dragueur » du modèle RAVEN et de son côté pervers, votre YURI LOWELL s’amusera à flirter avec toutes les jeunes femmes vivant à votre proximité. Il sera plus sensible aux formes généreuses et dénudées des charmantes demoiselles… Par précaution, veuillez l’éloigner des personnes de sexe féminin pour éviter toute tentation, bien que ce modèle semble se contrôler beaucoup mieux que le modèle RAVEN.

Attention au mode « Justicier vengeur » ! Si votre YURI LOWELL aperçoit un « vilain » ayant échappé à la justice (notamment à celle d’un FLYNN SCIFO), il n’hésitera pas à s’attaquer à lui et à le harceler jusqu’aux dernières extrémités (même si elles sont radicales) sans aucun remord (et nous insistons sur ce point). Ne vous étonnez pas de voir le cadavre d’un sale type que vous détestez perdu dans une rivière ou à entendre des cris d’agonie près d’une zone de sables mouvants. Vous risquez toutefois de ne  pas vous apercevoir quand votre YURI LOWELL est en mode « Justicier vengeur ». En effet, il entre dans ce mode uniquement lorsqu’il est sûr que personne ne peut l’observer… Notez également que si vous êtes propriétaire d’un modèle FLYNN SCIFO, celui-ci risque néanmoins d’être témoin de ce mode qui peut alors se révéler une source de graves conflits idéologiques entre un FLYNN SCIFO et un YURI LOWELL.

Le mode « Battle maniaque » est l’un des modes où votre YURI LOWELL entre le plus souvent. Il sera très excité à l’idée de se battre, quitte à provoquer dégâts, chaos et conflits à grande échelle autour de lui. Les bagarres au bar seront fréquentes et la probabilité de recevoir une facture pour dommages et intérêts élevée (de l’ordre de 99%), facture qui sera d’autant plus salée si votre YURI LOWELL était accompagné d’une JUDITH, d’un FLYNN SCIFO, voire d’une PATTY FLEUR, en mode « Battle maniaque ». Ne soyez pas surpris si le montant se solde avec une dizaine de chiffres…

Le mode « Protecteur » se déclenche plutôt quand votre YURI LOWELL est devant des individus plus jeunes que lui (comme les modèles KAROL CAPEL ou ESTELLISE SIDOS HEURASSEIN). Votre YURI LOWELL se comportera comme une sorte de grand frère où il aidera et poussera les autres à faire leurs choix et à avoir leurs propres opinions plutôt que de s’en remettre à d’autres.

Interactions avec les autres modèles :

Notre collection TALES OF VESPERIA est divisée en plusieurs parties. Le modèle YURI LOWELL provient de la classe UNION, catégorie BRAVE VESPERIA.

Interactions avec les autres modèles de type BRAVE VESPERIA :

REPEDE : Fidèle compagnon depuis toujours, le modèle REPEDE est un modèle quasi-indispensable pour votre YURI LOWELL, qu’il considère comme son maître. Ce dernier est le seul qui semble comprendre son langage (des études sont en cours afin de vérifier si le modèle FLYNN SCIFO est capable d’en faire de même) et il se confie très souvent à lui. Le modèle REPEDE sera toujours en mode « Loyal » avec votre YURI LOWELL et ensemble, ils peuvent optimiser la fonction Guerrier de votre YURI LOWELL.

ESTELLISE SIDOS HEURASSEIN : Ces deux modèles s’entendent très bien. Votre YURI LOWELL aime donner à ce modèle le surnom d’ESTELLE. Il sera très protecteur envers le modèle ESTELLISE SIDOS HEURASSEIN et l’encouragera à découvrir le monde et à faire ses choix. Votre YURI LOWELL possède la capacité unique de briser le mode « Possédée » d’une ESTELLISE SIDOS HEURASSEIN (causé par un modèle ALEXEI DINOIA).

KAROL CAPEL : Dans un premier temps, votre YURI LOWELL se moquera et taquinera copieusement un modèle KARO CAPEL qui est l’une de ses cibles privilégiés pour les sarcasmes. Progressivement, les interactions entre ces deux modèles évolueront, le modèle KAROL CAPEL finissant par vouer une grande admiration pour votre YURI LOWELL tandis que celui-ci commencera à se comporter comme un grand frère envers ce modèle. Notez néanmoins que si vous découvrez le mode « Justicier vengeur » par inadvertance (ou grâce à un modèle FLYNN SCIFO), le modèle KAROL CAPEL sera celui qui aura le plus de mal à l’accepter.

RITA MORDIO : Autre cible de choix pour les sarcasmes de votre YURI LOWELL, ces deux modèles ont des interactions très… dynamiques, dirons-nous. Au début, le modèle RITA MORDIO sera accusée d’un vol (comme celui d’un blastia), ce qui provoquera des tensions et de la méfiance entre ces deux modèles. Cependant, peu à peu, elles finiront par se dissiper. Bien que le modèle RITA MORDIO est incapable de parler avec diplomatie, elle exprimera son soulagement de voir votre YURI LOWELL sain et sauf à travers un léger embarras, voire quelques remarques blessantes mais ne vous inquiétez pas. A ce stade-là, même s’ils n’en ont pas l’air, ces deux modèles s’entendent.

Note : Si vous possédez déjà un modèle RITA MORDIO et que vous ignorez la signification du mot « yuri », il est déconseillé d’acheter un YURI LOWELL. Vos oreilles pures et chastes risqueraient d’être choquées des nombreuses allusions au « Ristelle » que lancera le modèle YURI LOWELL. Nous déclinons toute responsabilité si votre imagination fertile vous entraîne dans des sentiers… plus tordus…

RAVEN : Surnommé le « vieil homme », le modèle RAVEN inspire dans un premier temps, peu de sympathie à votre YURI LOWELL, bien qu’il puisse l’aider à s’évader d’une prison. Plusieurs raisons : le modèle RAVEN utilisera le modèle YURI LOWELL comme moyen de diversion et surtout, votre YURI LOWELL n’apprécie pas la manie d’un RAVEN de se plaindre de tout et de n’importe quoi sous prétexte de son âge. Des incompatibilités de goûts peuvent être en cause : le modèle RAVEN abhorre les sucreries alors que le modèle YURI LOWELL en raffole. En dépit d’un mauvais début, ils finiront par s’entendre. Une fois que votre YURI LOWELL et ses compagnons auront offert leur pardon sous forme de coups de poings que recevra le modèle RAVEN après sa disparition présumée, tout devrait rentrer dans l’ordre.

JUDITH : Ce modèle dont le nom a été raccourci en JUDY par votre YURI LOWELL, s’entend parfaitement avec lui. Ils ont des caractères similaires, aiment se taquiner, se battre et flirter entre eux. Raison pour laquelle ces deux modèles se comprennent très bien et sont proches. Faites néanmoins attention à ne pas faire entrer ces deux modèles en « Battle maniaque ». Ils répandront la destruction et les dégâts sur un rayon de 30m (estimation minimale).

Note : Certaines rumeurs de créatures nommées « fangirls » laisseraient penser que le modèle JUDITH contribuerait à des raisons peu louables d’associer un modèle YURI LOWELL avec un FLYNN SCIFO (voir Interactions avec le modèle FLYNN SCIFO).

FLYNN SCIFO : Ce modèle est le meilleur ami de votre YURI LOWELL depuis l’enfance et améliorera considérablement la fonction Guerrier si vous les associez ensemble. Ces deux modèles partagent un sens identique de la justice mais sont diamétralement opposés sur leurs idées, provoquant de très (trop ?) fréquentes disputes entre eux, bien qu’ils restent amis et qu’ils forment ensemble un duo de combattants redoutables. Le modèle FLYNN SCIFO est celui qui connaît le mieux votre YURI LOWELL et inversement. Votre YURI LOWELL est extrêmement protecteur envers un FLYNN SCIFO, que ce soit de façon volontaire en le libérant d’une prison (où le modèle FLYNN SCIFO s’y est retrouvé par erreur suite à un complot) et en lui confiant sa vie. Ou de façon involontaire grâce à la poisse habituelle de votre YURI LOWELL qui attirera immanquablement l’attention d’un modèle ZAGI dont la cible initiale était pourtant un FLYNN SCIFO. Certaines études récentes prouveraient que les personnes insultant, méprisant ou faisant du mal à un FLYNN SCIFO, voient leur espérance de vie chuter de façon drastique si un YURI LOWELL vit à proximité. Depuis la sortie du modèle FLYNN SCIFO PS3, des études sont en cours pour évaluer une éventuelle modification de leurs interactions dont l’ambiguïté reste sujette à débat.

Note 1 : Si ne possédez pas un FLYNN SCIFO issu de l’édition collector PS3 (modèle exclusif au Japon), vous trouverez ce modèle dans la classe EMPIRE, catégorie CHEVALIERS IMPERIAUX.

Note 2 : D’étranges créatures, plus communément connues sous le nom de « fangirls », achètent très souvent un modèle FLYNN SCIFO avec leur modèle YURI LOWELL pour des raisons peu louables qu’il est préférable d’ignorer. Nous profitons d’ailleurs pour rappeler à cette aimable clientèle que jusqu’au 14 février, pour l’achat d’un modèle YURI LOWELL, nous vous offrons le modèle FLYNN SCIFO à moitié prix !

PATTY FLEUR : Exclusif à l’édition collector PS3, le modèle PATTY FLEUR tombera follement amoureuse de votre YURI LOWELL, le considérant comme son plus grand trésor. Ce qui ennuiera votre modèle, dont les sentiments ne sont pas réciproques. Toutefois, après l’installation de la mise à jour MARIS STELLA, les interactions évolueront, le modèle PATTY FLEUR se comportant de façon plus mature et le modèle YURI LOWELL considérant cette dernière comme une excellente amie.

Interactions avec les autres modèles de la classe UNION :

DON WHITEHOUSE : Votre YURI LOWELL admire ce modèle et réciproquement, le modèle DON WHITEHOUSE est intrigué par la personnalité de votre YURI LOWELL. Toutefois, suite à de nombreux incidents, votre YURI LOWELL devra assister à la fin d’un modèle DON WHITEHOUSE…

ZAGI : Votre YURI LOWELL déteste ce modèle à cause de sa folie sanguinaire alors qu’au contraire, le modèle ZAGI a développé une obsession fanatique pour votre YURI LOWELL. Bien que nous nous interrogeons sur l’état de votre santé mentale pour avoir acheté un modèle ZAGI, elle deviendra encore plus douteuse et sujette à questions si vous achetez un modèle YURI LOWELL peu après votre ZAGI. Veuillez consulter d’urgence le psychiatre le plus proche de chez vous. Pour la sécurité de tous.

Interactions avec les modèles de la classe EMPIRE :

SODIA : Ce modèle a du mal à s’entendre au début avec votre YURI LOWELL et c’est réciproque. Si vous êtes déjà propriétaire d’une SODIA et d’un FLYNN SCIFO, sachez que vous allez au-devant d’une montagne de problèmes car ce ménage à trois va très mal se passer. Ne jamais laisser un modèle SODIA et un modèle YURI LOWELL seuls dans une pièce sans surveillance. Vous risqueriez de retrouver votre YURI LOWELL en piteux état, avec bain forcé en option… Néanmoins, après une petite mise au point, ces deux modèles se mettront d’accord pour la protection d’un FLYNN SCIFO. Le modèle SODIA finira par avoir confiance en un modèle YURI LOWELL en lui confiant la précieuse vie d’un FLYNN SCIFO.

RAGOU : Votre YURI LOWELL déteste ce modèle de par son statut de noble et sa cruauté. S’il a réussi à échapper à la justice d’un FLYNN SCIFO, le mode « Justicier vengeur » de votre YURI LOWELL lui règlera définitivement son compte…

ALEXANDER CUMORE : Ces deux modèles se méprisent mutuellement, de par leur statut social et leur caractère respectifs. Le modèle ALEXANDER CUMORE ne perdra pas une occasion de prendre plaisir en rabrouant un YURI LOWELL que ce soit verbalement ou physiquement. Toutefois, si vous surprenez un ALEXANDER CUMORE près d’une zone de sables mouvants… bah, priez seulement que son/sa propriétaire ait une assurance…

ALEXEI DINOIA : Ce modèle tentera de tuer votre YURI LOWELL mais fort heureusement, quoi qu’il arrive, un modèle FLYNN SCIFO interviendra toujours pour sauver votre YURI LOWELL. Deux raisons font que votre YURI LOWELL déteste ce modèle. D’une part, un ALEXEI DINOIA a sans doute torturé une ESTELLISE SIDOS HEURASSEIN, la mettant dans le mode « Possédée ». D’autre part, ce modèle a manipulé et blessé un FLYNN SCIFO. Autant d’éléments qui nous laissent à penser que le modèle ALEXEI DINOIA ne s’en sortira jamais indemne face à votre YURI LOWELL…

NYLEN FEDROCK : Ce modèle était autrefois le capitaine de votre YURI LOWELL quand il était encore un Chevalier impérial. L’un des rares modèles Chevaliers que le modèle YURI LOWELL respecte vraiment. NYLEN FEDROCK possède la rare capacité d’arrêter une dispute entre un modèle FLYNN SCIFO et un modèle YURI LOWELL. Suite à un incident impliquant le modèle GARISTA LUODOR, ce modèle n’est plus en vente.

HISCA AIHEAP : Votre YURI LOWELL tend à énerver ce modèle par son arrogance, son attitude rebelle et sa propension à provoquer les bagarres (notamment dans un bar), ainsi que sa mauvaise habitude d’être trop bavard. Ces modèles ne sont néanmoins pas en si mauvais termes et s’entendent assez bien.

CHASTEL AIHEAP : Ces deux modèles ont peu d’interactions. On peut supposer qu’ils s’entendent bien.

GARISTA LUODOR : Ces deux modèles ont peu d’interactions. Toutefois, l’implication de ce modèle dans l’incident ayant entraîné la disparition du modèle NYLEN FEDROCK font que ces deux modèles finiront invariablement par se détester mutuellement. Le modèle GARISTA LUODOR tentera de détruire votre YURI LOWELL et lui infligera de sérieux dégâts. Procurez-vous rapidement un FLYNN SCIFO pour régler ce problème au plus vite.

BRIGADE SCHWANN : Constitués des modèles LEBLANC, ADECOR et BOCCOS (ces deux derniers étant aussi connus sous les doux sobriquets de « Nigaud A » et « Nigaud B »), ils servent principalement de souffre-douleurs à votre YURI LOWELL qui leur en fera voir de toutes les couleurs. Ne vous étonnez donc pas si la BRIGADE SCHWANN accuse votre YURI LOWELL de tous les maux, accusations qui seront systématiquement dirigées vers votre modèle même s’il agit de la disparition inopinée d’une pauvre sucette en sucre… Mais votre YURI LOWELL s’en sortira toujours face à eux. Cependant, si vous avez pitié de ces pauvres hères, procurez-vous un modèle RAVEN ou un modèle FLYNN SCIFO s’il est passé Commandant des Chevaliers impériaux. Ce n’est pas garanti que vous sauverez ces malheureux des humiliations qu’ils recevront d’un YURI LOWELL mais au moins, vous aurez essayé.

DUKE PANTAREI : Ce modèle très apathique et stoïque déteste d’une manière générale les interactions avec les autres modèles depuis la disparition du modèle ELUCIFER (modèle épuisé). Il n’empêche qu’il semble s’intéresser à la personnalité hors-norme de votre YURI LOWELL ainsi qu’à ses motivations et objectifs. Il pourra même prêter l’épée Dein Nomos (fournie avec tout modèle DUKE PANTAREI) et sauver votre modèle en cas de grand plongeon. Des désaccords pour sceller le mort d’un modèle ADEPHAGOS peuvent survenir entre ces deux modèles mais après une bataille houleuse et quelques coups échangés, tout devrait revenir dans l’ordre.

Entretien :

-Nettoyage :

Le modèle YURI LOWELL sait se laver tout seul.

Le modèle YURI LOWELL sait se sécher tout seul. Notez toutefois que le nettoyage risque de prendre un temps fou en raison des longs cheveux brun de ce modèle. Investissez dans un shampoing pour cheveux longs, un sèche-cheveux et dans une gamme de brosses et de peignes pour tenter de diminuer le temps d’occupation d’un YURI LOWELL dans une salle de bains.

-Energie :

Le modèle YURI LOWELL sait cuisiner tout seul. Il n’est pas difficile et mangera de tout mais il a une préférence pour les sucreries. Veillez juste à ce que ces trois repas soient équilibrés et ne soient pas uniquement composés de miel, flans, parfaits, sorbets, gâteaux etc… L’abus de sucre peut entraîner des carries et faire grossir.

FAQ :

Q : J’aimerais agrandir la garde-robe de mon modèle YURI LOWELL…

R : Regardez notre catalogue d’achat à la rubrique TALES OF VESPERIA Collection automne/hiver (fourni lors de tout achat d’un modèle de la collection TALES OF VESPERIA). Un large choix vous sera offert. Nous vous conseillons le costume « Justicier obscur » ou « Vrai chevalier » si vous cherchez une tenue belle et élaborée. Pour des tenues plus légères, consultez la Collection printemps/été.

Q : Mon modèle YURI LOWELL est un vrai charmeur ! Si je suis célibataire, puis-je sortir avec lui ?

R : Nous vous rappelons que le modèle YURI LOWELL a 21 ans et que par conséquent, il est majeur. Si vous êtes mineur(e), c’est illégal. Mais bon, ce modèle n’a jamais respecté la légalité… A vos risques et périls dans ce cas. Evitez juste de vous montrer devant un FLYNN SCIFO. Il connait parfaitement l’âge de votre YURI LOWELL et il sera inutile d’essayer de le tromper.

Q : Je voudrais que mon modèle YURI LOWELL fasse du yaoi avec [nom du modèle à insérer]. Est-ce possible ?

R : Le modèle YURI LOWELL standard flirte plus volontiers avec le beau sexe et semble s’intéresser à leurs formes généreuses et dénudées... Cependant, il existe de sérieux doutes légitimes concernant ses interactions avec le modèle FLYNN SCIFO. Des études sont en cours afin de déterminer la nature exacte de leurs interactions. Les plus récentes études sur les modèles RAGOU, BARBOS, ALEXANDER CUMORE et ALEXEI DINOAI nous ont toutefois permis de démontrer de manière incontestable que toute personne insultant, méprisant ou blessant un modèle FLYNN SCIFO voit son espérance de vie chuter brutalement s’il y a un YURI LOWELL à proximité. Si vous êtes pressé(e), il existe un catalogue Spécial Yaoi où vous pouvez trouver un modèle YURI LOWELL qui vous conviendrait. Pour ce qui est du modèle ZAGI, nous préférons vous conseiller une visite à l’hôpital psychiatrique en premier lieu si vous envisagez comme fantasme un Zagi x Yuri. De toute urgence.

Q : Est-ce que je peux prendre des photos de mon modèle YURI LOWELL sous la douche ?

Contrairement au modèle FLYNN SCIFO, le modèle YURI LOWELL n’est pas prude. Il sera heureux de vous démontrer ses talents d’exhibitionnistes. Prenez donc votre appareil photo et profitez du spectacle ! Toutefois, si un modèle FLYNN SCIFO vit sous votre toit, il risque de ne pas d’apprécier…

Q : Est-ce que mon modèle YURI LOWELL peut faire mes devoirs à ma place ?

R : Déjà, s’il accepte, vous aurez en soi accompli un exploit ! Mais il ne servira à rien si vous vous retrouvez avec un cinq sur vingt sur le dernier devoir de maths…

Q : Mon modèle YURI LOWELL n’arrête pas de mettre le bazar dans ma chambre et de se rebeller contre moi…

R : Ce modèle était déconseillé aux personnes aimant l’ordre et la discipline. Tant pis pour vous si vous avez acheté un YURI LOWELL dans ces conditions !

Q : Puis-je couper les cheveux de mon modèle YURI LOWELL ?

R : CERTAINEMENT PAS !!! Si vous réussissez à survivre à l’acte, sachez qu’il vaudrait mieux commencer à préparer votre testament…

Q : Il est trop souvent en mode « Battle maniaque » ! Mon portefeuille en souffre !

R : Essayez d’investir dans un modèle FLYNN SCIFO. Nous le soupçonnons d’être très habitué à payer les factures et les amendes d’un YURI LOWELL… Cela devrait alléger votre budget. Notez cependant que le modèle FLYNN SCIFO peut également entrer en mode « Battle maniaque ». Et qu’il peut se retrouver entraîné dans les conflits d’un YURI LOWELL…

Dépannage :

Problème : Il est coincé en mode « Solitaire » avec un côté Angst.

Solution : Procurez-vous un modèle REPEDE et si la cause de cet Angst est le modèle FLYNN SCIFO, veuillez l’écarter temporairement de votre YURI LOWELL. Un peu de temps ensemble et tout devrait revenir à l’ordre. Si cela ne fonctionne pas, procurez-vous tous les modèles de la catégorie BRAVE VESPERIA. Si rien ne marche, renvoyez-le nous.

Problème : Il se met à entrer par les portes…

Solution : Renvoyez-le nous. Il y a une erreur de programmation. Toutes nos excuses.

Problème : J’ai laissé mon modèle YURI LOWELL avec un modèle SODIA et je l’ai retrouvé en très mauvais état !

Solution : Vous étiez pourtant avertis qu’il ne fallait pas laisser ces deux modèles tout seuls ! Procurez-vous au plus vite un modèle ESTELLISE SIDOS HEURASSEIN !

Problème : Il n’arrête pas de parler de « Ristelle » ! Qu’est-ce que c’est le « Ristelle » ? Une nouvelle marque d’alcool ?

Solution : Non. Mais il est préférable de ne pas le chercher à le savoir… Au moins, soyez rassuré(e) : votre YURI LOWELL fonctionne parfaitement !

Problème : A l’aide ! Il y a un type louche avec des cheveux roses et jaunes qui rôde près de ma maison !

Solution : La poisse de votre modèle YURI LOWELL a dû rejaillir sur vous… Vous avez affaire à un modèle ZAGI qui cherche activement une confrontation avec votre YURI LOWELL. Procurez-vous tous les modèles de type BRAVE VESPERIA pour essayer de vous débarrasser de lui.

Problème : Le village/la ville où je me trouve se dépeuple étrangement…

Solution : Ce n’est pas possible ! Il devait avoir une mafia dans votre village/ville ! Votre YURI LOWELL a sans doute profité de votre sommeil pour passer en mode « Justicier vengeur ». Et s’est débarrassé de tous les corrompus. Il n’y a malheureusement plus rien à faire.

En suivant ces quelques recommandations, votre modèle YURI LOWELL aura une vie heureuse et épanouie. Si, pour une raison ou une autre, vous êtes déçu(e) de ce modèle, dites-lui que le modèle FLYNN SCIFO est en danger de mort devant une horde de monstres enragés. Il partira à son secours en courant et ne reviendra plus.

*****

Omake :

Eliandre : Je sens que je vais regretter de poser cette question mais… pourquoi t’es-tu procuré un modèle YURI LOWELL ?

Flynn : Je pense qu’il peut m’entraîner à convaincre et éduquer Yuri de passer par les portes et non par les fenêtres.

Eliandre : Alors pourquoi ton YURI LOWELL porte des oreilles de lapin sur la tête et une robe à dentelles avec ce corset très… suggestif ?

Flynn (un peu gêné) : Je… C’est pour le différencier du vrai…

Eliandre : Belle excuse ! J’espère que tu es prêt à la resservir parce que je te rappelle que tu as négligé de fermer les fenêtres…

Yuri (avec une voix dangereusement sarcastique) : Exact ! Et j’ai pu constater de belles choses…

Flynn (surpris) : Yu… Yuri !

Yuri : Donc je t’écoute Flynn. Quelles sont donc les nobles raisons qui t’ont poussé à m’habiller avec des oreilles de lapin et une robe à dentelle avant que je te mette mon poing où je pense ?

Flynn : …

eliandre: (Default)

Note : Ah Anna... Cet OS m'a été inspiré par les dialogues de soutiens entre Chrom et Frederick ainsi que la personnalité assez particulière d'Anna.

*****

Sur les portraits de Chrom…

Comme toujours, Frederick était le premier levé dans le camp et il put constater que le moral des troupes était au plus bas. Certes, les hommes les plus expérimentés trouvaient toujours un moyen de se distraire comme Miriel qui en profitait pour approfondir ses recherches, Tharja qui mettait au point de nouvelles malédictions ou encore Sully qui s’entraînait d’arrache-pied mais les simples soldats étaient visiblement pas d’humeur joyeuse. Quelque temps plutôt pourtant, ils s’étaient enflammés en écoutant le discours du prince Chrom. Cependant, à force de se réveiller tôt tous les jours, lever le camp, marcher durant des heures pour enfin planter les tentes puis dormir d’un sommeil court et ce quotidiennement pendant deux semaines, le moral de l’armée était en berne.

Frederick aurait pu s’ouvrir à Daraen pour évoquer ce problème. Toutefois, il n’osait pas car en tant que stratège, Daraen avait de multiples préoccupations : établir les prochaines manœuvres, vérifier le stock d’armes, gérer l’or des Veilleurs et puis de temps à autre, instruire son enfant Linfan en lisant de nombreux ouvrages de stratégie. Le chevalier ne pouvait pas déranger les rares moments que les deux passaient ensemble.

C’est donc avec une mine un peu abattue qu’il parcourut le camp, cherchant un moyen de remotiver les troupes.

« Hé, monsieur le chevalier ! Vous m’avez l’air bien soucieux ! Peut-être un de mes produits saura vous rendre le sourire ? » interpella une voix féminine enjouée.

Frederick se tourna pour faire face à une demoiselle rousse qui le dévisagea avec un immense sourire. C’était Anna, la marchande mystère. Elle avait rejoint les Veilleurs pour les remercier d’avoir sauvé elle et ses sœurs… dont le nom était également Anna… En tout cas, la jeune femme ne savait pas que casser les prix… Les brigands qui avaient tenté de s’en prendre à elle pouvaient en témoigner…

« Bonjour mademoiselle Anna ! » salua le second de Chrom en s’inclinant galamment devant la marchande.

« Bonjour monsieur le chevalier ! Belle matinée pour faire des ventes, n’est-ce pas ? »

« Je… Excusez-moi mademoiselle Anna mais je ne suis pas d’humeur à acheter quoi que ce soit. » dit Frederick en fermant les yeux et en poussant un soupir. « C’est que… je m’inquiète pour notre armée et… »

« Oh ! Pourriez-vous me parler de vos soucis, monsieur le chevalier ? » proposa la rousse. « Peut-être pourrais-je vous proposer une solution. Chez Anna, les clients repartent contents ! Succès garanti ! »

Frederick hésita un instant, partagé entre son devoir de réserve et l’éventualité d’obtenir l’aide de la marchande mais finalement, il se décida à lui confier son problème. Après tout, seul, il n’était pas sûr de trouver un moyen pour remotiver les soldats. Peut-être qu’à deux, ils aboutiraient à quelque chose.

« Mademoiselle Anna, ne trouvez-vous pas que le moral des soldats est au plus bas ? » interrogea l’homme d’armes. «  J’aimerais améliorer l’humeur des soldats, qu’ils retrouvent leur entrain. Il faudrait… un élément fédérateur qui puisse rendre leur ardeur, les unir sous une même bannière et un même esprit , comme le discours du prince Chrom qui avait su enflammer leur bravoure. Mais son Altesse a mille préoccupations. On ne peut lui demander de faire un discours tous les jours pour remotiver l’armée ! »

Anna sembla réfléchir quelques secondes avant d’afficher un regard de connivence et un petit sourire satisfait.

« Hé bien… j’ai peut-être une idée monsieur le chevalier… »

« Laquelle ? »

« Vous cherchiez un élément fédérateur, n’est-ce pas ? Hé bien, le prince Chrom ne correspond-t-il pas à vos attentes ? » questionna la marchande.

« Comme je vous l’ai dit mademoiselle Anna, on ne peut… »

« Non, ce que je veux dire, c’est que le prince est lui-même un symbole unificateur. Pourquoi ne pas distribuer des portraits du prince Chrom ? Ainsi, chaque fois qu’un soldat regardera son image, il se rappellera les discours du prince ce qui le remotivera pour la journée. »

« Oh quelle excellente idée mademoiselle Anna ! » s’exclama le chevalier. « Oui, ainsi nos hommes sauront toujours où tirer leurs forces en regardant son portrait. Trouver un dessinateur devrait ne pas être un souci mais vu le nombre de soldats, il en faudrait d’énormes quantités ! Comment… »

« Laissez-moi faire mon chevalier ! J’ai quelques relations qui pourraient nous aider. Malheureusement, ce ne sera pas gratuit. Une commande de cette ampleur exige un petit sacrifice… »

« Bien sûr mademoiselle Anna, je comprends tout à fait et je serai ravi de vous payer pour ce travail. » fit le brun en souriant. « Pouvez-vous me dire votre prix ? »

--§--

Quelques jours plus tard, la marchande livra les portraits promis du prince Chrom que Frederick s’empressa d’accrocher à toutes les tentes dans l’espoir de motiver les Veilleurs. Quelques temps plus tard toutefois, il fut contraint, mortifié, de les retirer, son initiative ayant mis son prince dans l’embarras.

Mais cela, ce n’était plus du ressort d’Anna. De toute façon, ce qui lui importait, c’était le gros bénéfice qu’elle avait tiré de cette affaire…

eliandre: (default)

Titre : FLYNN SCIFO : Mode d’emploi

Concepteur : Eliandre

Vérificateur : Kaleiya Hitsumei

Disclaimer : Le modèle Flynn Scifo appartient à Tales of Vesperia et à Namco Bandai. Ce mode d’emploi a été inspiré par ceux de Lulubell-sama qui elle-même s’est inspirée de Saya-sama.

FLYNN SCIFO : Mode d’emploi

Félicitations ! Vous venez d’acquérir un modèle FLYNN SCIFO ! Afin de profiter pleinement de votre Chevalier impérial, veuillez lire attentivement ces instructions et les appliquer à la lettre. Agir autrement pourrait se révéler dangereux et provoquer d’effroyables désastres culinaires dont vous pourriez être victime.

Informations générales :

Nom : Flynn Scifo

Age : 21 ans

Lieu de fabrication : Zaphias

Hauteur : 1m80

Votre modèle FLYNN SCIFO est livré avec les accessoires suivants :

- 1 armure des Chevaliers impériaux

- 1 uniforme de capitaine des Chevaliers impériaux

- 1 uniforme de lieutenant des Chevaliers impériaux

- 1 cape bleue et blanche

- 1 cape rouge et or

- 2 caleçons blancs

- 2 pantalons

- 3 chemises blanches

- 1 épée de Chevalier Blanc

- 1 bouclier aux couleurs impériales

- 1 blastia

- 3 paires de souliers

YURI LOWELL vendu séparément.

Lorsque vous recevrez votre FLYNN SCIFO, prenez la précaution de munir la porte de votre cuisine de serrures ou de verrous, voire de la barricader entièrement avant de procéder à l’ouverture du colis. Votre modèle sera poli, aimable, serviable, prêt à recevoir vos ordres et vous proposera de faire la cuisine pour vous remercier. Pour la sécurité de vos papilles et de votre estomac, refusez sur-le-champ et écartez immédiatement votre FLYNN SCIFO de tout ingrédient susceptible d’être cuisiné avant de lui proposer une autre activité.

Le modèle FLYNN SCIFO est déconseillé aux personnes trop bordéliques, qui commettent trop souvent des infractions (même les plus minimes), qui ne savent pas cuisiner ou qui sont propriétaires d’un modèle RAGOU, ALEXANDER CUMORE ou ALEXEI DINOIA.

Programmation :

Le modèle FLYNN SCIFO est un modèle patient, discipliné, déterminé et très (voire trop) travailleur. C’est un modèle très strict sur les lois et les règles. Il acceptera facilement vos ordres si vous avez pris soin de lui présenter toute preuve (exemple : une facture d’achat) démontrant que vous êtes son/sa propriétaire et donc son/sa supérieur (e) hiérarchique.

Par ailleurs, votre FLYNN SCIFO possède des fonctions intéressantes comme :

-Guerrier : Le modèle FLYNN SCIFO est un excellent combattant capable de vous débarrasser des monstres ou des ennemis qui auraient envahi votre environnement. Son style de combat repose sur la finesse de ses techniques à l’épée associée à de la magie. Sans exceller les compétences du modèle ESTELLISE SIDOS HEURASSEIN, votre FLYNN SCIFO est néanmoins capable d’apporter les premiers soins à lui-même ou à son entourage après la bagarre grâce aux sorts curatifs qu’il maîtrise.

Note : Pour optimiser cette fonction au maximum, il est préférable d’associer votre FLYNN SCIFO avec un modèle YURI LOWELL et/ou un modèle REPEDE (modèles vendus séparément).

-Meneur d’hommes : Un coup de mou ? Vous manquez de motivation ? Vous doutez de vos choix et vous ne savez plus qui suivre ? Grâce à son charisme et à ses compétences naturelles de leader, le modèle FLYNN SCIFO saura vous redonner confiance et courage en trouvant les bons mots qui feront vibrer jusqu’à votre âme pour vous donner envie de poursuivre vos buts.

-Empereur de la nuit : Vous êtes timide devant les filles ? Vous ignorez comment les draguer et passer une bonne soirée avec elles ? Le modèle FLYNN SCIFO est fait pour vous ! Il possède un irrésistible pouvoir de séduction (dont il est pourtant inconscient) qui attirera près de lui les plus belles filles pour mener la soirée de vos rêves ! Cependant, essayez plutôt de demander des faveurs à ces demoiselles plutôt que de chercher à attirer sur vous leur attention qui, de toute façon, sera totalement dirigée vers votre FLYNN SCIFO. Cela vous sera beaucoup plus profitable comme peuvent en témoigner les modèles RAVEN et YURI LOWELL.

-Gestion de l’administration : Vous ne comprenez rien aux procédures administratives ? Ras-le-bol de compléter cette paperasse que vous mourrez d’envie de jeter à la poubelle ? Votre banquier invoque une clause inconnue ? Pas de soucis avec votre modèle FLYNN SCIFO ! Travailleur acharné, il passera une nuit blanche pour remplir scrupuleusement à votre place tous ces papiers qui pourrissaient votre existence ! Par ailleurs, votre FLYNN SCIFO dispose d’une connaissance étendue des lois et réglementations en vigueur qui lui permettra de divulguer les mensonges du malhonnête qui aura tenté de profiter de votre ignorance pour vous soutirer de l’argent en invoquant l’article L-X de la loi Y.

-Homme de ménage : Vous détestez les corvées de nettoyage ? Marre de repasser le balai, l’aspirateur ou la serpillère ? Il y a toujours du bazar dans votre chambre ? Le modèle FLYNN SCIFO est un maniaque de la propreté qui rangera et nettoiera votre chambre (possibilité maison entière) de fond en combles en ne laissant pas la moindre tache ou le moindre grain de poussière ! Toutefois, bien qu’il aime ce genre de travail, votre FLYNN SCIFO finira par s’énerver si vous poussez à bout sa patience ou si votre désordre ressemble trop à celui d’un modèle YURI LOWELL.

-Maintien de l’ordre : Votre FLYNN SCIFO est un Chevalier impérial représentant l’ordre et la loi. Il n’hésitera pas à sanctionner tout comportement et/ou le moindre écart de conduite qui pourraient déranger la tranquillité et/ou l’organisation de votre maison. Cette fonction est cependant perturbée par la présence d’un modèle YURI LOWELL à proximité, entraînant une incroyable indulgence chez votre FLYNN SCIFO qui tendra à tolérer tout délit qu’il pourra observer.

-Cuisinier : ATTENTION ! VEUILLEZ LIRE ATTENTIVEMENT CES LIGNES ! DEBLOQUER CETTE FONCTION PEUT ENTRAINER UN RISQUE MAJEUR METTANT EN JEU VOTRE PRONOSTIC VITAL ! Votre FLYNN SCIFO est programmé pour n’avoir aucun mais alors absolument aucun sens du goût. Ce qui ne l’empêche pas de prendre plaisir à faire la cuisine. Les plats qu’il concocte sont facilement reconnaissables par ses chefs d’œuvres visuels dignes de figurer comme illustrations d’un livre de recettes d’un chef cuisinier haut de gamme. Toutefois, nous vous avertissons qu’un plat cuisiné par un modèle FLYNN SCIFO est, en général, tout sauf mangeable. Une fois qu’il a commencé à cuisiner, votre FLYNN SCIFO ne pourra pas être arrêté. Pour éviter la pire catastrophe pour votre santé, obligez votre FLYNN SCIFO à suivre à la lettre et à la virgule près les recettes. Vous ne serez pas déçu du résultat. Sauf si vous voulez empoisonner votre pire ennemi, auquel cas, cette fonction peut s’avérer une arme redoutable.

Votre FLYNN SCIFO possède 8 modes différents :

-Poli/Respectueux (par défaut)

-Amical/Familier

-Bourreau du travail

-Fureur

-Ansgt

-Battle maniaque

-Sarcastique

-Héros complexe

A savoir : la plupart des modes se déclenchent plus facilement en présence d’un modèle YURI LOWELL.

Le mode « Poli/Respectueux » est le mode par défaut. Dans ce mode, votre FLYNN SCIFO se comportera comme le digne Chevalier impérial qu’il est, utilisant un langage maniéré qui marque néanmoins une certaine distance entre lui et son interlocuteur. A différencier du mode « Amical/Familier » où votre modèle sera, comme son nom l’indique, plus familier. A noter toutefois qu’il gardera les convenances envers les personnes de plus haut rang que lui, même s’ils ont une relation amicale avec lui (comme les modèles ESTELLISE SIDOS HEURASSEIN ou IODER ARGYLOS HEURASSEIN).

Dans le mode « Bourreau du travail », votre FLYNN SCIFO sera très concentré sur ses devoirs et se plongera entièrement dans ses tâches, quitte à y passer des nuits blanches. Il n’hésitera pas à se comporter de façon autoritaire afin de réaliser correctement son travail, donner des ordres et se faire obéir de ses subalternes. Ce mode s’accentuera brutalement lors de la destruction d’un modèle ALEXEI DINOIA à proximité, promouvant immédiatement votre FLYNN SCIFO au poste de Commandant des Chevaliers impériaux.

Le mode « Fureur » est très difficilement observable, tant votre FLYNN SCIFO fait preuve d’une patience incroyable. Ce n’est d’ailleurs pas un mode que vous voulez débloquer. Un modèle YURI LOWELL peut néanmoins faciliter l’accès à ce mode. Surtout s’il a eu la mauvaise idée de déclencher une bagarre (par exemple dans un bar) où votre FLYNN SCIFO sera entraîné bien malgré lui. Votre FLYNN SCIFO commencera à s’énerver et à hurler contre tout et n’importe qui, bien qu’il passera probablement sa colère sur le modèle YURI LOWELL incriminé en se querellant avec lui.

Le mode « Angst » se déclenche en cas de graves disputes idéologiques avec un modèle YURI LOWELL (surtout s’il vient juste de commettre un meurtre) ou lors de la manipulation d’un modèle ALEXEI DINOIA (dans laquelle votre FLYNN SCIFO a obéi aveuglément) ayant entraîné des conséquences catastrophiques (l’enlèvement d’un modèle ESTELLISE SIDOS HEURASSEIN par exemple). Votre FLYNN SCIFO se morfondra et se sentira particulièrement coupable des événements dramatiques provoqués à cause de lui. Un YURI LOWELL ou une PATTY FLEUR peut vous aider à sortir de ce mode.

Les modes « Battle maniaque » et « Sarcastique » se déclenchent exclusivement en présence d’un modèle YURI LOWELL. Contrairement aux idées reçues, VOTRE FLYNN SCIFO préfère se battre plutôt que de s’occuper de paperasse (même s’il réalise ce boulot correctement), de préférence accompagné d’un YURI LOWELL, et en sera particulièrement heureux. En mode « Sarcastique », votre FLYNN SCIFO peut révéler un côté inattendu de sa programmation en se moquant et en taquinant copieusement un modèle YURI LOWELL.

En « Héros complexe », votre FLYNN SCIFO sera incapable de se détourner d’une injustice. Il tentera diplomatiquement de résoudre le problème par tous les moyens légaux possibles (bien que parfois, cela s’avère insuffisant). Il s’efforcera également de rétablir la vérité sur les exploits d’un modèle YURI LOWELL et sera grandement contrarié que celui-ci lui laisse tout le bénéfice de ses prouesses. Régler ceci par un duel à l’épée où votre FLYNN SCIFO pourra exprimer tout ce qu’il ressent à travers sa lame.

Interactions avec les autres modèles :

Notre collection TALES OF VESPERIA est divisée en plusieurs parties. Le modèle FLYNN SCIFO provient de la classe EMPIRE, catégorie CHEVALIERS IMPERIAUX.

Attention : si vous possédez un modèle collector FLYNN SCIFO PS3 (modèle exclusif au Japon), vous pouvez le trouver dans la classe UNION, catégorie BRAVE VESPERIA. Notez également que ce modèle collector aura des interactions plus développées comparé au modèle traditionnel.

Interactions avec les autres modèles de type BRAVE VESPERIA :

A savoir : A l’exception des modèles YURI LOWELL, REPEDE et ESTELLISE SIDOS HEURASSEIN, les interactions présentées ci-dessous concernent surtout des interactions avec un modèle FLYNN SCIFO PS3.

YURI LOWELL : Ce modèle est le meilleur ami de votre FLYNN SCIFO depuis l’enfance et sera indispensable si vous voulez débloquer tous ses modes ou optimiser la fonction Guerrier. Ces deux modèles partagent un sens identique de la justice mais sont diamétralement opposés sur leurs idées, provoquant de très (trop ?) fréquentes disputes entre eux, bien qu’ils restent amis et qu’ils forment ensemble un duo de combattants redoutables. Le modèle YURI LOWELL est celui qui connaît le mieux votre FLYNN SCIFO et inversement. En se mettant en mode « Sarcastique », il aime particulièrement embêter votre FLYNN SCIFO qui passera également dans le même mode s’il est libéré de ses obligations. Votre modèle FLYNN SCIFO sera particulièrement protecteur envers un modèle YURI LOWELL, quitte à fermer les yeux sur ses nombreux crimes ou à prendre les rayons lasers qui lui étaient destinés. Depuis la sortie du modèle FLYNN SCIFO PS3, des études sont en cours pour évaluer une éventuelle modification de leurs interactions dont l’ambiguïté reste sujette à débat.

Note : D’étranges créatures, plus communément connues sous le nom de « fangirls », achètent très souvent un modèle YURI LOWELL avec leur modèle FLYNN SCIFO pour des raisons peu louables qu’il est préférable d’ignorer.

REPEDE : Ces deux modèles s’entendent parfaitement. Le modèle REPEDE se mettra en mode « Loyal » avec votre FLYNN SCIFO et le considère comme son maître. Il aime particulièrement jouer avec votre FLYNN SCIFO lorsque celui-ci trouve le temps pour.

ESTELLISE SIDOS HEURASSEIN : Plus connue sous le nom d’ESTELLE, ce modèle est ami avec votre FLYNN SCIFO et sera très inquiète pour sa vie. Votre FLYNN SCIFO sera le plus souvent en mode « Poli/Respectueux » et sera très protecteur avec ce modèle. Dans le cas où il ne peut assurer la protection d’une ESTELLISE SIDOS HEURASSEIN, votre FLYNN SCIFO la confiera à un YURI LOWELL.

RITA MORDIO : Ces deux modèles semblent bien s’entendre. Le modèle RITA MORDIO passera néanmoins en « Colère hystérique » si le modèle FLYNN SCIFO a eu le malheur de répéter la notation des maillots de bain des filles réalisée par le modèle RAVEN devant un YURI LOWELL.

KAROL CAPEL : Le modèle KAROL CAPEL sera, dans un premier temps, très gêné devant un FLYNN SCIFO et lui parlera de façon un peu trop formelle. Progressivement, il développera une grande admiration pour votre FLYNN SCIFO de par ses talents d’épéiste qui rivalisent avec ceux du modèle YURI LOWELL. En résumé, ils finiront par bien s’entendre. Le modèle FLYNN SCIFO encouragera et complimentera souvent un KAROL CAPEL.

RAVEN : Ces deux modèles s’entendent bien, principalement à cause du mode « Schwann » du modèle RAVEN qui imposera le respect et l’admiration à votre FLYNN SCIFO. Ils partagent également le fait d’avoir été manipulés par un modèle ALEXEI DINOIA et d’avoir obéi à ses ordres. Le modèle FLYNN SCIFO est le seul modèle de la catégorie BRAVE VESPERIA qui ne cherchera pas à mettre son poing dans la figure d’un RAVEN quand il reviendra après sa disparition présumée.

JUDITH : Le modèle JUDITH semble plutôt intéressée par votre FLYNN SCIFO et n’hésitera pas à flirter avec votre modèle bien que cela l’embarrasse. Si ces modèles se retrouvent tous les deux en mode « Battle maniaque », ils aimeront s’affronter pour se mesurer. Ne vous inquiétez pas : malgré la violence déployée, il ne s’agit que d’un entraînement et pas d’un véritable combat.

Note : Certaines rumeurs des créatures nommées « fangirls » laisseraient penser que le modèle JUDITH partagerait et contribuerait aux raisons peu louables d’associer un modèle FLYNN SCIFO avec un YURI LOWELL.

PATTY FLEUR : Ajouté à l’édition collector PS3, le modèle PATTY FLEUR s’entend très bien avec votre FLYNN SCIFO. Celui-ci n’hésitera pas à se confier à ce modèle lorsqu’il est en mode « Angst », surtout si le sujet de conversation est le modèle YURI LOWELL. Votre FLYNN SCIFO remerciera toujours une PATTY FLEUR pour son écoute et ses conseils.

Interactions avec les autres modèles de la classe EMPIRE :

SODIA : Ce modèle est le second dévoué de votre FLYNN SCIFO et lui montrera un grand respect pour sa personne et les idéaux qu’il représente. Le modèle SODIA est très protecteur envers votre FLYNN SCIFO et n’hésitera pas à écarter un modèle YURI LOWELL s’il menace l’intégrité d’un FLYNN SCIFO. Même s’il faut utiliser une méthode radicale… Toutefois, c’est grâce à ce modèle que votre FLYNN SCIFO a rejoint définitivement la catégorie BRAVE VESPERIA lors de l’édition collector PS3.

WITCHER : Ce modèle a été recruté par votre FLYNN SCIFO pour ses conseils et son soutien. Le modèle WITCHER respecte votre FLYNN SCIFO et obéira à ses ordres.

ALEXANDER CUMORE : Ce modèle méprise votre FLYNN SCIFO pour ses modestes origines et n’hésitera pas à le traiter de parvenu. Le modèle FLYNN SCIFO s’efforcera néanmoins de rester en mode « Poli/Respectueux » même si cela lui est très difficile. Suite à une interférence avec le modèle YURI LOWELL, ce modèle n’est plus en vente.

ALEXEI DINOIA : Votre FLYNN SCIFO voue une énorme admiration pour ce modèle mais attention ! Le modèle ALEXEI DINOAI peut manipuler votre FLYNN SCIFO, entraînant des conséquences désastreuses et l’entrée de votre modèle en mode « Angst ». Néanmoins, la destruction d’un modèle ALEXEI DINOIA permettra la promotion automatique d’un FLYNN SCIFO en Commandant des Chevaliers impériaux.

RAGOU : Tout comme le modèle ALEXANDER CUMORE, ce modèle méprise votre FLYNN SCIFO pour ses modestes origines. Votre FLYNN SCIFO déteste ce modèle et maudira son impuissance pour être incapable de faire condamner un RAGOU pour ses crimes. Cela étant dit, si un modèle YURI LOWELL vit à proximité de chez vous, ne vous faites aucun soucis. Le problème sera réglé très rapidement…

IODER ARGYLOS HEURASSEIN : Bien qu’ami avec votre FLYNN SCIFO, ce modèle reste son supérieur hiérarchique, ce qui fait que votre FLYNN SCIFO sera souvent en mode « Poli/Respectueux. » Le modèle IODER ARGYLOS HEURASSEIN est l’un des rares modèles qui sait faire ployer l’obstination d’un FLYNN SCIFO pour mieux le pousser auprès d’un YURI LOWELL et de ses compagnons de BRAVE VESPERIA.

NYLEN FEDROCK : Ce modèle était autrefois le capitaine de votre FLYNN SCIFO qui sera toujours en « Poli/Respectueux » avec lui. NYLEN FEDROCK possède la rare capacité d’arrêter une dispute entre un modèle FLYNN SCIFO et un modèle YURI LOWELL. Suite à un incident impliquant le modèle GARISTA LUODOR, ce modèle n’est plus en vente.

HISCA AIHEAP : Ce modèle s’entend plutôt bien avec votre FLYNN SCIFO. Au moins, il ne tend pas à énerver une HISCA AIHEAP comme le modèle YURI LOWELL.

CHASTEL AIHEAP : Ce modèle s’entend bien avec votre FLYNN SCIFO. Le modèle CHASTEL AIHEAP peut vouloir soigner votre FLYNN SCIFO. Toutefois, votre modèle FLYNN SCIFO risque d’en être gêné par la suite, ce que ne comprendra pas un modèle YURI LOWELL…

GARISTA LUODOR : Bien qu’ils s’entendaient au début, ces deux modèles ont fini par se détester mutuellement. Le modèle GARISTA LUODOR tentera de détruire votre FLYNN SCIFO et lui infligera de gros dégâts. Procurez-vous rapidement un YURI LOWELL pour régler le problème au plus vite.

Entretien :

-Nettoyage :

Le modèle FLYNN SCIFO sait se laver tout seul.

Le modèle FLYNN SCIFO sait se sécher tout seul. Notez cependant que ce modèle semble extrêmement prude de par sa programmation. Il ne se lavera pas ni ne se sèchera avant d’avoir fermé la porte de votre salle de bain à double tour.

-Energie :

Le modèle FLYNN SCIFO sait cuisiner tout seul. Il a une préférence pour les plats à base de bœuf et de porc et n’apprécie guère ceux à base de fruits de mer (même s’il fera l’effort de finir son assiette). Il est toutefois fortement recommandé que vous vous chargiez de la cuisine si vous voulez éviter de mourir de faim. Si vous avez trop la flemme, procurez-vous un modèle YURI LOWELL, PATTY FLEUR ou JUDITH. Vérifiez également que votre FLYNN SCIFO ait ses trois repas par jour. Il peut oublier de manger lorsqu’il est en mode « Bourreau de travail. »

FAQ :

Q : J’aimerais agrandir la garde-robe de mon modèle FLYNN SCIFO…

R : Regardez notre catalogue d’achat à la rubrique TALES OF VESPERIA Collection automne/hiver (fourni lors de tout achat d’un modèle de la collection TALES OF VESPERIA). Un large choix vous sera offert. Nous vous conseillons le costume « Gentleman de bon goût » ou « Poète rêveur du piano » si vous cherchez une tenue de soirée. Pour des tenues plus légères, consultez la Collection printemps/été.

Q : Si je suis célibataire, puis-je sortir avec mon modèle FLYNN SCIFO ?

R : Nous vous rappelons que le modèle FLYNN SCIFO a 21 ans et que par conséquent, il est majeur. Si vous êtes mineur(e), c’est illégal (et il est inutile de chercher à convaincre votre modèle). Sinon, vous pouvez tenter votre chance.

Q : Je voudrais que mon modèle FLYNN SCIFO fasse du yaoi avec [nom du modèle à insérer]. Est-ce possible ?

R : Le modèle FLYNN SCIFO standard est plutôt programmé pour s’intéresser à la gente féminine. Cependant, il existe de sérieux doutes légitimes concernant ses interactions avec le modèle YURI LOWELL. Des études sont en cours afin de déterminer la nature exacte de leurs interactions. Si vous êtes pressé(e), il existe un catalogue Spécial Yaoi où vous pouvez trouver un modèle FLYNN SCIFO qui vous conviendrait.

Q : Est-ce que je peux prendre des photos de mon modèle FLYNN SCIFO sous la douche ?

R : Nous vous rappelons que le voyeurisme peut être puni par la loi et que nous ne saurions être tenus comme responsables de votre immoralité. De toute façon, votre FLYNN SCIFO est trop prude de par sa programmation. Il aura sans doute fermé la porte de votre salle de bain à clef et il pourra être difficile de le photographier. Pour optimiser vos chances, achetez un modèle YURI LOWELL. Et envoyez-nous vos photos (voir coordonnées en dernière page).

Q : Mon modèle FLYNN SCIFO mange de moins en moins. Pourtant, je ne lui prépare que de la nourriture saine à base de produits de la mer !

R : Imbécile. Avez-vous lu la rubrique Entretien ? Votre FLYNN SCIFO déteste les aliments provenant de la mer ! Faites-lui rapidement des plats à base de viande de bœuf ou de porc, bon sang !

Q : J’ai remarqué que mon modèle FLYNN SCIFO avait tendance à confondre le sel et le sucre et à mélanger les épices. Est-ce normal ?

R : Qu’est-ce que fiche votre FLYNN SCIFO dans une cuisine ? Eloignez-le immédiatement de cette pièce, malheureux(se) ! Il est programmé pour n’avoir aucun sens du goût ! Et appelez immédiatement l’hôpital le plus proche si quelqu’un a consommé par mégarde un plat qu’il a préparé.

Q : La musique que j’avais téléchargée hier sur mon ordinateur a disparu quand je me suis réveillé…

R : Le modèle FLYNN SCIFO est à cheval sur les lois et vous êtes un(e) idiot(e) si vous avez tenté de téléchargé votre musique de façon illégale devant lui. Il a très probablement profité de votre sommeil pour effacer le contenu illicite de votre disque dur. Et vous a évité de vous retrouver en prison avec une forte amende. Remerciez-le.

Dépannage :

Problème : Il est coincé en mode « Angst ».

Solution : Eloignez-le des modèles ALEXEI DINOIA et RAGOU. Achetez un modèle YURI LOWELL. Dans un premier temps, cela pourra aggraver le mode « Angst » mais par la suite, cela devrait revenir à la normale. Si cela ne fonctionne pas, procurez-vous un modèle PATTY FLEUR, voire un modèle ESTELLISE SIDOS HEURASSEIN. Si rien ne marche, renvoyez-le nous.

Problème : Ses plats sont devenus comestibles et sont même excellents !

Solution : Surveillez-le pendant qu’il cuisine. S’il a suivi la recette à la lettre, c’est normal. Sinon, renvoyez-le nous. Il y a une erreur de programmation.

Problème : Il ressemble à un gosse quand il se dispute avec un modèle YURI LOWELL…

Solution : C’est tout à fait normal. Ces deux modèles ont été programmés ainsi. Cependant, si les disputes deviennent trop nombreuses ou trop longues, procurez-vous un modèle NYLEN FEDROCK (modèle épuisé) ou un modèle RAVEN.

Problème : Il n’arrive plus à utiliser la magie.

Solution : Il n’y a rien à faire. Un modèle YURI LOWELL aura probablement sacrifié tous les blastias pour trancher un ADEPHAGOS, rendant le blastia de votre FLYNN SCIFO inutilisable.

En suivant ces quelques recommandations, votre modèle FLYNN SCIFO aura une vie heureuse et épanouie. Si, pour une raison ou une autre, vous êtes déçu(e) de ce modèle, dites-lui qu’un modèle YURI LOWELL a été perdu en plein océan. Il se dépêchera d’envoyer tous les bateaux disponibles et partira à sa recherche sans en revenir.

Omake :

Eliandre : Qu’est-ce que c’est ça ?

Yuri : Un modèle FLYNN SCIFO que j’ai commandé. Je dois admettre que la ressemblance est frappante.

Eliandre : Pourquoi as-tu acheté un FLYNN SCIFO ? Toi, tu peux parler au vrai, non ?

Yuri : Je voulais savoir s’il se bat aussi bien que le vrai. Et surtout, je me demandais si ses performances « nocturnes » dans un lit sont aussi bonnes…

Eliandre : Il ne va pas être content…

Yuri : Tant qu’il ne le sait pas, je ne risque rien.

Eliandre (soupire) : Ben… Regarde derrière toi…

Flynn (avec une voix dangereuse) : Yuri…

Yuri : … Je suis mal…

eliandre: (pic-176773)
Petite mise au point sur mes projets de fic en ce début d'année. Pour le moment, je dois avouer que le hiatus prolongé et l'absence trop longue de Lavi dans le manga porte un sérieux coup sur mes projets de fics DGM. J'avais pourtant certains textes en réserve prêts à être publiés mais je pense que tant que je ne retrouverai pas la motivation pour le fandom, il est inutile de publier mes fics DGM.

Pour ce qui est de Fire Emblem, je préfère me contenter de OS ou de petits drabbles. Je me sens pas trop à l'aise pour aborder un projet de fic plus ambitieux.

Le fandom où j'ai le plus de projets actuellement, c'est Tales of Vesperia. Outre ma collaboration sur Arabian Nights, j'ai un autre projet de fic assez ambitieux, plus quelques petits OS. Il faut dire que Yuri et Flynn m'inspirent beaucoup ! Mais c'est aussi parce que c'est mon fandom du moment. Et sans doute, ça doit être une sorte de défouloir d'écrire sur TOV pour calmer mon immense déception que la version PS3 du jeu n'a jamais atteint l'Occident. Bref, pas trop de soucis pour Tales of Vesperia.

Sinon, comme Tales of Vesperia est mon fandom du moment, quelques auteurs ou fics que je lis et recommande. Je me suis volontairement limitée car sinon, je pouvais en écrire un immense pavé qui aurait fini par vous décourager...

-Kaleiya : Bon, je suis un peu obligée de la mettre vu qu'elle est en train de me mettre un couteau sous la gorge pour que je la recommande... Blague à part, je l'ai découverte sur le fandom DGM, principalement parce que je suis devenue sa bêta et réciproquement, elle est devenue la mienne. J'aime beaucoup ses fics légères et humoristiques (genre où je ne brille pas particulièrement) mais elle a aussi des textes plus matures et ambitieux. Je collabore avec elle pour notre fic commune Arabian Nights et je pense que notre association est fructueuse. La miss a un style d'écriture fluide (si je dois citer une personne de ma connaissance...), facile et agréable à lire.
Dans le fandom DGM, j'ai une préférence pour "Les questions que tout le monde se pose sur DGM" ou "Petites anecdotes de DGM" comme fics humoristiques et pour "Lost" et "Dying to Love" pour des textes plus sombres. Pour TOV, alors là, j'aimerais dire que j'ai tout aimé (et qu'il faut lire tous ses textes) mais si je dois en citer un seul, je dirais "Loups-garous". Sombre, ambitieux, dramatique avec des éléments fantastiques... il avait tout pour me plaire. J'attends avec impatience sa troisième partie.

-Tales of Brothers : Auteur sévissant principalement sur TOV. J'ai particulièrement aimé son recueil de drabbles et de OS sur le Fluri "Thirty Whispers" où de très nombreux thèmes sont abordés avec des récits tantôt très drôles, d'autres sérieux et elle est excellente dans cet exercice de styles et de tons différents. Par contre, elle écrit en anglais de préférence donc si vous êtes anglophobes, vous vous privez de cette auteur. Par contre, elle comprend le français donc vous pouvez laisser des reviews dans cette langue si vous le souhaitez.

-Nightfoot : Cette auteur semble plutôt spécialisée dans la torture psychologique de Flynn Scifo de TOV... et je dois admettre que je n'en suis pas indifférente. "To Fight Monsters" est une excellente fic à suspense où on cherche (et on se méprend souvent) sur le responsable de toute l'affaire avec ce malheureux Flynn qui en voit de toutes les couleurs. Les deux autres fics complétant mon Top 3 de cette auteur sont "The Rat King" et "Some Die Young". Tout comme Tales of Brothers toutefois, cette auteur écrit en anglais.

-Saenda et little rosebud : Deux excellentes auteurs sur le fandom TOV. Je vous conseille de lire leurs fics en anglais si vous le pouvez. Là, je dois admettre que je les cite surtout pour exprimer ma joie immense de voir la reprise de leur collab "No Matter the Differences, We are Alike" en ce jour.

Voilà, ce sera tout pour le moment. ^^

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